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Le droit de vote des étrangers fait peu à peu son chemin
Luxembourg 2 min. 28.11.2019

Le droit de vote des étrangers fait peu à peu son chemin

L'Asti a présenté ce jeudi les résultats du volet «Participation politique et nationalité» de son sondage sur le «Vivre-ensemble au Luxembourg». D'autres communications suivront en 2020.

Le droit de vote des étrangers fait peu à peu son chemin

L'Asti a présenté ce jeudi les résultats du volet «Participation politique et nationalité» de son sondage sur le «Vivre-ensemble au Luxembourg». D'autres communications suivront en 2020.
Photo: Asti
Luxembourg 2 min. 28.11.2019

Le droit de vote des étrangers fait peu à peu son chemin

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
Pays multiculturel par excellence, le Grand-Duché est épargné par les tensions entre les communautés selon le dernier sondage de l'Asti. Au point qu'une majorité des résidents se dit favorable à l'ouverture du scrutin législatif.

«Nous sommes rassurés, il n'y a pas d'extrême ni de communautarisme au Luxembourg.» Pour Laura Zuccoli, la directrice de l'Asti, les résidents qu'ils soient luxembourgeois ou étrangers affichent «un besoin d'harmonie, de vouloir s'adapter l'un à l'autre dans un mode de vie luxembourgeois». 

Autrement dit, ils plébiscitent le vivre-ensemble made in Luxembourg au point que 92% des étrangers se sentent citoyens du Luxembourg et 68% se considèrent luxembourgeois, selon le sondage de l'Asti présenté ce jeudi. 

Un constat "encourageant" mis en avant par l'association dans un pays qui comporte près de 48% de résidents étrangers et plus de 170 nationalités recensées au pays. Cette cohabitation pousse même une majorité des sondés (52%) qui se dit favorable à l'ouverture du droit de vote des étrangers. Selon Tommy Klein de TNS-Ilres, «cette idée ne s'appliquerait qu'aux personnes qui ont résidé un certain temps au Luxembourg». En l'occurence au moins cinq ans.  

Une position bien différente de celle du référendum de 2015 où 80% des électeurs avaient rejeté cette question. Quatre ans plus tard, les lignes semblent avoir bougé.

Même si certaines résistances sont encore présentes, 54% des étrangers pourraient s'impliquer davantage si le droit de vote leur était ouvert.  

En attendant, ils se disent majoritairement intéressés aux décisions prises à l'échelon local et leur accordent une certaine confiance, ils se considèrent mieux représentés par les communes (50%) et le gouvernement (45%), deux instances dont les décisions impactent directement leur quotidien. Une tendance qui renforce l'Asti sur le besoin d'une éducation civique et politique accrue dans le cadre du Contrat d'accueil et d'intégration.

Autre enseignement majeur de cette étude, la «manière de vivre» du Luxembourg est prioritaire pour les sondés. La cohésion sociale constitue un élément de base pour devenir luxembourgeois pour 79% des personnes interrogées tout comme la maîtrise d'une des trois langues du pays (72%) et parler le luxembourgeois (66%). 

Avoir des parents luxembourgeois ou être né au pays n'est pas considéré comme étant primordial pour accéder à la nationalité. Une approche qui laisse donc transparaître le souhait d'un modèle de vivre-ensemble plus proche de «l'assimilation que de l'intégration», selon l'Asti.  



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