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Le flou reste de mise pour les restaurateurs
Luxembourg 4 min. 14.05.2021

Le flou reste de mise pour les restaurateurs

Si la question ne se pose pas pour les clients en terrasse, le doute plane encore pour ceux qui souhaiteraient déjeuner ou dîner à l'intérieur des établissements.

Le flou reste de mise pour les restaurateurs

Si la question ne se pose pas pour les clients en terrasse, le doute plane encore pour ceux qui souhaiteraient déjeuner ou dîner à l'intérieur des établissements.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 14.05.2021

Le flou reste de mise pour les restaurateurs

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Alors que la nouvelle version de la loi covid doit entrer en vigueur ce dimanche, les nouvelles dispositions prévues se trouvent toujours au cœur de nombreuses interrogations dans le secteur Horeca. En cause, la possibilité pour les clients de passer un test rapide.

Chaque modification du dispositif sanitaire voué à lutter contre la pandémie de covid-19 amène son lot de complications. Sans surprise, celles destinées à apporter des allègements aux mesures n'échappent pas à la règle. Au-delà des critiques sur le maintien du couvre-feu, même raccourci, ou de la volonté de ne pas accorder d'avantages particuliers aux personnes vaccinées, le gouvernement se retrouve pointé du doigt pour le flou laissé autour des dispositions imaginées pour permettre le «retour vers la normalité» tant attendu.


19.01.2021, Hessen, Frankfurt/Main: Zeynep Kallmayer, Pflegegruppenleiterin der Covid-19-Intensivstation C1 am Uniklinikum Frankfurt, zeigt ihren Impfpass mit den beiden Eintragungen für die Corona-Impfung. Kallmayer hat ihre zweite Impfung gegen das Coronavirus erhalten. Für den vollen Impfschutz ist mit Abstand von mehreren Wochen eine zweite Impfung nötig. Foto: Andreas Arnold/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le Luxembourg n'accordera pas de passe-droit aux vaccinés
Alors que la campagne de vaccination s'accélère et que le dispositif sanitaire s'allège, le gouvernement se refuse à permettre aux personnes ayant reçu leur dose de bénéficier d'un quelconque avantage. Notamment dans l'accès aux bars et aux restaurants.

C'est particulièrement le cas pour les mesures destinées à permettre la réouverture de la totalité des quelque 2.600 entreprises de l'Horeca. Bien qu'unanimement saluée, l'obligation imposée aux clients désireux de se rendre en salle reste encore et toujours sujette à interprétation. Et ce, quelques heures avant le vote de la loi à la Chambre prévu ce vendredi après-midi. «Pour ma part, je me fie à ce qu'a dit le Premier ministre qui avait indiqué que les clients pouvaient se faire tester à l'intérieur des établissements», avance François Koepp, secrétaire général de la fédération Horesca. 

Autrement dit, le représentant de la fédération officielle du secteur plaide pour que les tests antigéniques soient placés sur les tables, charge aux clients qui ne possèdent pas de certificat valable prouvant qu'ils sont négatifs au SARS-CoV-2 d'effectuer le test. Et ce, «dans un espace prévu à cet effet», précise François Koepp. Une idée pourtant loin de faire l'unanimité dans le secteur, puisque nombreux sont les cafetiers et restaurateurs à indiquer qu'ils opteront pour la création d'une structure spécifique située à l'extérieur de l'établissement. 


Two waiters serve tables at an Argentine restaurant called Quebracho in Mexico City, on January 11, 2021. - A group of restaurant owners decided to open their businesses despite being banned by the city government in an effort to lower COVID-19 infections. (Photo by ALFREDO ESTRELLA / AFP) (Photo by ALFREDO ESTRELLA/AFP via Getty Images)
Des restaurateurs face à l'équation des tests rapides
Si l'annonce de la réouverture de l'ensemble de l'activité du secteur Horeca fait l'unanimité, la mise en oeuvre concrète des nouvelles mesures sanitaires reste encore un point d'interrogation. En cause, l'absence de répartition claire des droits et des devoirs de chacun.

Avec comme objectif principal de faire respecter les gestes barrières, pour les clients et les personnels, quitte à créer une file d'attente. Soit l'approche soutenue par le ministère de la Santé qui fait état de «sa claire préférence» pour ce dispositif, jugé le plus sûr sanitairement parlant. A noter que le projet de loi ainsi que le projet de loi amendé par le gouvernement ne donnent aucune indication sur ce point, laissant donc ouvertes les deux options.

Reste alors la question du surcoût des nouveaux dispositifs pour les entreprises du secteur. Car si l'Etat s'est engagé à distribuer gratuitement 500.000 kits au travers d'un partenariat avec la fédération Horesca et la Chambre de commerce, leur durée de vie ne devrait pas permettre de durer jusqu'au 12 juin prochain, date d'entrée en vigueur d'une nouvelle loi covid-19. Charge donc aux acteurs de l'Horeca de se fournir par leurs propres moyens pour offrir ce service obligatoire. 

«Si l'Etat est capable d'acheter des millions de tests avec un prix bas, ce ne sera pas le cas pour nous», tonne François Koepp en estimant que chaque test devrait revenir «entre 2,90 et 5 euros pièce». Une estimation bien loin des chiffres présentés par Paulette Lenert (LSAP), puisque la ministre de la Santé indiquait mercredi que le coût des 17 millions de tests acquis par l'Etat «varie entre 1,3 et 1,8 euro», en fonction du type de test et du producteur. 

«Les acteurs de l'Horeca ne peuvent se permettre d'offrir ce test, c'est pourquoi ils devraient le faire payer au prix coûtant aux clients», estime le secrétaire général de l'Horesca. Reste désormais à savoir si la facture sera plus salée pour tous les clients, même ceux en règle avec la future loi, ou aux seules personnes priées de passer ce test rapide.

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