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Le droit à la déconnexion comme premier devoir
Luxembourg 3 min. 08.03.2021

Le droit à la déconnexion comme premier devoir

Arrivé en 2017 au Conseil économique et social, Tom Dominique en prend la présidence pour deux ans.

Le droit à la déconnexion comme premier devoir

Arrivé en 2017 au Conseil économique et social, Tom Dominique en prend la présidence pour deux ans.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 3 min. 08.03.2021

Le droit à la déconnexion comme premier devoir

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le Conseil économique et social s'est choisi un nouveau président. Et d'ici quelques semaines, c'est à ce titre que Tom Dominique présentera le nouvel avis du CES sur la meilleure façon de gérer la disponibilité des salariés dans leur seul temps de travail.

L'an dernier, l'avis du Conseil économique et social (CES) luxembourgeois sur le télétravail avait fait l'unanimité. Tombant pile au moment où le Luxembourg basculait tête la première dans cette organisation du travail. Cette fois, c'est avec la même impatience que le rapport des ''Sages'' du dialogue social est attendu. Il est vrai que depuis des mois les représentants du patronat, des syndicats et de l'administration cogitent sur la pressante question du droit à la déconnexion des salariés. 


Le téléphone des salariés sonne aussi à la maison
Une majorité des travailleurs interrogés disent rester disponibles une fois rentrés chez eux, selon une étude de Randstad publiée mercredi. Une tendance que le télétravail ne parviendra pas à régler entièrement, en l'absence de mesures législatives.

Le dossier est devenu d'autant plus urgent à traiter qu'en une année le home-office a bousculé encore un peu plus les lignes entre vie professionnelle et vie privée. Quand tombera cet avis? «Encore quelques détails à aborder», tempère Tom Dominique. 

Et pas question pour celui qui vient de succéder à Jean-Jacques Rommes à la présidence du Conseil de vouloir précipiter les choses. «C'est justement le temps, l'atout dans nos travaux. Quand la tripartite est là pour trouver des solutions de façon réactive, le CES a la possibilité de travailler sur le long terme, réfléchir, confronter les situations mais pas les partenaires. Chacun est là pour faire avancer les choses, et pas s'opposer». 

Un ton, une «recherche du consensus intelligent» qui convient parfaitement à ce haut fonctionnaire, actuel directeur de l'Inspection générale de la Sécurité sociale. Voilà des années que la question de la déconnexion plane au-dessus des entreprises, mais aussi du débat politique. L'accord de coalition 2018-2023 a promis de mettre en œuvre le «principe» par les conventions collectives ou les accords interprofessionnels. Les syndicats et la Chambre des salariés seraient, eux, plutôt favorables à une loi sur le sujet. Les salariés, eux, en attendent une certaine libération, le fil à la patte digital devenant pesant sur le mental de bien des employés.

L'avis du CES éclairera donc les politiques sur une voie possible à suivre. Mais Tom Dominique a déjà d'autres chantiers en tête pour l'instance fondée en 1966. Les partenaires sociaux doivent déjà plancher sur le «développement cohérent à trouver pour la Grande Région». Ensuite, le président espère avancer sur des thèmes comme le projet européen du Luxembourg, l'impact de la digitalisation du travail ou encore comment s'engager plus encore vers la durabilité de l'économie nationale.


Qui doit payer la note du télétravail?
Travailler depuis la maison engendre des frais. Mais de l'employeur ou du salarié qui doit assumer les coûts engendrés par cette pratique que la crise covid a développée? Réponse avec Nathalie Moschetti, juriste à la Chambre des salariés.

«L'Europe, la modernité du travail, l'environnement : le CES travaille bien dans une vision d'avenir. Nous devons nous mettre au service de la relance et de la sortie de crise», insiste le 26ème président du Conseil économique et social. A charge également pour lui d'apporter sa patte aux sujets traités, «mais surtout ne pas nuire au recul que prennent tous les partenaires autour de cette table». 

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