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Le gouvernement Bettel prépare sa version 2.3
Luxembourg 4 min. 09.01.2020 Cet article est archivé

Le gouvernement Bettel prépare sa version 2.3

Le 4 février prochain, Franz Fayot fera officiellement son entrée au gouvernement au poste de ministre de l'Économie.

Le gouvernement Bettel prépare sa version 2.3

Le 4 février prochain, Franz Fayot fera officiellement son entrée au gouvernement au poste de ministre de l'Économie.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 4 min. 09.01.2020 Cet article est archivé

Le gouvernement Bettel prépare sa version 2.3

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Le départ d'Étienne Schneider (LSAP) aboutira à la mise en place du troisième remaniement au sein de l'exécutif depuis décembre 2018. Un jeu de chaises musicales impactant les socialistes qui intervient après celui initié par les écologistes à la rentrée 2019 et qui met en avant les limites d'une triple coalition.

En obtenant, en octobre 2018, une majorité à la Chambre lui permettant de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2023, les représentants du DP, de Déi Gréng et du LSAP n'auraient probablement pas pu imaginer une valse ministérielle si intense. A peine 13 mois après l'assermentation du gouvernement, deux nouveaux ministres ont dû faire leur apparition et quatre changements de ressort ont dû être effectués. Sans compter le changement intégral des deux vice-Premiers ministres. Il apparaît donc désormais loin le temps du gouvernement Bettel-Braz-Schneider.

Le premier remaniement, officialisé en octobre dernier, faisait suite au malaise cardiaque dont a été victime Félix Braz (Déi Gréng), alors vice-Premier ministre et ministre de la Justice. Un coup du sort qui avait mis à mal les écologistes en mettant en exergue les difficultés du parti à trouver le personnel politique suffisant pour répondre au remaniement. 

Si François Bausch (Déi Gréng) a été nommé vice-Premier ministre et Sam Tanson (Déi Gréng) ministre de la Justice, l'arrivée d'Henri Kox (Déi Gréng) au gouvernement comme ministre du Logement et ministre délégué à la Défense et à la Sécurité intérieure a pris près de deux mois

Un délai qui s'explique notamment par la déchéance politique de Roberto Traversini (Déi Gréng), pourtant favori pour entrer au gouvernement, suite à ses agissements en tant que bourgmestre de Differdange. Le retrait de la vie politique de ce dernier, associé à la nomination d'Henri Kox, avaient ainsi amené à l'assermentation à la Chambre de deux novices en politique, à savoir Chantal Gary et Semiray Ahmedova.

Situation bien différente pour ce nouveau remaniement, lié aux socialistes cette fois-ci, aux enjeux bien plus politiques. Si Étienne Schneider (LSAP) a longtemps fait planer le doute sur la date précise de son départ, son retrait du gouvernement n'était qu'une question de temps. Initiateur de la question du référendum de 2015 sur la limitation à dix ans des mandats des ministres, l'ancien protégé de Jeannot Krecké (LSAP) avait assuré qu'il partirait «avant 2022», date anniversaire de son entrée au ministère du boulevard Royal. 

Il partira finalement bien avant, le 4 février prochain, conséquence directe du résultat du LSAP aux dernières législatives où Étienne Schneider était tête de liste nationale. Le parti avait non seulement perdu quatre sièges à la Chambre et fait désormais jeu égal avec Déi Gréng - dix sièges chacun - mais le leader du parti avait enregistré un score personnel dans la circonscription centre en retrait de près de 3.000 voix.

Comme pour Félix Braz, pas moins de trois personnes sont impactées au gouvernement. Franz Fayot (LSAP) qui fera son entrée comme nouveau ministre de l'Économie, Dan Kersch (LSAP) qui devient vice-Premier ministre et Paulette Lenert (LSAP), nouvelle ministre de la Santé et ministre déléguée à la Sécurité sociale. 

Des changements qui pourraient se traduire par une nouvelle approche au sein de la coalition, puisque Franz Fayot assurait, mercredi soir auprès de nos confrères du Quotidien, vouloir «approfondir la réflexion sur comment l'économie doit évoluer (...), les gens ne sont plus prêts à accepter une croissance excessive qui génère de plus en plus de trafic et fait exploser les prix du logement». 

Même Dan Kersch, pourtant connu pour ses positions tranchées et dont Xavier Bettel (DP) reconnaît «ne pas toujours être sur la même longueur d'onde», semble prêt à mettre de l'eau dans son vin. Mercredi soir, ce dernier assurait ainsi «être prêt à faire des compromis». Le remaniement aura aussi pour conséquence le retour de Cécile Hemmen (LSAP) à la Chambre pour succéder à Franz Fayot et la probable nomination de Francine Closener au poste de présidente du LSAP. Une fonction exercée depuis janvier 2019 par le futur ministre de l'Économie.


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Déi Gréng, dei greng, Kongress, 19.03.2016 Foto: Luc Deflorenne