Changer d'édition

Le général Duschène contre-attaque
Luxembourg 4 min. 11.12.2019

Le général Duschène contre-attaque

Le général Duschène contre-attaque

Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 4 min. 11.12.2019

Le général Duschène contre-attaque

Maurice FICK
Maurice FICK
Trois semaines après le déclenchement de l'affaire Schleck, le chef d'état-major réplique pour la première fois et assure qu'il n'a pas muté d'office l'adjudant-chef en raison de son activisme syndical. Un poste lui a été proposé ce mercredi. Christian Schleck a huit jours pour se prononcer.

Non, l'adjudant-chef Schleck n'a pas subi de mutation sanction au sein de l'armée. C'est en substance le message livré par le général Duschène au Luxemburger wort ce mercredi. «M. Schleck n'a pas encore été muté. Pour l'administration, il est toujours à son poste de sous-officier du Bureau d'Information de l'Armée (BIA)», rétorque le numéro 1 de l'armée luxembourgeoise aux accusations portées contre lui par le président du Syndicat Professionnel de la Force Publique (SPFP). Pascal Ricquier avait réclamé mardi, une seconde fois, le limogeage du général Duschène pour avoir menti dans l'affaire Schleck.


 Parc Hotel Alvisse. PK SPFP - Toute la vérité dans la causa SCHLECK. Photo: Steve Eastwood
«Le chef d'état-major doit être limogé»
Le Syndicat Professionnel de la Force Publique (SPFP) réclame le limogeage du général Duschène pour avoir menti dans l'affaire Schleck. L'adjudant-chef n'aurait jamais signé un document pour accepter une mutation au sein de l'armée. Il se retrouve muselé de fait.

Christian Schleck, le président du Syndicat Professionnel de l'Armée Luxembourgeoise (SPAL) au centre de cette affaire de présumée entrave à la liberté syndicale, «s'est effectivement vu proposer un nouveau poste car nous avons un principe de rotation au sein de l'armée -tous les 3 à 5 ans- qui permet d'évoluer dans sa carrière», explique Alain Duschène en précisant que tel est le cas «dans toutes les armées alliées. Nous ne l'avons pas inventé».

«Schleck était lui-même candidat au poste»  

Comme M. Schleck est en poste au BIA depuis 2014, «nous pensons à le muter parce que nous voulons du personnel jeune dans ce bureau de recrutement. Des jeunes doivent recruter des jeunes», estime le général. L'intéressé a décliné  en juillet une première proposition de poste au bureau «budget et finances» du centre militaire à Diekirch, au motif de ses nombreuses réunions syndicales à mener à Luxembourg-Ville. 

«Le sous-officier que M. Schleck doit remplacer (au BOI) est aussi membre actif d'un syndicat», assure le général Duschène et écarte l'idée d'incompatibilité du poste avec un engagement syndical.
«Le sous-officier que M. Schleck doit remplacer (au BOI) est aussi membre actif d'un syndicat», assure le général Duschène et écarte l'idée d'incompatibilité du poste avec un engagement syndical.
Photo: Gerry Huberty

Alain Duschène raconte comment il a croisé Christian Schleck dans un couloir et lui a répondu qu'il pouvait envisager une mutation au Bureau d'Ordre auxiliaire (BOA)». Sur trois candidatures, c'est «à lui qu'on a donné le poste» car c'est lui qui avait «le plus d'ancienneté» et parce qu'«il était lui-même candidat à ce poste», assure le chef d'état-major.


Le soldat Schleck provoque neuf démissions
Nouveau rebond dans l'affaire Schleck au sein même du Syndicat Professionnel de l'Armée Luxembourgeoise. Selon «Radio 100,7», neuf membres du SPAL, dont son secrétaire général, viennent de démissionner en bloc.

M. Schleck a déjà participé à plusieurs réunions et suivi des cours, la semaine passée, pour se préparer à son nouveau job au BOA qui n'est pas «top secret» et ni incompatible avec son exposition syndicale, contrairement à ce qu'a laissé entendre Pascal Ricquier mardi. Le BOA, succursale du Bureau d'ordre de Senningen où entre tout le courrier émanant de l'OTAN et de l'Union européenne, des documents secrets donc, n'est nullement incompatible avec l'engagement syndical de Christian Schleck, pose le général. D'autant que «le sous-officier que M. Schleck doit remplacer est aussi membre actif d'un syndicat».

Huit jours pour répondre

La véritable procédure écrite pour signifier à l'adjudant qu'il serait muté, «ne vient que de démarrer», contrairement à ce qu'affirment les syndicats. Pour la simple raison que «l'organigramme pour organiser tout cela vient juste d'être signé par le ministre (de la Défense, dnlr) le 9 décembre», assure le chef d'état-major.


Ouverture officielle du bureau d'information de l'armée luxembourgeoise.Foto:Gerry Huberty
L'affaire du soldat Schleck provoque l'ire des syndicats
Après avoir réclamé la tête du général qui dirige l'armée luxembourgeoise, le Syndicat professionnel de la force publique (SPFP) et la CGFP demandent à François Bausch, ministre de la Défense, de stopper la mutation sanction de Christian Schleck.

«Normalement il recevra aujourd'hui la lettre dans laquelle nous avons notifié toutes les raisons pour lesquelles nous voulons le muter et que c'est mon intention. Il pourra alors me présenter ses objections et on verra bien», pose Alain Duschène qui laisse toutes les portes ouvertes. Christian Schleck dispose désormais de huit jours ouvrables pour accepter ou rejeter l'offre. Donc d'ici le 24 décembre.

Christian Schleck peut-il retourner à son poste au bureau d'information ? Seulement s'il s'avère que son affectation au BOA est impossible et qu'aucune autre position ne puisse être trouvée. Mais de nombreux autres postes seraient envisageables sans qu'il n'y ait d'incompatibilité avec l'action syndicale, glisse le général.

Traitement de faveur

Réagissant pour la première fois aux reproches formulés par le SPFP dans les colonnes du Quotidien, le ministre de la Défense (déi gréng), François Bausch, explique que l'adjudant-chef Schleck a bénéficié d'un traitement de faveur mais que «le fait d'être syndicaliste et de respecter les droits syndicaux ne doit pas déboucher sur un choix à la carte de son poste (...). Vendre cette mutation après coup comme une sanction est très fort de café». 


Nationalfeiertag 2019. Prises d'Armes, Militärparade, Boulevard JF Kennedy, Militär, Armee, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
La colère gronde dans les rangs
Quand un syndicat en vient à demander la démission du chef d'état-major de l'armée, c'est que la situation est grave. Le SPFP réclame ainsi des têtes mais surtout des mesures pour que les métiers de la force publique retrouvent leur attrait.

A l'état-major, route d'Esch à Luxembourg, le bureau BAO ne se trouve pas très loin de celui du général. Ce dernier a déposé une plainte au Parquet pour diffamation à l'encontre de Pascal Ricquier. Lors de notre entretien, le général n'a jamais cité le nom du président du SPFP.   



Sur le même sujet

«Le chef d'état-major doit être limogé»
Le Syndicat Professionnel de la Force Publique (SPFP) réclame le limogeage du général Duschène pour avoir menti dans l'affaire Schleck. L'adjudant-chef n'aurait jamais signé un document pour accepter une mutation au sein de l'armée. Il se retrouve muselé de fait.
 Parc Hotel Alvisse. PK SPFP - Toute la vérité dans la causa SCHLECK. Photo: Steve Eastwood
L'«armée» de la CGFP derrière le soldat Schleck
Ce mardi matin sera dévoilée «toute la vérité» dans l'affaire qui oppose le président du SPAL à son ministre de tutelle, affirme la puissante organisation représentant les fonctionnaires. Un syndicat qui se sent ignoré par le gouvernement et «mis au défi» dans cette affaire, qui pourrait aller très loin.
Politik, online.fr, online.de, CGFP, 53e conférence des comités, Romain Wolff,   Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
Le soldat Schleck provoque neuf démissions
Nouveau rebond dans l'affaire Schleck au sein même du Syndicat Professionnel de l'Armée Luxembourgeoise. Selon «Radio 100,7», neuf membres du SPAL, dont son secrétaire général, viennent de démissionner en bloc.
Schleck pourra poursuivre ses activités syndicales
A la suite des critiques exprimées par la CGFP, le ministre délégué à la Sécurité intérieure Henri Kox a indiqué à la Chambre que la mission du vice-président du Syndicat professionnel de la force publique ne serait pas entravée.
Dévoilement d’une plaque commémorative en mémoire des personnels de l’armée décédés dans l’exécution du service  - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
L'affaire du soldat Schleck provoque l'ire des syndicats
Après avoir réclamé la tête du général qui dirige l'armée luxembourgeoise, le Syndicat professionnel de la force publique (SPFP) et la CGFP demandent à François Bausch, ministre de la Défense, de stopper la mutation sanction de Christian Schleck.
Ouverture officielle du bureau d'information de l'armée luxembourgeoise.Foto:Gerry Huberty
La colère gronde dans les rangs
Quand un syndicat en vient à demander la démission du chef d'état-major de l'armée, c'est que la situation est grave. Le SPFP réclame ainsi des têtes mais surtout des mesures pour que les métiers de la force publique retrouvent leur attrait.
Nationalfeiertag 2019. Prises d'Armes, Militärparade, Boulevard JF Kennedy, Militär, Armee, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort