Le LCGB réclame une "prime de risque spéciale" pour les salariés du privé

Patrick Dury: "C'est inacceptable que tous les risques pèsent sur le secteur privé!"
Patrick Dury: "C'est inacceptable que tous les risques pèsent sur le secteur privé!"
Photo: Anouk Antony

"Les salariés du secteur privé ne doivent pas porter tous les risques!" Pour "garantir leur existence", le président du LCGB est prêt à accepter une seule tranche indiciaire en 2012 à la seule condition que l’État verse aux salariés du privé une "prime de risque spéciale" de 5 à 8 % de leur salaire. Le LCGB est contre toute flexibilisation du temps et des contrats de travail comme le souhaite le patronat. A qui il rejette la faute du capotage de la tripartite, mi-décembre.

"C'est inacceptable que tous les risques pèsent sur le secteur privé!", a lancé Patrick Dury, lundi lors de la réception du Nouvel An, fort simple, organisée rue du Commerce à Luxembourg. Par rapport aux employés du secteur public, ceux qui travaillent dans le privé bénéficient de "salaires moins élevés, et par conséquent de pension plus faible, et risquent de perdre leur emploi".

Le président du syndicat chrétien, réuni en comité exécutif l'après-midi, veut "chiffrer ce risque dans le secteur privé et qu'on le rémunère aux salariés". L'instauration d'une prime de risque spéciale pour tous les salariés du secteur privé est la condition posée par le LCGB pour être d'accord avec la modulation de l'indexation proposée par le gouvernement pour 2012.

"C'est la seule base sur laquelle nous discuterons"

Rappelons qu'une seule tranche indiciaire doit être versée par an, au mois d'octobre, entre 2012 et 2014 inclus. La prime devra se situer "entre 5 et 8% du salaire (pour la période entre 2012 et 2014). C'est la seule base sur laquelle nous discuterons", lance Patrick Dury. La prime compensera la perte de rémunération suite à la modulation de l'indexation.

Quant à la modulation de l'indexation prévue en 2013 et 2014, "nous sommes en désaccord total" avec le gouvernement, lance clairement Patrick Dury. Pour la bonne est simple raison qu'"on ne peut pas décider en 2012 de ce qu'il se passera en 2014". Le LCGB suggère qu'une tripartite soit organisée au début de chaque année pour prendre des décisions sur le report d'une tranche indiciaire en fonction de la réalité économique.

Le syndicat chrétien est pour le retrait de l'alcool et du tabac du panier de la ménagère (qui permet de calculer l'inflation) mais ne peut se prononcer sur l'idée du gouvernement d'instaurer un seuil à partir duquel les prix des produits pétroliers ne seraient plus pris en compte car "nous ne disposons pas d'informations claires sur le fonctionnement du modèle", dit Patrick Dury.

Plus de CDD = plus de précarité

Le LCGB est, en revanche, clairement "contre toute mesure législative qui conduirait vers une plus grande flexibilisation du travail". Qu'il s'agisse de la durée du travail ou des contrats de travail. Deux points que le patronat voulait voir apparaître à l'ordre du jour de la tripartite de la mi-décembre et qui n'a jamais eu lieu.

Pas question de faciliter davantage le recours aux CDD qui entraînerait plus de précarité, d'autant que les dispositions légales de 1989 "proposent déjà de bonnes règles pour l'utilisation de CDD", estime Patrick Dury. Pas question non plus de rallonger la durée légale de travail. Cela serait "une charge supplémentaire pour tous ceux qui travaillent dans le secteur privé".

Le LCGB est d'avis que "c'est à cause du patronat que la tripartite nationale a été annulée" à la mi-décembre. Syndicats et gouvernement "ont œuvré pour arriver à un compromis" mais "les patrons ne l'ont pas fait, en conservant toujours les mêmes revendications: flexibilisation des contrats de travail, du temps de travail et suppression de l'indexation".