Changer d'édition

Le CSV tacle le Pacte Logement
Luxembourg 3 min. 01.10.2020 Cet article est archivé

Le CSV tacle le Pacte Logement

Le CSV craint, notamment, des lourdeurs administratives et une sensibilité trop grande aux questions environnementales dans le nouveau texte. Deux points qui pourraient retarder les projets de constructions.

Le CSV tacle le Pacte Logement

Le CSV craint, notamment, des lourdeurs administratives et une sensibilité trop grande aux questions environnementales dans le nouveau texte. Deux points qui pourraient retarder les projets de constructions.
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 01.10.2020 Cet article est archivé

Le CSV tacle le Pacte Logement

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Selon le principal parti d'opposition, la version 2.0 du Pacte Logement serait un monstre bureaucratique et créerait plus de problèmes qu'elle n'offrirait de solutions pour maîtriser l'offre immobilière.

(pj avec Michèle Gantenbein) - Décidément, le nouveau Pacte Logement signé du ministre Henri Kox (Déi Gréng) est loin de faire l'unanimité. Après l'ADR en août, mais aussi le syndicat OGBL qui, il y a quelques jours, lui reprochait son manque d'ambitions, voilà le CSV qui s'attaque à lui. Et la chef de fraction, Martine Hansen, ne s'est pas privée de le dire qualifiant la réforme 2.0 envisagée comme une «imposture politique». 

Et s'il fallait encore enfoncer le clou, Marc Lies s'en charge. Référent du parti d'opposition sur les questions d'habitat, le député estime qu'il s'agirait même d'un pas en arrière par rapport au Pacte actuel (en vigueur depuis 2008) qui doit s'achever cette année. Le seul point qui trouve grâce aux yeux du CSV dans la proposition de loi tient dans les 30% des appartements construits dans le cadre d'un plan de développement partiel qui se retrouveraient loués ou vendus à des prix abordables et devant être cédés au secteur public.


Kran, Grue, Ban de Gasperich, Luxembourg, le 25 Janvier 2016. Photo: Chris Karaba
Les communes bâtissent, l'Etat soutient
Si le Luxembourg veut voir se construire plus de logements à prix accessible, les 102 bourgmestres ont une part à jouer. Tout l'enjeu du prochain Pacte Logement consistera à les encourager financièrement mais aussi techniquement.

Pour le reste des mesures, rien de bon à en croire le parti qui se montre critique depuis les premières annonces faites sur ce futur Pacte Logement. «Les communes recevront moins d'argent qu'avec le premier pacte», est-il craint. Loin de ce que dit le discours officiel d'Henri Kox.

Le texte parle aussi souvent de logements «à coût modéré», une notion qui n'est pas chiffrée toutefois. D'où l'appel à définir ce point, et fixer clairement au niveau national un prix du mètre carré.

Parmi les critiques exposées, le CSV pointe aussi le fait que le Pacte proposé par le ministre du Logement repose principalement sur la construction d'appartements locatifs et que le segment des ventes est négligé . Pour Marc Lies, «il faudrait également veiller à ce que les jeunes familles puissent acheter leur propre maison». Le parti insiste donc sur le renforcement d'un programme de location-vente. La notion faisait déjà partie d'un lot de propositions du parti. Cela permettrait aux jeunes ménages de payer d'abord un loyer (maximum 10€/m2) puis d'acheter l'appartement.

De plus, les opposants estiment que les investisseurs privés ou les promoteurs immobiliers devraient également avoir la possibilité d'investir dans la gestion locative sociale.


Vers plus de protections pour le locataire
Mieux encadrer les frais d'agence, abaisser le montant de la garantie locative, préciser dans le bail le montant du plafond légal du loyer figurent parmi les mesures que souhaite appliquer au marché locatif le ministre du Logement.

Et pour freiner la folie qui frappe les tarifs de l'immobilier? Le CSV prône l'introduction d'une taxe nationale sur la spéculation. «Le néolibéralisme du DP empêche la mise en place d'une telle taxe», regrettent Martine Hansen et Marc Lies. D'ailleurs, les deux voix du CSV réclament tous au Premier ministre de s'exprimer clairement sur ses choix en matière d'habitat.

Bettel attendu au tournant

De l'ambition, le CSV en veut dans les règles des nouveaux PAP (plans d'aménagement particulier). Là où la majorité a fixé la part de logements à coût modéré entre 10 et 15%, l'opposition pousserait le curseur jusqu'à 20%.

L'occasion pourrait bien être, le 13 octobre prochain, le discours sur l'état de la Nation. Mais le CSV sait que ce dossier reste flou au sein de la coalition gouvernementale : «Rien n'a été fait pour contrer la spéculation dans le cadre des politiques néolibérales du DP. L'idéologie verte empêche l'expansion du PAG. Et comment le parti socialiste se positionne sur ces questions? Nous nous le demandons chaque jour.»

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Pour la troisième fois depuis la mi-juin, plus de 120 personnes ont rappelé leur intérêt en faveur des appartements partagés. Ces habitants ont aussi mis en évidence la problématique du logement au pays.
Eine Stunde lang hörten sich die Demonstranten Reden an.
Aux côtés de la bourgmestre de Differdange, le ministre du Logement a officiellement posé la première pierre de l'immeuble de 20 étages qui accueillera, d'ici trois ans, 80 logements. Une partie sera proposée à prix abordable, avec un objectif: participer à la maîtrise des coûts de l'immobilier.
Une circulaire ministérielle relative à la possibilité d'acquérir un bien en priorité provoque actuellement un tollé. Les échevins de la capitale Serge Wilmes et Laurent Mosar montent au créneau.
Lok , Knuedler , Place Guillaume , Mairie Luxembourg , Gemeindehaus Stadt Luxemburg , Foto:Guy Jallay / Luxemburger Wort
Le coût de l'habitat grimpant plus vite que les revenus, les dépenses des ménages pour cette seule part de leur budget ne cesse d'augmenter. D'autant plus pour les foyers à bas revenus et en location. Le ministère du Logement entend donc s'attaquer à ce "taux d'effort".
asdf