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Le Dr Benoît Ochs ne peut plus exercer pendant un an
Luxembourg 3 4 min. 16.03.2022
Violations du code médical

Le Dr Benoît Ochs ne peut plus exercer pendant un an

Le Dr. Benoît Ochs avait déjà été condamné en première instance.
Violations du code médical

Le Dr Benoît Ochs ne peut plus exercer pendant un an

Le Dr. Benoît Ochs avait déjà été condamné en première instance.
Photo: Marc Wilwert
Luxembourg 3 4 min. 16.03.2022
Violations du code médical

Le Dr Benoît Ochs ne peut plus exercer pendant un an

En appel, les juges ont aussi déclaré le Dr Ochs coupable d'avoir enfreint 13 articles du code de déontologie du corps médical. Cela pourrait ne pas être la dernière procédure disciplinaire à son encontre.

(m. m. avec Maximilian RICHARD) - Lorsque la présidente lit la décision du conseil supérieur de discipline du collège médical, le Dr Benoît Ochs s'affaisse un peu sur sa chaise. Une interdiction d'exercer d'un an à l'encontre du médecin généraliste est prononcée, confirmant ainsi un jugement rendu en première instance. 


Le médecin controversé Dr Ochs devant la justice
En première instance, le Dr Benoît Ochs a été condamné à une interdiction d'exercer d'un an. Il a contesté cette décision ce mercredi en appel.

En juillet 2021, l'homme, qui tient un cabinet à Gonderange, avait déjà été condamné pour avoir enfreint 13 articles du code de déontologie du corps médical. Fin janvier s'est tenue l'audience en appel, au cours de laquelle la défense a de nouveau réclamé l'acquittement. 

Le médecin généraliste, qui compte parmi les personnalités les plus connues de la scène anti-vaccination et anti-mesures, y croyait jusqu'au bout. Mercredi, peu avant le prononcé du jugement, Benoît Ochs se montrait encore confiant devant les plus de 50 personnes qui s'étaient rassemblées pour le soutenir.

Le collège médical reproche au médecin d'avoir enfreint les directives de santé publique en matière de lutte contre la pandémie. Outre la remise en question de la vaccination, les infractions à l'obligation de porter un masque et aux obligations de traitement, l'homme aurait également prescrit des médicaments non autorisés pour un traitement du Covid-19.

Benoît Ochs a qualifié le jugement de grande déception. Il a remis en question le traitement des patients du Covid. Selon lui, les protocoles de Santé ont été responsables de nombreux décès lors de la pandémie. Les vaccins auraient également fait de gros dégâts. Il ne veut toutefois pas abandonner le combat et a parlé de vouloir mettre au jour des cas de «corruption». Les juges regretteront leur décision, affirme-t-il. «Ils se rendront compte qu'ils ont eu tort», a déclaré Ochs. 

Son avocat a souligné que la décision était incompréhensible et trop sévère. Par exemple, l'ordre des médecins français n'a prononcé qu'un blâme contre le médecin controversé Didier Raoult pour des accusations similaires. Il a critiqué l'action du collège médical qui n'aurait pas respecté le droit à la défense de son client. Il n'a pas exclu de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme. 

Le jugement est définitif 

Devant les tribunaux luxembourgeois, une contestation du jugement est toutefois exclue. Une contestation devant la Cour de cassation, qui ne s'occupe pas de la question de la culpabilité mais des vices de forme, n'est pas possible dans de telles procédures disciplinaires. Le jugement est donc définitif. L'interdiction d'exercer entrera en vigueur après une période de transition, probablement de plusieurs semaines, qui doit encore être fixée par le collège médical. D'ici là, le médecin peut continuer à travailler et doit assurer, si nécessaire, la poursuite du suivi de ses patients auprès d'autres médecins.

Le président du collège médical, le Dr Pit Buchler, s'est montré satisfait de la confirmation du jugement. Il a souligné que le médecin généraliste pourrait encore faire l'objet d'une autre procédure disciplinaire. Selon lui, depuis le prononcé du jugement en juillet 2021, Benoît Ochs s'est toujours fait remarquer de manière négative. «Il a en fait fait depuis des choses plus graves que les reproches pour lesquels il a maintenant été condamné», a déclaré Pit Buchler. Récemment, l'exploitant de la maison de retraite Servior a également déposé une plainte contre le Dr Ochs auprès du collège médical. 

Un faux témoignage

Juste avant le procès en deuxième instance en janvier 2022, le médecin avait affirmé devant plus de 100 soutiens que 26 personnes étaient mortes dans une maison de retraite peu après une vaccination de rappel. Un faux témoignage : tant Servior que la ministre de la Famille ont démenti ces déclarations, pour lesquelles il n'a fourni ni preuves ni sources. 

Au sein du milieu anti-vaccination et anti-mesures, ces affirmations ont néanmoins rencontré un grand succès. Benoît Ochs pourra sans doute compter sur le soutien de ses partisans dans les mois à venir. Lorsque le médecin a annoncé la décision du tribunal devant la foule qui s'était réunie pour le soutenir, de fortes huées se sont fait entendre. Plusieurs personnes ont crié : «Dictature». 

Le Dr Ochs a parlé d'un procès politique avant de prendre congé de ses «supporters» en disant : «Ce n'est pas terminé». Des applaudissements nourris et des chants «Dr Ochs» ont retenti dans la cour de la cité judiciaire - et ce n'était peut-être pas la dernière fois.

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ARCHIV - 25.03.2020, Hamburg: Ein Beatmungsgerät steht in einem Behandlungszimmer des Universitätsklinikums Hamburg-Eppendorf. (zu dpa: «Trotz steigender Inzidenz - nur wenige Covid-19-Patienten in Kliniken») Foto: Axel Heimken/dpa/Pool/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le conseil de discipline du Collège médical a condamné mercredi le Dr Benoît Ochs pour avoir enfreint le code de déontologie. Le généraliste prescrivait notamment des dispenses de port de masque et qualifiait la vaccination des enfants contre le virus «d'infanticide».