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Le corps des femmes encore soumis à des stéréotypes
Luxembourg 1 3 min. 18.08.2021 Cet article est archivé
Société

Le corps des femmes encore soumis à des stéréotypes

Depuis quelques années, la lutte reprend contre les injonctions pesant sur le corps des femmes. Un combat hérité des premiers mouvements féministes, selon l'historienne Renée Wagener.
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Le corps des femmes encore soumis à des stéréotypes

Depuis quelques années, la lutte reprend contre les injonctions pesant sur le corps des femmes. Un combat hérité des premiers mouvements féministes, selon l'historienne Renée Wagener.
Photo: AFP
Luxembourg 1 3 min. 18.08.2021 Cet article est archivé
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Le corps des femmes encore soumis à des stéréotypes

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Sur les réseaux sociaux, plusieurs mouvements entendent mettre fin au culte de la femme idéale véhiculé par les magazines féminins, encore plus présent en été. Mais s'il s'agit d'un pas en avant, le chemin est encore long selon certaines spécialistes et associations.

Bien qu'il ne soit pas très ensoleillé cette année, l'été luxembourgeois n'échappe pas aux injonctions des magazines féminins. «Objectif bikini», mannequins aux carrures sveltes et régimes en tout genre se partagent les couvertures avec pour les filles et les femmes cette même consigne: correspondre à l'image de la beauté parfaite.

Pourtant sur les réseaux sociaux, plusieurs mouvements entendent en finir avec ce diktat. Féministes revendiquées ou non, des femmes affichent leur corps tel qu'il est, invitant à ne pas avoir honte de la cellulite ou de bourrelets. Un combat qui date en réalité des «premiers mouvements féministes», souligne Renée Wagener, docteure en Histoire à l'Université du Luxembourg.

La chercheuse précise que ce débat est revenu sur le devant de la scène dans les années 70-80, «avec la lutte pour la libération des femmes et des minorités sexuelles». «Il s'agissait de se réapproprier le corps de la femme à la fois dans sa représentation et pour ce qu'il est lui-même, par exemple dans la question du droit à l'avortement.»

L'historienne Renée Wagener a notamment édité des travaux sur le droit de vote accordé aux femmes au Luxembourg en 1919.
L'historienne Renée Wagener a notamment édité des travaux sur le droit de vote accordé aux femmes au Luxembourg en 1919.
Photo : Gerry Huberty

Et si cinquante ans plus tard ces injonctions ont encore la vie dure, c'est notamment à cause de la publicité. En se basant «sur des images qui marchent», les campagnes promotionnelles véhiculent celles de silhouettes élancées, sveltes et formées, «utilisées pour accrocher les regards», analyse l'historienne. Prenant pour exemple la campagne des derniers Jeux olympiques, Renée Wagener déplore que les femmes y aient été «représentées comme pratiquant des sports dits féminins alors qu'elles jouent dans d'autres catégories».

Des stéréotypes encore plus forts en ce qui concerne les femmes racisées, encore présentées comme «des panthères», déplore la présidente de LetzRiseUp, Sandrine Gashonga. «Héritage de la colonisation», les femmes noires sont encore «hyper sexualisées», dénonce l'activiste féministe. Pour elle comme pour Renée Wagener, si les mouvements lancés sur les réseaux sociaux représentent un pas en avant, la situation reste donc «ambivalente». 

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 «C'est vrai qu'on voit des femmes noires qui assument leur corps sur les réseaux sociaux, mais cette tendance reste très minoritaire par rapport à la ''misogynoire'' ambiante», dénonce Sandrine Gashonga. Renée Wagener, de son côté, constate qu'il y a toujours une tendance des jeunes femmes «à vouloir être minces, à porter les cheveux longs, à paraître plus jeunes». 

«Le rationnel et l'émotionnel se confrontent», précise l'historienne, ajoutant que les jeunes générations sont soumises à une forte pression. «La société leur impose de changer le monde tout en leur rabâchant les mêmes images.» Preuve que le chemin pour l'égalité est encore long.

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