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Le corps «construit ses défenses» grâce au vaccin
Luxembourg 4 min. 04.03.2021 Cet article est archivé

Le corps «construit ses défenses» grâce au vaccin

Pour Catarina Fernandes, infirmière au CHL, notre quotidien doit s'adapter à cette «nouvelle normalité».

Le corps «construit ses défenses» grâce au vaccin

Pour Catarina Fernandes, infirmière au CHL, notre quotidien doit s'adapter à cette «nouvelle normalité».
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 04.03.2021 Cet article est archivé

Le corps «construit ses défenses» grâce au vaccin

Deux mois après avoir reçu une première injection anti-covid sous les yeux des journalistes, Catarina Fernandes, infirmière au CHL, témoigne de son expérience et revient sur la gestion de la pandémie au sein du service du Centre national des maladies infectieuses.

(ASdN avec Frank Weyrich) - D'ici la fin mars, le Luxembourg entend vacciner 75.287 personnes. Si l'objectif est ambitieux, deux mois après le lancement de la campagne de vaccination, quelque 28.500 hommes et femmes ont d'ores et déjà reçu au moins une injection du précieux sérum. Catarina Fernandes a été la première personne du pays à qui celui-ci a été administré. La responsable du poste de soins infirmiers du Centre national des maladies infectieuses du Centre hospitalier de Luxembourg (CHL) s'est confiée sur son expérience auprès de nos confrères du Luxemburger Wort.

Catarina Fernandes, qu'est-ce qui a changé pour vous ces deux derniers mois?

«Pour être honnête, pas grand-chose. Notre routine quotidienne reste dominée par les nombreux patients dont nous devons nous occuper. Mais avec le recul, nous avons appris de nos erreurs. La plus grande a été de ne plus admettre, à un moment donné, des patients qui étaient atteints d'autres maladies que le covid-19 ou qui devaient être opérés. Mais à l'époque, nous faisions face à un virus inconnu et personne ne savait vraiment ce qui allait arriver. 

Vous êtes spécialisée dans les maladies infectieuses, quelle est donc la grande différence entre ce virus et les autres?

«Lorsqu'on est confronté à un cas de malaria, ou même d'Ebola, les mesures de traitement à prendre sont claires. Avec le covid-19, c'est l'inconnu, et c'est encore le cas aujourd'hui. Et puis, il faut se rappeler d'une chose : même si nous sommes formés à la gestion d'une maladie virale, aucun d'entre nous n'a jamais connu de pandémie.


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Comment avez-vous organisé votre vie quotidienne?

«L'un des plus grands défis a certainement été de former en très peu de temps les collègues des autres départements aux particularités du service des infections. En temps normal, nous avons 17 lits, mais ce nombre s'est aujourd'hui stabilisé à environ 50. Je suis très fière de pouvoir dire que malgré l'immense pression exercée sur le personnel, personne n'a encore demandé de transfert ni même démissionné.

Et vous personnellement, comment faites-vous face à la situation?

«En tant qu'infirmière, je suis habituée à voir beaucoup de choses, mais je dois admettre qu'il est difficile de voir que des parents proches ne peuvent pas dire au revoir aux mourants en raison du risque d'infection. Après tout, nous ne sommes que des êtres humains. Et quand je me promène au grand air pour me remettre de ces moments d'émotion et que je vois un groupe de jeunes dehors, se tenant côte à côte sans aucune protection, je ne peux pas penser à autre chose.

Vous êtes la première personne à avoir été vaccinée dans ce pays. Pouvez-vous nous décrire ce que c'était?

«Depuis le début de la pandémie, j'ai régulièrement été testée. Quand j'ai appris qu'un vaccin était disponible, je n'ai pas hésité une seconde et je me suis immédiatement inscrite. Après la deuxième injection, j'ai eu du mal à rester debout, mais après une bonne nuit de sommeil, tout a disparu. Les effets secondaires de ce genre sont une bonne chose, car ils vous montrent que votre corps est en train de construire ses défenses


General practitioner Jean Louis Bensoussan, administers a dose of AstraZeneca Covid-19 vaccine to a patient, in Gragnague near Toulouse, southern France, on February 26, 2021. - Private practitioners in France started vaccinating vulnerable patients between 50 and 64 at their medical offices on February 25, as part of a new stage in the country's Covid-19 vaccination campaign. (Photo by Fred SCHEIBER / AFP)
C'est maintenant au tour des moins de 65 ans...
Pour eux, l'administration du vaccin AstraZeneca sera possible. Cela tombe bien c'est la formule que le pays recevra en nombre dans les semaines à venir.

Quels conseils souhaitez-vous donner aux résidents et frontaliers?

«J'en donnerai deux. D'une part, pour la santé physique, tenez-vous-en aux restrictions en vigueur avec une distance suffisante par rapport aux autres. D'autre part, pour l'équilibre psychologique, il faut accepter que la situation actuelle soit la nouvelle norme. Il ne sert à rien d'insister pour que les choses redeviennent comme avant. Cela ne fait qu'engendrer de la frustration. Et si les choses changent à nouveau, tant mieux.» 

 

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