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Le gouvernement passe à l'offensive
Luxembourg 5 min. 28.02.2022
Prix de l'énergie

Le gouvernement passe à l'offensive

Le gouvernement luxembourgeois met 75 millions d'euros sur la table pour soutenir les ménages face à la hausse des prix de l'énergie.
Prix de l'énergie

Le gouvernement passe à l'offensive

Le gouvernement luxembourgeois met 75 millions d'euros sur la table pour soutenir les ménages face à la hausse des prix de l'énergie.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 5 min. 28.02.2022
Prix de l'énergie

Le gouvernement passe à l'offensive

Laura BANNIER
Laura BANNIER
Accompagné des ministres de l'Energie, de la Famille, et de l'Economie, Xavier Bettel (DP) a présenté ce lundi une série de mesures visant à venir en aide aux ménages face à la hausse des prix de l'énergie.

Ils occupent les esprits depuis plusieurs semaines. Les prix des carburants, de l'électricité, du gaz,... Tous connaissent une flambée en ce début d'année 2022, forçant la Chambre des députés à y consacrer une heure d'actualité début février. L'offensive russe contre l'Ukraine, faisant peser davantage d'incertitudes quant à l'approvisionnement en gaz, a visiblement forcé l'exécutif à revoir son calendrier, convoquant dès ce lundi les fournisseurs d'énergie du pays. 


Les équipes de Xavier Bettel ont transmis au parquet la vidéo montrant les slogans appelant à le pendre lors de la manifestation anti-mesures sanitaires samedi dernier.
75 millions d'euros pour compenser la flambée des prix
Le gouvernement s'est entretenu avec les fournisseurs du pays ce lundi matin, à l'occasion d'une table ronde nommée «Energiedësch». Un paquet de mesures a été décidé pour alléger la facture des ménages.

Réunis à l'occasion d'une table ronde baptisée «Energiedësch», ministres et entreprises ont réussi à se mettre d'accord sur une série de mesures visant à alléger les factures des ménages luxembourgeois, tandis que les sanctions à l'encontre de la Russie se multiplient. Coût total de l'opération: 75 millions d'euros. Les solutions envisagées début février par les députés ont donc trouvé un certain écho au sein même de l'exécutif. «Les trois composantes du gouvernement sont impliquées et soutiennent intégralement ces mesures», a appuyé Xavier Bettel (DP), lors d'une conférence de presse faisant suite à cette table ronde, tout en affirmant que «les sanctions ont un coût et que la paix a un prix».

Les premières solutions du gouvernement ont été présentées par le ministre de l'Energie Claude Turmes (Déi Gréng). Elles visent directement les prix de l'énergie. Celui du gaz, qui a connu la hausse la plus brutale ces douze derniers mois, fera l'objet d'une réduction des coûts d'utilisation du réseau. Ces derniers seront ramenés à zéro, avec une compensation pour les fournisseurs, car le prix du marché, responsable de l'explosion des factures, ne peut en aucun cas être réduit par le gouvernement. «La baisse d'utilisation des coûts du réseau permettra aux ménages de réaliser une économie d'environ 500 euros», a ajouté Claude Turmes, sans préciser si cette dernière se réalisera sur six mois ou un an. Cette mesure doit cependant nécessiter un changement législatif.

Une prime énergie

Le ministre a par ailleurs annoncé une stabilisation du prix de l'électricité pour cette année, ainsi que l'année prochaine. Une mesure qui permettra d'atteindre uniformément l'ensemble des ménages, tout en rendant l'électricité plus attractive que le gaz. Un enjeu important pour le gouvernement, qui souhaite réduire la part d'utilisation des énergies fossiles, pour se diriger davantage vers les énergies renouvelables. «Il faut une énergie qui nous rende moins dépendants et plus responsables au niveau environnemental», détaille le ministre de l'Energie, qui souligne cependant que le Luxembourg n'est que faiblement dépendant de la Russie pour son approvisionnement en gaz naturel. Claude Turmes a par ailleurs ajouté que si aucune décision concernant la hausse des prix des carburants n'avait encore été prise, cet aspect de la crise énergétique n'était pas oublié.


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Les prix vont continuer à s'envoler
Le variant Omicron cause de nouvelles turbulences dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, ce qui va se répercuter dans les prochaines semaines sur les prix à la consommation.

Puisque les ménages à faibles revenus sont les premiers touchés par ces hausses successives des prix de l'énergie, le gouvernement a également décliné des solutions visant directement cette catégorie de personnes. Alors que l'allocation vie chère a connu une augmentation en début d'année, la hausse extraordinaire des prix de l'énergie va déclencher l'introduction d'une prime énergie, a annoncé Corinne Cahen (DP), ministre de la Famille. 

Cette aide exceptionnelle, d'un montant compris entre 200 et 400 euros, sera versée aux personnes bénéficiant de l'allocation vie chère, ou ayant introduit leur demande. Le montant de l'aide sera défini en fonction du nombre de personnes vivant dans le ménage concerné. Une personne seule obtiendra ainsi une prime d'un montant de 200 euros, un ménage de deux personnes obtiendra 250 euros, et ce palier de 50 euros se poursuit, dans la limite de 400 euros maximum. A noter que cette aide ponctuelle s'ajoute à une hausse, également comprise entre 200 et 400 euros selon la taille des ménages, de l'allocation vie chère qui était intervenue au début de l'année 2022. 

Pas encore de solution pour les entreprises  

Les personnes aux revenus faibles pourront également bénéficier de l'aide des offices sociaux. Après le deuxième ou troisième rappel de factures impayées de la part d'un fournisseur d'énergie, l'office social sera contacté pour apporter une aide non remboursable. «Nous espérons qu'avec la prime énergie et l'allocation vie chère, les personnes dans le besoin pourront couvrir leurs besoins énergétiques», a souligné Corinne Cahen.


«Le problème de l'index, c'est que l'argent n'est pas là»
Alors que la prochaine augmentation automatique des salaires doit tomber au printemps, certaines entreprises luxembourgeoises redoutent cette échéance. Le secteur de l'artisanat craint de ne pouvoir compenser l'index par une hausse du chiffre d'affaires.

Les entreprises ne seront pas laissées sur le carreau, a tenu à rassurer Franz Fayot (LSAP). Le ministre de l'Economie a indiqué que «différentes pistes étaient sur la table», tandis que «certaines petites entreprises travaillent à perte». Mais à l'inverse des aides généralisées touchant les prix du gaz et de l'électricité, les solutions à destination des entreprises seront «beaucoup plus ciblées pour qu'elles soient vraiment utiles». 

Dernier point au menu de cette table ronde, celui de l'indexation. Cette série de mesures visant à réduire les coûts de l'énergie devrait avoir un impact sur l'index. Alors que la prochaine augmentation générale de salaires doit tomber avant l'été, la seconde était prévue avant la fin de l'année 2022, selon le scénario haut du Statec. Une perspective qui avait inquiété les entreprises. Il n'en sera finalement rien, puisque la deuxième pourrait donc être retardée en raison de ce paquet de mesures gouvernementales, a annoncé Franz Fayot. 

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