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Le Fonds de relance étend sa générosité
Luxembourg 3 min. 13.11.2020

Le Fonds de relance étend sa générosité

Le ministre des Classes moyennes a annoncé une nouvelle aide, pour la prise en charge d'une part des frais fixes des entreprises les plus en difficulté.

Le Fonds de relance étend sa générosité

Le ministre des Classes moyennes a annoncé une nouvelle aide, pour la prise en charge d'une part des frais fixes des entreprises les plus en difficulté.
Photo : Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 13.11.2020

Le Fonds de relance étend sa générosité

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le gouvernement a non seulement décidé de maintenir le dispositif d'aide aux PME jusqu'en mars 2021, mais aussi d'ouvrir le champ des bénéficiaires notamment aux commerces de détail et aux organismes de formation professionnelle.

Ce ne devait être que pour un trimestre... Mais le Fonds de relance et de solidarité, mis en place depuis mai dernier, a encore de beaux jours devant lui. Vendredi, il a ainsi été décidé en conseil de gouvernement que la mesure serait prolongée de quatre mois supplémentaires. Une bouffée d'oxygène pour les secteurs les plus en difficulté, n'a pas caché le ministre des Classes moyennes, Lex Delles (DP). Les entreprises des secteurs de la culture, du divertissement -on pense aux discothèques notamment-, du tourisme, de l'événementiel et de l'hôtellerie-restauration resteront donc toujours les principales bénéficiaires.

Seulement, au terme d'un semestre de crise, viennent désormais s'ajouter trois secteurs, eux aussi fortement impactés : les organismes de formation professionnelle, les soins à la personne et, surtout, les commerces de détail. Pour eux aussi, le gouvernement entend jouer les bienfaiteurs. Pas question en effet de délaisser les PME. «Elles sont la base de notre économie nationale», a rappelé le ministre en parlant de ces 36.000 sociétés offrant un emploi à quelque 210.000 salariés dans le pays.


Wirtschaft, Lex Delles, Minister für Mittelstand und Tourismus, Foto. Guy Wolff/Luxemburger Wort
«Quiconque a besoin d'aide doit pouvoir l'obtenir»
Lex Delles (DP) ne ferme pas la porte à une extension des aides mises en place pour atténuer les conséquences économiques de la crise sanitaire. Mais pour le ministre des Classes moyennes, la solution passera par une décision européenne.

En cette mi-novembre, l'Etat s'adapte donc. Offrant deux dispositifs distincts comme bouée de secours aux petites et moyennes entreprises en difficulté. Avec tout d'abord l'Aide à la relance, déjà en place. Celle-ci sera accessible à toute PME affichant une perte de chiffre d'affaires d'au moins 25%. Comme les mois derniers, le soutien consistera en un versement de 1.250 euros/mois pour tout salarié (et indépendant) maintenu en activité, et 250€ mensuels par salarié bénéficiant déjà du chômage partiel. «Le but est clairement d'encourager les employeurs à faire sortir le plus d'employés possible du régime de chômage partiel, ne cache pas Lex Delles. Mieux vaut encourager à remettre chacun en fonction.» 

La deuxième aide d'Etat maintenant possible concerne les «coûts non couverts». Une nouveauté. Elle vise les structures privées (de toute taille) présentant une perte de chiffre d'affaires de 40% et plus. Là encore jusqu'en mars prochain, l'Etat s'engage à prendre à sa charge une part des frais pénalisant la trésorerie des sociétés, comme le loyer, l'énergie. Ce qui n'avait jamais été autorisé auparavant.

En fonction de la taille, un coup de pouce de 90% des coûts non couverts sera octroyé pour les micro et petites entreprises; contre 70% dans le cas des moyennes et grandes entreprises.

Sans vouloir minimiser l'impact de la crise, le ministre des Classes moyennes observe tout de même que quelques indicateurs laissent à penser que la catastrophe crainte n'a pas eu lieu. D'abord, le nombre de faillites : 988 jusqu'à présent. Soit dans les normes des années passées Ainsi, Lex Delles a-t-il noté que les autorisations d'établissements -indispensables pour tout lancement d'activité- n'ont globalement pas fléchi pour cette année. «Elles sont même revenues à un niveau supérieur à 2019».

Enfin, le ministère des Classes moyennes a enregistré autant de demandes d'aides à l'investissement (hors mesures covid) que l'an passé. Signe que les entreprises croient toujours en des jours meilleurs.

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