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Le jour de gloire du Vauban est arrivé
Luxembourg 12 5 min. 07.05.2018

Le jour de gloire du Vauban est arrivé

La grande-duchesse Maria-Teresa, le Premier ministre Xavier Bettel, et la ministre du gouvernement français auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, accueillis sur le parvis de l'école primaire.

Le jour de gloire du Vauban est arrivé

La grande-duchesse Maria-Teresa, le Premier ministre Xavier Bettel, et la ministre du gouvernement français auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, accueillis sur le parvis de l'école primaire.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 12 5 min. 07.05.2018

Le jour de gloire du Vauban est arrivé

Maurice FICK
Maurice FICK
Un bout de tapis rouge et beaucoup de fierté. Accueillant depuis septembre, 800 élèves à l'école primaire, et depuis fin février, 1.409 collégiens et lycéens au Ban de Gasperich, le Campus francophone Vauban a été inauguré en chants, lundi, par la Grande-Duchesse et le Premier ministre qui a insisté sur «la richesse de notre pays: le savoir-vivre ensemble».

«Nous avons la chance d'habiter un pays où nous parlons le français, l'allemand, l'anglais et le luxembourgeois. C'est la richesse de ce pays. Nous, au Luxembourg, nous sommes le meilleur exemple pour montrer que le vivre-ensemble ce n'est pas de vivre un à côté de l'autre mais l'un avec l'autre. Dans le respect. La différence est notre force.»

Très en verve et comme transporté par les «99 Luftballons» de Nena, chanté quelques instants plus tôt par 180 élèves au sein de l'immense espace culturel, Xavier Bettel, Premier ministre, s'est avant tout adressé aux 2.200 élèves de 3 à 18 ans qui fréquentent le tout nouveau Campus francophone Vauban, véritables acteurs de cette inauguration officielle relevée par la présence de la Grande-Duchesse et la ministre du gouvernement français auprès du Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau. «L'école c'est le moment de partager des expériences, des sentiments, l'ouverture aux autres. Le bagage que vous allez avoir aujourd'hui va vous permettre, plus tard, de voyager léger», a lancé Xavier Bettel aux élèves sur l'estrade.

L'objectif est qu'«avec leur bagage acquis, estampillé Vauban, les élèves quittent l'école et le lycée en véritable citoyens du monde», a résumé Franck Becherel, président du conseil d'administration de Vauban. Avant de rappeler que la vision de l'enseignement français au Luxembourg que cultive l'établissement depuis sa création est partagée par le couple grand-ducal qui avait d'ailleurs scolarisé son unique fille, la princesse Alexandra, au lycée Vauban.

Après l'hymne national chanté en luxembourgeois, les collégiens et lycéens dirigés par Yannick Erel, professeur d'éducation musicale, ont entonné «Le jour de gloire est arrivé!» Trente-quatre ans après son tout début, l'embryon Vauban du Limpertsberg est devenu un géant qui s'étale sur 4,5 hectares sur la pente du Ban de Gasperich.

En 1984, le Vauban a ouvert sa première classe de 6e avec 14 élèves et 8 professeurs seulement! «Près de 4.000 Français» vivaient alors à Luxembourg-Ville. «Aujourd'hui il y en a plus de 20.000. Ce qui en fait la première communauté non luxembourgeoise dans notre capitale», a souligné Lydie Polfer, bourgmestre de Luxembourg, qui -tout comme le ministre de l'Education nationale, Claude Meisch- avait enregistré son discours inaugural en vidéo. C'est pour répondre à cette poussée démographique de la population francophone au Grand-Duché que le Vauban est devenu campus.

Bâti en un temps record

Membre fondateur du lycée Vauban, Mme Polfer a réitéré son «soutien indéfectible» à l'établissement d'enseignement privé homologué par le ministère de l'Education nationale français qui fait partie du réseau AEFE (Etablissements scolaires d'enseignement français à l'étranger). Il compte 492 établissements à travers le monde. La Ville de Luxembourg avait signé un bail emphytéotique avec l'association chargée de la construction du campus.

Nathalie Loiseau, représentant le gouvernement français, n'a pas manqué l'occasion pour rappeler qu'en mars, lors de la visite officielle du grand-duc Henri et de son épouse en France, «Emmanuel Macron a souligné le soutien financier exceptionnel de l'Etat luxembourgeois». Ce dernier a mis sur la table 80% des 146 millions d'euros qu'a coûtés l'ensemble du campus. L'Etat français s'est porté garant auprès des banques pour le financement des 20% restants par l'association Vauban, Ecole et Lycée français de Luxembourg. Et «le budget alloué a été respecté», assure Bruno Lorrain, même si le coût précis de la construction ne sera connu qu'en septembre 2018.

Le directeur exécutif du Vauban qui a suivi pas à pas la création du vaste campus de 45.000 m2 de bâti, retient surtout qu'«on l'a construit en un peu plus de 30 mois: c'est un exploit!» Rappelons que le premier coup de pelle symbolique du chantier avait été donné le 23 février 2015. Un exploit que Bruno Lorrain explique par le fait que «nous avons réussi à impliquer tous les acteurs, les architectes, les bureaux d'études, la Ville de Luxembourg, le conseil d'administration, etc. à faire quelque chose ensemble» mais aussi par le fait que «chacun est sorti un peu de sa zone de confort au bénéfice du projet».