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Le covid a aggravé l'état de santé des personnes obèses
Luxembourg 2 min. 04.03.2022 Cet article est archivé
Santé

Le covid a aggravé l'état de santé des personnes obèses

La clinique de l'obésité du CHL a pris en charge 1.080 patients en 2021.
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Le covid a aggravé l'état de santé des personnes obèses

La clinique de l'obésité du CHL a pris en charge 1.080 patients en 2021.
Photo: Serge Waldbillig
Luxembourg 2 min. 04.03.2022 Cet article est archivé
Santé

Le covid a aggravé l'état de santé des personnes obèses

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
Avec le confinement ou la peur d'être infectées en étant vulnérables, les personnes obèses se sont moins rendues à la clinique du CHL qui les prend en charge. Un retard qui peut pourtant avoir des conséquences sur leur état de santé.

«Manger moins et vous allez perdre du poids, c'est vraiment la pire phrase que vous pouvez dire à quelqu'un. L'obésité est toujours multifactorielle.» Ferdinand Lux, infirmier coordinateur à la clinique de l'obésité du Centre Hospitalier de Luxembourg, rappelle ce vendredi, à l'occasion de la journée mondiale de l'obésité, que l'hormonologie, la génétique, le désordre alimentaire ou encore la sédentarité sont les différentes causes de cette «maladie chronique». Mais aussi «le stress qui fait manger les gens».


TOPSHOT - This picture taken on November 17, 2020 shows a syringe and a bottle reading "Vaccine Covid-19". - According to the World Health Organization, some 42 "candidate vaccines" against the novel coronavirus Covid-19 are undergoing clinical trials on November 17, 2020. (Photo by JOEL SAGET / AFP)
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Une étude du LISER et du Statec montre que les personnes âgées, les hommes, les pauvres et les étrangers sont plus durement touchés par la pandémie.

Tous les profils et catégories sociales sont concernés selon Ferdinand Lux. De plus en plus d'hommes se décident aussi à commencer une prise en charge pour leur maladie, de même que des profils plus jeunes. L'infirmier remarque que le panel des patients de la clinique de l'obésité représente «un miroir de la société par rapport à la vie moderne où les personnes ont moins le temps de cuisiner». Un mode de vie qui risque de conduire à plus de cas sévères. D’après l’enquête sur la santé des résidents (European Health Interview Survey - EHIS) conduite au Luxembourg en 2019, 16,5% des adultes souffraient d'obésité.  

 1.080 patients pris en charge pour obésité en 2021

La pandémie a aussi compliqué l'état de santé de ces patients, notamment avec le confinement. Une période pendant laquelle de nombreuses personnes ont pris du poids à cause de la sédentarité, ou encore la peur de sortir, étant plus vulnérables.

«Chez ces personnes, des problèmes existants risquent de s'aggraver et des comorbidités qui ne sont pas encore apparues vont se développer», explique Ferdinand Lux. En 2021, la clinique a pris en charge 1.080 patients pour obésité, dont 630 nouveaux patients. Avant la pandémie, 1.270 personnes étaient suivies à l'hôpital. Mais depuis janvier 2022, les personnes commencent à revenir en consultation, avec des rendez-vous déjà fixés jusqu'à début mai selon Ferdinand Lux.

Ferdinand Lux, infirmier coordinateur de la clinique, rappelle qu'il ne faut pas avoir honte de chercher de l'aide en cas de rechute.
Ferdinand Lux, infirmier coordinateur de la clinique, rappelle qu'il ne faut pas avoir honte de chercher de l'aide en cas de rechute.
Photo: privé

Ce dernier constate que les personnes obèses se sont aussi rendu davantage compte de leur surpoids en étant infectées au covid, car avec cette contamination, elles étaient rapidement essoufflées. Malgré cette situation difficile, l'infirmier voit que cela a aussi motivé certains patients à venir à la clinique pour perdre du poids.

Depuis 2009, la clinique propose pour ces patients, soit un parcours médical ou chirurgical. Pour le premier, ils sont orientés vers tous les acteurs qui prennent en charge l'obésité, au niveau psychologique, mais également psychiatrique, endocrinologique et sportif. «Si certaines personnes perdent les bonnes habitudes alimentaires après ce suivi et reprennent du poids, elles ne doivent surtout pas avoir honte et revenir chercher de l'aide. Nous sommes là!», insiste Ferdinand Lux.

Le parcours chirurgical qui dure entre six mois et un an nécessite une préparation médicale, psychiatrique, diététique et pneumologique. «Des détections d'une éventuelle apnée du sommeil sont réalisées avant de procéder à un bypass gastrique.» Lors d'une telle opération, le patient est suivi à vie, précise l'infirmier. Pour la caisse de maladie, une intervention chirurgicale ne peut être réalisée qu'à condition d'avoir un indice de masse corporelle compris entre 35 et 40, voire plus.

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