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Le Hariko renaît de ses cendres à Esch-sur-Alzette
Luxembourg 18 4 min. 27.09.2018 Cet article est archivé

Le Hariko renaît de ses cendres à Esch-sur-Alzette

Le Hariko renaît de ses cendres à Esch-sur-Alzette

Alain Piron
Luxembourg 18 4 min. 27.09.2018 Cet article est archivé

Le Hariko renaît de ses cendres à Esch-sur-Alzette

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Après de nombreux mois incertains, c'est désormais officiel: le Hariko a ouvert ses portes à Esch-sur-Alzette, délaissant enfin pour de bon le bâtiment initialement situé à Bonnevoie, à Luxembourg.

C'est un véritable "ouf" de soulagement que Marianne Donven laisse échapper après son discours dans la cour de son tout nouveau Hariko. Le projet artistique, créé en 2015, a en effet réussi à renaître de ses cendres.

Depuis 2017, une épée de Damoclès planait sur ce projet artistique, mêlant culture et inclusion sociale: impossible pour les artistes présents dans le bâtiment de Bonnevoie de rester, le promoteur de l'immeuble souhaitant le démolir. Un coup de massue pour sa créatrice, Marianne Donven, qui, à l'époque, espère encore trouver une alternative en centre-ville de Luxembourg.


24.10. Bonnevoie/ Ouv Projet Hariko / Ateliers Artistes  / anc Sogel Foto: Guy Jallay
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Mais c'est finalement en plein cœur d'Esch/Alzette que le Hariko va désormais pousser. "J'ai vraiment eu la peur au ventre ces derniers mois lorsque nous avons appris que nous devions quitter les lieux, à Bonnevoie. Je trouve cela extrêmement dommage de devoir abandonner le centre-ville mais j'ai tout fait pour y rester, sans succès", explique-t-elle.

Situé désormais au 5, rue de l'Eglise à Esch, le bâtiment du Hariko pourrait passer inaperçu avec sa légère teinte orangée au milieu des autres habitations, mais dès que nous en franchissons les portes, c'est une tout autre ambiance.

Huit artistes y séjournent pour le moment et sont présents sur les trois étages qui composent la maison. Peinture, musique, bijoux, pierres, les univers des différents artistes se mêlent aux couleurs vives et éclatantes présentes sur les murs. 

"Aucun artiste ne s'est retrouvé à la rue suite à l'arrêt des activités à Bonnevoie; certains ont créé leur propre atelier, d'autre ont développé des partenariats ailleurs... Tout le monde y a trouvé son compte, heureusement", commente Marianne, soulagée.

"C'est un espace fait pour nous"

Cette résidence restera pourtant temporaire. C'est à la Justice de Paix, sur la place du Brill que devrait s'installer à terme le projet. Un espace que Marianne est ravie d'occuper d'ici un an, un an et demi. "C'est un endroit fait pour nous, c'est dingue! Ça va être génial. C'est très grand, il y a beaucoup de bureaux, de scènes... Je pense que nous pourrons accueillir au moins 25 artistes là-bas", s'exalte-t-elle.


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En attendant, le concept du Hariko d'Esch reste le même que celui de Bonnevoie: un lieu de rencontres et d'échanges interculturels entre jeunes de différents horizons qui veulent partager leurs passions. Différents ateliers et workshops vont ainsi se développer, allant d'ateliers musicaux à de la création de bijoux, de cours de graffiti à de la couture, etc.

"Il y a encore quelques trous dans notre planning mais nous allons nous poser, tisser des liens et créer d'autres ateliers encore", détaille Marianne en nous montrant le programme, sourire aux lèvres.

L'artistique oui, mais quid du social?

Si le projet Hariko est avant tout un projet artistique, la dimension sociale et les divers services proposés notamment aux réfugiés à Bonnevoie font également partie intégrante de la dimension "Hariko". Pourtant, ces services-là sont inexistants dans le nouveau local d'Esch/Alzette.

Une décision vivement critiquée en cette période électorale par le LSAP et Déi Lénk lors du dernier conseil communal de la ville, qui soulignaient alors la volonté de l'actuelle mairie de privilégier le côté artistique, "plus glorieux" au détriment du social.


13.9.2017 Luxembourg, gare, bilan un an, Hariko , Fréderique Bruck et Marianne Donven  photo Anouk Antony
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Une critique balayée du revers de la main par Marianne Donven, qui justifie ce choix par le manque de place dans les nouveaux locaux. "C'était très compliqué d'accueillir tout le monde en même temps à Bonnevoie. Ici, nous n'avons pas la place. Et surtout, il y avait une vraie demande à Luxembourg, ce qui n'est pas le cas à Esch/Alzette. Avec ce projet dans le Sud, nous voulions vraiment nous recentrer à nouveau à 100% sur l'artistique".

Les divers services sociaux proposés par Marianne à travers le Hariko comme Open Home - qui permet de placer des réfugiés dans des familles d'accueil notamment, ndlr - vont-ils donc disparaître? "Non", rassure-t-elle.

"Nous avons jusqu'à la fin de l'année pour vider les lieux à Bonnevoie. Jusque-là, je continuerai à accueillir ceux qui le souhaitent et bien évidemment, si quelqu'un a besoin de mon aide même plus tard, ici à Esch, je ferai ce qu'il faut, j'activerai mes réseaux. Je ne laisse personne tomber comme ça".

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