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Le Grand-Duché reste exempté de vaccination obligatoire
Luxembourg 5 min. 22.11.2021
Covid-19 au Luxembourg

Le Grand-Duché reste exempté de vaccination obligatoire

Le Luxembourg a fini la semaine dernière avec une cinquantaine d'hospitalisations de malades souffrant du covid.
Covid-19 au Luxembourg

Le Grand-Duché reste exempté de vaccination obligatoire

Le Luxembourg a fini la semaine dernière avec une cinquantaine d'hospitalisations de malades souffrant du covid.
Photo : dpa
Luxembourg 5 min. 22.11.2021
Covid-19 au Luxembourg

Le Grand-Duché reste exempté de vaccination obligatoire

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le gouvernement n'entend toujours contraindre ni les soignants, ni les habitants à une injection anti-covid de rigueur. Enfin, «pour l'heure», ne manque pas d'instiller la ministre de la Santé.

Certes, la campagne de vaccination est à la peine. Son actuel niveau (76% de la population de 12 ans et plus) est même loin des attentes des autorités, et fait redouter le pire face à un variant Delta reparti de plus belle avec l'automne. Mais pour faire face, le gouvernement n'entend pas changer de ligne sur un point : l'adhésion volontaire (et non forcée) à la campagne de vaccination lancée voilà onze mois maintenant. Paulette Lenert (LSAP) l'a bien reprécisé, vendredi : «Il y a encore d'autres vis de réglages».


Dans la tête des soignants
Alors qu’une nouvelle vague d’infections au covid remet la pression sur les hôpitaux, rencontre avec cinq personnels d’une unité de réanimation du CHEM. Entre abnégation, doute et lassitude après 20 mois de pandémie.

Mais chaque poussée de fièvre épidémique, chaque nouveau cluster en maison de retraite, chaque contamination d'infirmier en poste relance la question, notamment pour les soignants. Désignés comme premier «bouclier sanitaire» face à l'épidémie, doivent-ils TOUS recevoir le vaccin les protégeant d'une éventuelle contamination et du risque de transmettre le covid à leurs patients? Non, vient donc de réaffirmer la ministre de la Santé. Et d'argumenter : «Actuellement, ce n'est pas utile d'introduire une obligation qui pourrait enclencher plus de discussions encore».

Autrement dit : la situation est déjà suffisamment tendue dans les hôpitaux du pays pour ne pas jeter de l'huile sur le feu. Cela ne ferait que créer une tension de plus sur un personnel déjà au bord de la rupture. Des effectifs en première ligne depuis vingt mois et dont il ne faudrait surtout pas qu'une contrariété vienne entraîner l'arrêt ou la démission, notamment parmi ces «70% personnels venant de la Grande Région» que le Premier ministre a encore salués pour leur rôle majeur.


10.08.2021, Thüringen, Jena: Medizinstudentin Ivanna Jeziorowsky zieht eine Spritze mit dem Covid-19-Impfstoff von Johnson und Johnson auf. Bei der Impfung in den Räumen der Tafel Jena können Bürger ohne Termin geimpft werden. Foto: Bodo Schackow/dpa-Zentralbild/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le CHL imposera la vaccination à ses nouveaux agents
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Le Luxembourg souhaite ainsi éviter certaines tensions qui se sont fait jour dans les pays voisins. La France a fait passer son obligation vaccinale des soignants au forceps et la grogne persévère. En Belgique, l'obligation décrétée au mois d'août continue à susciter débats et changements dans le mode d'application. L'Italie qui l'a imposée aux travailleurs de la santé (depuis fin mai) et aux personnels des maisons de retraite (depuis octobre) a connu de grandes manifestations d'opposants à ces choix.

Pour le gouvernement de Xavier Bettel, disposant encore d'un bon niveau de popularité, le bras de fer serait donc au final moins bénéfique pour la santé publique que le laissez-faire individuel. Et puis, le ''succès'' des cinq marches blanches silencieuses peut expliquer que l'exécutif préfère jouer la carte de la modération dans sa stratégie de mise en place d'une immunité collective.

Si depuis le début de la crise, une population obéissante avait semblé accepter les différentes  mesures sanitaires et restrictions, la donne a quelque peu changé depuis la rentrée. Tous les quinze jours à Luxembourg-ville, ils sont désormais plusieurs milliers à manifester leur lassitude, ras-le-bol, opposition. Rien de bon pour l'unité nationale qui devrait faire barrage face à l'ennemi commun, le virus.

Et pourtant... Et pourtant, pas sûr que si la situation sanitaire venait à se dégrader, imposer la vaccination obligatoire serait un choix fortement contesté. Ainsi, selon le dernier sondage Politmolitor : 54% ne seraient pas opposés à cette orientation «pour se protéger et aussi la société des conséquences de la pandémie». Une majorité confortée selon l'ancienneté des sondés.

Ainsi, d'un taux d'adhésion de 33% les 18-24 ans, les courbes atteignent les 74% d'avis favorables chez les 65 ans et plus. Autrement dit : plus un individu fait partie des catégories d'âge vulnérables au risque de l'infection pulmonaire, moins il est dérangé par l'obligation vaccinale contrainte à tous.

Alors, tant pis pour l'obligation, reste la persuasion. Après tout, relève Paulette Lenert, «tous les jours des gens décident de se faire vacciner. Donc on peut croire qu'il y a encore des marges à conquérir». Ainsi, du 8 au 14 novembre, sur les 13.387 doses anti-covid administrées, un quart étaient des primo-injections (3.396 personnes de tous âges). Alors, avec sa «parole de persévérance», la ministre va-t-elle encore veiller cette semaine à relancer la mobilisation en faveur du vaccin.

L'ouverture d'un nouveau centre de vaccination à Luxembourg-ville, des vaccinations proposées toujours dans les lycées, via l'Impf-bus et début décembre directement dans les galeries commerciales font ainsi partie de cette stratégie de proximité et de conquête des derniers récalcitrants. Tout comme l'engagement des pharmacies luxembourgeoises à piquer à la demande, nouvelle orientation annoncée vendredi. Une avancée de plus alors que le pays a déjà administré 870.000 doses depuis le 28 décembre 2020.

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IPO , PK Xavier Bettel u. Paulette Lenert , neues Covidgesetz , Foto.Guy Jallay/Luxemburger Wort
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