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Le lait infantile placé sous haute surveillance
Luxembourg 3 min. 31.10.2019 Cet article est archivé

Le lait infantile placé sous haute surveillance

Aucun lait contaminé n'a encore été trouvé dans les grands supermarchés du pays.

Le lait infantile placé sous haute surveillance

Aucun lait contaminé n'a encore été trouvé dans les grands supermarchés du pays.
Photo : DR
Luxembourg 3 min. 31.10.2019 Cet article est archivé

Le lait infantile placé sous haute surveillance

Alexander ABDELILAH
Alexander ABDELILAH
Après les révélations de l'ONG Foodwatch, qui a trouvé des traces de produits toxiques dans les laits en poudre pour bébés de plusieurs marques, trois articles incriminés ont été repérés dans des supermarchés au Luxembourg. La «traque» dans d'autres enseignes se poursuit.

Une campagne de contrôle des laits en poudre pour bébés a été déclenchée au Luxembourg ces derniers jours. Une réaction des ministères de la Santé et de la Protection des consommateurs qui fait suite à l'enquête de l'ONG spécialisée dans la sécurité alimentaire Foodwatch, qui avait épinglé plusieurs laits infantiles vendus en Europe. En cause : une contamination des poudres par des hydrocarbures aromatiques d'huiles minérales, potentiellement nocives pour la santé. 

«Au moins trois de ces produits sont bien vendus dans le pays», admettent les ministères concernés. Pour autant, les examens en cours dans divers points de vente n'ont pas mené à la découverte de produits impropres à la consommation. En effet, les numéros de série mis en cause par Foodwatch n'ont pas été repérés dans les supermarchés passés au peigne fin. 


Restaurateurs, grandes surfaces, grossistes, cafés, boucheries, abattoirs, vignerons, les contrôles concernent tous les établissements en lien avec l'alimentation.
La sécurité alimentaire sous une seule loupe
Depuis avril, le Commissariat à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire synchronise les différentes administrations qui veillaient jusque-là sur la qualité des fruits, légumes, viandes et autres ingrédients de notre quotidien.

Les 16 lots de laits en poudre des marques Nestlé, Danone, Novalac, Neolac, Hero Baby et Nutrilon incriminés par l'ONG dans son étude du 24 octobre dernier, sont commercialisés dans les pays où l'ONG est implantée : en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Pour le Luxembourg, l'incertitude était donc totale quant à la possibilité de retrouver du lait contaminé proposé librement aux consommateurs. 

Les rayons de «quelques-uns des grands supermarchés» du Grand-Duché ont été inspectés par les spécialistes du Commissariat à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire. «D'autres supermarchés et pharmacies vont être contrôlés ces prochains jours», indiquent les ministres LSAP Etienne Schneider et Paulette Lenert. 

Les huiles toxiques dans la zone grise

Au Luxembourg, la traque aux huiles incriminées ne date pas de cette alerte lancée par l'ONG. Depuis 2016, 68 échantillons ont déjà ainsi été examinés par les services dédiés à la protection des consommateurs, dont 36 produits alimentaires et 32 emballages. A en croire les résultats publiés par le ministère de la Santé, le problème est profond : les taux mesurés avaient alors été jugés «non conformes» dans 40% des cas en 2016, 75% en 2017 et 41% en 2018. 

La conséquence d'une non-conformité ? Un simple avertissement aux «exploitants, afin de leur permettre de prendre des mesures correctives pour limiter la contamination autant que possible», indique le Commissariat. En effet, les contrôles se poursuivent dans un flou réglementaire européen total. Aucun taux maximal d'huiles minérales n'est fixé par les autorités sanitaires, alors que leurs effets «potentiellement cancérogènes, mutagènes et perturbateurs endocriniens» sont dénoncés, selon la pétition en ligne de Foodwatch.

Des résultats dans deux semaines

Au-delà des seuls produits listés par l'ONG, une campagne de contrôle pour mesurer le taux de contamination des laits en poudre pour nourrissons sur le marché luxembourgeois est actuellement en cours au Luxembourg. Un catalogue de tous les laits infantiles vendus sur le pays est constitué par le ministère de la Santé, qui lancera ensuite des analyses poussées pour y mesurer les taux des huiles tant redoutées.

De son côté, le ministère de la Santé temporise : les consommateurs devront encore attendre «une quinzaine de jours», avant d'avoir les résultats définitifs pour tout le pays.  En attendant la levée de cette incertitude, les ministères de la Santé et de la Protection des consommateurs ont sollicité la Commission européenne. L'objet de leur motion d'urgence : «l'harmonisation des mesures de contrôle des Etats membres».


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