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Le CSV en pleine vallée des larmes
Luxembourg 3 min. 26.01.2021

Le CSV en pleine vallée des larmes

Deux ans jour pour jour après son élection à la présidence du CSV, Frank Engel se trouve dans une situation compliquée. Tout comme la principale force politique du pays.

Le CSV en pleine vallée des larmes

Deux ans jour pour jour après son élection à la présidence du CSV, Frank Engel se trouve dans une situation compliquée. Tout comme la principale force politique du pays.
Photo: Lex Kleren/archive
Luxembourg 3 min. 26.01.2021

Le CSV en pleine vallée des larmes

Deux ans après son entrée en fonction, Frank Engel n'est pas parvenu à s'imposer comme le leader du principal parti d'opposition ou comme membre de l'équipe. Mais le fait que le parti vive dans une situation de désaccord permanent ne relève pas de sa seule responsabilité.

(Jmh avec Marc Schlammes) - Le 26 janvier 2019, les délégués du CSV élisaient Frank Engel à la tête du principal parti d'opposition. Une consécration pour l'outsider obtenue au travers d'un discours dans lequel l'ancien eurodéputé se présentait comme un homme politique éloquent. Mais l'optimisme qui semblait alors de mise ne s'est pas concrétisé par un nouveau départ. Au contraire. Quatre mois à peine après sa prise de fonction, le nouveau président devait assumer une débâcle aux élections européennes, l'ancien parti tout-puissant peinant depuis à retrouver la confiance des électeurs. A l'image des scores obtenus depuis deux ans au sein des différents «Sonndesfro». Si bien qu'en janvier 2021, le CSV se trouve en pleine vallée des larmes.

Les responsabilités de cette situation se trouvent à plusieurs niveaux. Tout d'abord dans les choix effectués par Frank Engel notamment, le président n'étant pas parvenu à s'imposer à la fois comme chef de parti, mais aussi comme membre de l'équipe. Preuve en est les débats suscités par sa vision sur la réforme constitutionnelle en 2019 ou sur l'impôt sur les successions et la fortune en 2020. Mais le rôle de la fraction parlementaire n'est pas non plus étranger à la situation du CSV, l'entité regroupant les 21 élus à la Chambre ayant refusé, dès le départ, de suivre le nouveau président, sa préférence allant à Serge Wilmes. Résultat: la fraction mène quasiment sa propre vie au sein du parti.

C'est cette constellation qui explique pourquoi la principale force politique du pays - pour le moment du moins - se trouve dans une situation de dissonance permanente. Résultat:  le potentiel politique se trouve loin d'être exploité pour apparaître comme une alternative crédible face à la coalition DP-LSAP-Déi Gréng. Pourtant, sur le papier, le pedigree des députés chrétiens-sociaux n'a pas à rougir de la comparaison. Sur les 21 parlementaires figurent notamment sept anciens ministres, quatre anciens chefs de fraction, deux anciens présidents du parti, une ancienne vice-présidente de la Commission européenne et un ancien président de la Chambre. Mais ceci se reflète peu dans leurs réalisations, au point que les mérites d'hier s'estompent.


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Même constat en ce qui concerne la promotion des jeunes. Si certains ont obtenu des résultats respectables lors des législatives de 2018 et tirent leur épingle du jeu au niveau communal, leur promotion peut être améliorée. Un défi d'autant plus grand que l'image du CSV se trouve quelque peu ternie, notamment au sein des plus jeunes générateurs d'électeurs. Autant d'éléments qui poussent à voir dans le prochain congrès national - fixé en avril -, la (dernière) chance de prendre un nouveau départ avant 2023. Année cruciale puisque s'y dérouleront à la fois les communales et les législatives. Mais pour cela, le CSV se devra de jouer la carte de l'unité, aussi bien interne qu'externe. Faute de quoi, les chrétiens-sociaux pourraient, une fois de plus, rester au creux de la vague.

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