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Le CSV demande une loi sur les manifestations
Luxembourg 4 min. 24.01.2022
Protestations

Le CSV demande une loi sur les manifestations

Les chrétiens-sociaux demandent des sanctions plus sévères en cas de rébellion lors de manifestations.
Protestations

Le CSV demande une loi sur les manifestations

Les chrétiens-sociaux demandent des sanctions plus sévères en cas de rébellion lors de manifestations.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 24.01.2022
Protestations

Le CSV demande une loi sur les manifestations

Le Luxembourg est l'un des rares pays européens à ne pas avoir de loi sur les manifestations. Mais pour le CSV, cela doit changer rapidement pour mieux encadrer les débordements.

(tb avec Dani SCHUMACHER) Pour le CSV, il est devenu nécessaire de mettre en place une loi sur les manifestations. Une telle loi est indispensable au vu des récentes manifestations, parfois violentes, qui ont eu lieu, ont souligné ce lundi les députés Gilles Roth, Laurent Mosar, Leon Gloden et Serge Wilmes (CSV) devant les journalistes.


22/01/2022 , Demo Covid, Luxembourg ,Photo: © Laurent Blum,
 , Demo Covid,  , Luxembourg ,Luxembourg ,  , © Laurent Blum
Protestations pacifiques ce week-end au Luxembourg
Samedi après-midi, un peu plus de 300 manifestants se sont retrouvés sur le Glacis pour protester contre les mesures sanitaires.

Pour les chrétiens-sociaux, il s'agit d'une part d'établir des règles précises pour faire face aux protestataires violents, mais d'autre part de renforcer la liberté d'expression de la grande majorité. Lors de la conférence de presse, il a été souligné à plusieurs reprises qu'il ne devait en aucun cas être question de restreindre le droit de manifester et la liberté d'expression.

Pour le CSV, le problème réside plutôt dans le fait que les règles actuellement en vigueur sont loin d'être suffisantes pour lutter contre les manifestants violents : «Nous avons besoin d'un cadre légal qui définisse clairement les règles du jeu», a déclaré le député de l'Est Léon Gloden (CSV). Les organisateurs, mais aussi les participants aux manifestations non autorisées qui donnent lieu à des débordements, doivent pouvoir être tenus pour pénalement responsables : «Non seulement ceux qui se reconnaissent comme organisateurs doivent pouvoir être poursuivis, mais aussi ceux qui tirent les ficelles dans l'ombre», a encore exigé Laurent Mosar (CSV). 


5. Corona Demo - Rassemblement Gare
Faut-il se méfier du «tourisme de la protestation»?
Le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, entend mieux anticiper la venue de perturbateurs originaires des pays frontaliers et venant manifester au Luxembourg.

Le parti souhaite également la possibilité de dissoudre les cortège de manifestations s'ils dérapent. Le CSV réclame aussi des moyens nécessaires pour la police, qui est en mission permanente depuis des semaines pour contenir les protestations des anti-vaccins et opposants aux mesures sanitaires anti-covid.

Dans ce contexte, Laurent Mosar a réitéré les revendications de longue date du CSV concernant l'interdiction générale d'accès aux lieux publics et l'introduction de body-cams. 

Des sanctions plus sévères

Dans ce contexte, les députés CSV n'ont pas ménagé leurs critiques à l'égard du ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox (Déi Gréng) : «Il faut mettre un terme à la politique d'accommodement du ministre Kox», a souligné Léon Gloden. Les chrétiens-sociaux appellent à des sanctions plus sévères en cas de rébellion. Selon eux, la loi sur les manifestations doit absolument stipuler qu'aucune arme ne peut être portée lors des marches de protestation. Le fait de cracher sur les forces de l'ordre doit également être sanctionné, a exigé Léon Gloden.

"Il faut mettre un terme à la politique d'accommodement du ministre Kox"

Léon Gloden

D'une manière générale, ils demandent que les peines en cas de rébellion soient considérablement augmentées. Une autre exigence concerne la possibilité de ce que l'on appelle l'«infiltration», c'est-à-dire que si des soupçons de débordements existent lors de manifestations, les forces de l'ordre doivent être autorisées à infiltrer des agents en civil. 

Dans ce contexte, les députés CSV ont salué l'initiative de la ministre de la Justice Sam Tanson (Déi Gréng), qui avait déjà annoncé des adaptations ponctuelles dans le cadre d'une réunion de la commission judiciaire sur le thème des manifestations.

Créer un fonds public pour aider les commerçants

En tant qu'échevins de la capitale, Laurent Mosar et Serge Wilmes ont surtout évoqué la charge pour la ville de Luxembourg, qui doit faire face à des manifestations chaque week-end depuis le 4 décembre : «Personne n'a le droit de provoquer le chaos et la violence», a déclaré Serge Wilmes. Plus généralement, tous les citoyens qui souhaitent se rendre dans la capitale le week-end sont affectés par les protestations. En outre, le monde des affaires serait fortement touché en raison des pertes financières. Serge Wilmes a donc demandé la création d'un fonds public. Un tel dispositif similaire à celui qui a été mis en place pour la construction du tramway pourrait compenser les pertes subies par les commerçants. Lors des manifestations du 4 et 11 décembre, le marché de Noël avait dû être fermé pendant quelques heures.

Laurent Mosar a fait remarquer que la capitale n'était pas la seule à avoir les mains liées sans loi sur les manifestations. Il a ainsi demandé à la ministre de l'Intérieur Taina Bofferding (LSAP) de soutenir les communes. Le règlement de la capitale prévoit que les manifestations doivent être déclarées huit jours à l'avance, mais elle n'a pas le droit de les interdire. 

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