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Le coût de la santé mentale encore sujet à débats
Luxembourg 2 min. 01.04.2021 Cet article est archivé

Le coût de la santé mentale encore sujet à débats

La troisième réunion entre les deux instances, prévue fin avril, pourrait être plus tendue que les précédentes.

Le coût de la santé mentale encore sujet à débats

La troisième réunion entre les deux instances, prévue fin avril, pourrait être plus tendue que les précédentes.
Photo: Getty Images
Luxembourg 2 min. 01.04.2021 Cet article est archivé

Le coût de la santé mentale encore sujet à débats

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Au terme de deux semaines de négociations, le remboursement des psychothérapies est encore loin d'être acté. Si la caisse nationale de santé estime être parvenue à un accord, les représentants de la profession démentent et menacent même de boycotter la prochaine réunion.

Désormais priorité politique après un an de crise sanitaire, la santé mentale de la population se trouve au centre d'intenses discussions. Et notamment autour de la question de la prise en charge des thérapies par la caisse nationale de santé. Si le dialogue s'était renoué depuis la mi-mars entre l'administration et la fédération des associations représentante des psychothérapeutes (Fapsylux), la dernière communication de la CNS semble avoir brisé cette dynamique. 


Bras de fer autour du prix de la santé mentale
Publié en février, un règlement grand-ducal doit amener la Caisse nationale de santé (CNS) et les professionnels à relancer la question du financement des séances de psychothérapie. Pour la Fapsylux, fédération du secteur, cette prise en charge reste encore loin d'être actée.

Jeudi pourtant, la CNS assurait qu'un accord sur la mise en place d'un «programme expérimental» de deux ans avait été trouvé. Accord assurant le remboursement intégral du suivi psychique des patients. Ce qui, selon la  Fapsylux, serait en fait loin d'être acté. Qualifiant le document de «malhonnête», Delphine Prüm, présidente de la fédération, confie même «hésiter» à assister à la prochaine réunion prévue fin avril.

Une situation fâcheuse au vu des conséquences de la pandémie sur les résidents. Entre blues des habitants et la dépression qui menace un salarié sur trois au Grand-Duché, la prise en charge de la psychothérapie n'a pourtant jamais autant été d'actualité. Une «urgence» sur laquelle s'accordent d'ailleurs les deux parties, qui continuent néanmoins de se diviser autour du coût à long terme de cette mesure. 

Si la CNS s'est refusée à tout commentaire, Delphine Prüm estime qu'une psychothérapie ambulatoire coûte «3.200 euros par patient». Un montant qui, faute d'aides suffisantes, obligerait beaucoup de particuliers à devoir choisir «entre leur santé mentale et leur loyer». Un chiffre qui pourrait être remis en cause, car issu d'une étude allemande, datée de 2011. Pour la présidente de Fapsylux, le remboursement intégral des psychothérapies permettrait «d'économiser 10.000 euros en moyenne par thérapie», en réduisant le nombre d'arrêts maladie ou/et de recours à des traitements médicamenteux. «Quand on sait que 23% des arrêts maladie au long terme au Luxembourg concernent des troubles psychiques, le calcul est vite fait», assure Delphine Prüm. 


Des idées suicidaires de plus en plus prégnantes
Depuis plusieurs mois, les professionnels de santé alertent sur l'impact des restrictions sanitaires sur la santé mentale, et notamment l'augmentation des pensées morbides. Un phénomène qui toucherait particulièrement les adolescents.

Une prise en charge totale que n'écarte pas totalement la CNS, mais qui devrait être «préparée avec grande prudence». Pour rappel, c'est la publication d'un règlement grand-ducal, en février dernier, qui a ramené la CNS et Fapsylux à la table des négociations, alors que les discussions étaient au point mort depuis 2018.

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Si les négociations sont toujours en cours, la CNS et les représentants des psychothérapeutes semblent avoir franchi un premier cap vers le remboursement des psychothérapies. Dans un premier temps, seuls les patients «entre 18 et 60 ans» seraient concernés.
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