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Le covid remet la pression sur l'hôpital
Luxembourg 4 min. 14.10.2020 Cet article est archivé

Le covid remet la pression sur l'hôpital

Si les contaminations continuent à galoper, il faudra réquisitionner du personnel et des chambres en dehors des services de réanimation.

Le covid remet la pression sur l'hôpital

Si les contaminations continuent à galoper, il faudra réquisitionner du personnel et des chambres en dehors des services de réanimation.
Photo : Luxemburger Wort
Luxembourg 4 min. 14.10.2020 Cet article est archivé

Le covid remet la pression sur l'hôpital

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Avec des chiffres en progression préoccupante, l'épidémie de covid-19 vient à nouveau bouleverser les prises en charge hospitalières. Jusqu'à présent les services font face.

Le nombre d'infectés augmente, les hospitalisations suivent, la mortalité a le dernier mot. Le modèle est désormais rodé au Luxembourg comme partout sur le globe où le covid-19 a déjà atteint plus de 37 millions d'individus et causé la mort d'un million d'individus. Au Grand-Duché, les chiffres de ces derniers jours ont fait resurgir les angoisses : près de 770 dépistés positifs en une semaine, cinq morts sur la même période (133 au total) et des hospitalisations qui désormais tournent autour des 50 lits occupés... 

Pas de doute, le répit de mai et juin est bien loin. «Ces dernières semaines, nous étions toutefois encore dans le scénario bas. Le Centre hospitalier de Luxembourg pouvait accueillir tous les nouveaux malades atteints par le virus nécessitant des soins et cela pour l'ensemble du territoire. La donne change maintenant», constate le Dr Pit Braquet, spécialiste des maladies infectieuses au CHL justement. Là, l'unité spéciale covid et ses 24 lits sont maintenant sous pression.

Preuve en est, la discussion est entamée avec le ministère de la Santé pour que désormais chacun des quatre hôpitaux du pays gère en interne les cas atteints par l'infection qui peuvent se présenter. Aucune décision n'est prise pour l'heure.

Mais la ministre Paulette Lenert (LSAP) devra bientôt fixer la feuille de route pour les services hospitaliers. Ce pourrait être ce mercredi justement où la ministre est attendue devant une commission Santé réunie à la dernière minute. A 11h à la Chambre des députés.

Car même si la responsable politique indique que le scénario était «attendu», et qu'il n'y a pas lieu de passer à de nouvelles mesures pour limiter la diffusion du virus, le doute est permis au vu des chiffres récents. «Le plus mauvais cas de figure consisterait à aller jusqu'à devoir déprogrammer à nouveau certains soins ou opérations chirurgicales, comme cela a été le cas en début d'épidémie», souligne d'ailleurs le Dr Braquet.


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La mesure serait envisageable en cas de réquisition de personnels et de chambres de services autres que ceux spécialement prévus pour le traitement covid. Le nombre de 80 lits de soins intensifs occupés par ce type de malades étant la ligne rouge à ne pas franchir. Un plafond redouté aujourd'hui comme il y a sept mois quand le virus commençait tout juste à sévir au Luxembourg.

Certes, il n'y pas lieu de créer la panique. D'ailleurs, le Premier ministre Xavier Bettel, dans son récent discours sur l'état de la Nation, insistait sur le fait que «à tout moment, la capacité hospitalière était garantie durant la crise». «Ce plafond n'a certes jamais été atteint encore, mais prudence», rappelle le spécialiste en maladies infectieuses

De l'utilité donc de respecter, encore et encore, les gestes barrières et les recommandations en matière d'hygiène. Se laver les mains plusieurs fois par jour, respecter la distanciation sociale, tenir quotidiennement un registre des personnes fréquentées (pour faciliter le traçage éventuel de cas contact). «J’encourage tout le monde à continuer à vivre le plus normalement. Y compris en voyant famille et amis, indique le médecin. Mais alors il faut savoir se plier aux règles».

Dernièrement encore, lui et son équipe ont dû prendre en charge des adultes qui s'étaient infectés au cours d'une célébration de noces de diamant. «La maman est morte et sur les 18 convives il y avait 12 cas positifs... On ne peut vraiment pas se permettre de multiplier ce type de foyer.»

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