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Le Conseil d'Etat met les pharmacies sur la touche
Luxembourg 3 min. 02.12.2021
Vaccination anti-covid

Le Conseil d'Etat met les pharmacies sur la touche

Déjà mobilisés pour le dépistage, les pharmaciens attendront pour la vaccination anti-covid. S'ils y sont autorisés un jour...
Vaccination anti-covid

Le Conseil d'Etat met les pharmacies sur la touche

Déjà mobilisés pour le dépistage, les pharmaciens attendront pour la vaccination anti-covid. S'ils y sont autorisés un jour...
Photo : dpa
Luxembourg 3 min. 02.12.2021
Vaccination anti-covid

Le Conseil d'Etat met les pharmacies sur la touche

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Alors qu'ils devaient être les nouveaux acteurs de la campagne vaccinale, les pharmaciens luxembourgeois n'entreront pas en jeu de sitôt. La base légale présentée par le ministère de la Santé est trop légère.

Le gouvernement a-t-il rédigé un peu trop dans la précipitation le projet de loi qui devait permettre aux pharmaciens du pays d'eux aussi proposer la vaccination anti-covid? Sans doute, à en croire les remarques formulées par le Conseil d'Etat. Les Sages viennent ainsi de délivrer une opposition formelle au texte proposé. La désormais vice-Première ministre, la ministre de la Santé Paulette Lenert (LSAP), devra donc réviser sa copie.


Leopold Nytoft Bergman, 10 years old, receives a vaccination against the novel coronavirus on November 28, 2021 in Amagar, Denmark. - Children between 5 - 11 years can now be vaccinated in Denmark. The vaccinations on November 28, 2021 are reserved for the oldest children in the group. Therefore, so far only children aged 10 and 11 have been invited to a vaccine via their parents. (Photo by Olafur STEINAR GESTSSON / Ritzau Scanpix / AFP) / Denmark OUT
La vaccination des plus jeunes attendra
A défaut d'avoir reçu l'avis du Conseil supérieur des maladies infectieuses, le gouvernement n'a toujours pas tranché la question des injections anti-covid auprès des moins de 12 ans. Mais le pays s'en rapproche à petits pas.

Une révision au plus vite, car le virus lui n'attend pas. Mercredi, le Luxembourg a ainsi battu son record de nouvelles contaminations dépistées (855 tests positifs en 24 heures). Au plus vite car avec un taux de couverture vaccinale des 12 ans et plus à 77,8%, le pays est encore loin d'avoir constitué le «bouclier sanitaire» qui conviendrait. Vite enfin car, au même titre que les opérations ponctuelles (Semaine de la vaccination du 6 au 12 décembre, pop-up dans les galeries commerciales ou centres piétonniers) ou que la vaccination en cabinet médical (plus de 29.000 doses délivrées), intégrer les pharmaciens à la campagne permettrait d'accélérer la délivrance des sérums.

Mais pour l'instant, feu rouge : le Conseil d'Etat ne reprochant pas l'initiative mais bien sa base légale. Ainsi, les Sages reprochent au texte de ne pas se limiter à la vaccination anti-covid, mais bien d'étendre aux pharmaciens la possibilité de piquer pour toutes les «vaccinations recommandées par l'Etat». Trop vague, mais aussi trop d'un coup alors que ces blouses blanches ne pratiquaient pas cet acte jusqu'alors. 

Parmi les reproches formulés, le Conseil d'État pose aussi la question de la «responsabilité». En cas de soucis, d'effets secondaires sérieux, qui portera le poids des conséquences? N'en déplaise à la profession mais un pharmacien n'a pas les mêmes compétences qu'un médecin. Alors comment pourrait-il juger de la vulnérabilité de tel client, définir le risque encouru par l'injection sous-cutanée du virus même à microdose? 

Par ailleurs, les pharmaciens du Grand-Duché n'ayant pas du tout la vaccination dans leur pratique quotidienne, qui va les former? Quel niveau d'études devra avoir ce tuteur, que contiendra la formation? Motus dans le texte présenté. 

Enfin, il est aussi question d'argent. Si le pharmacien est rémunéré pour sa prestation, où cet acte figure-t-il dans la nomenclature de la Caisse nationale de santé (CNS) ? Là encore, le texte déposé ne répond pas à la question. 

Reste que pour le président des pharmaciens du Luxembourg, si ces remarques représentent des obstacles, «il n'y a rien d'infranchissable». Et Alain de Bourcy d'évoquer la situation de ses homologues blouses blanches de France, Suisse ou Belgique déjà mobilisés dans cette vaccination anti-covid. «Si ces professionnels et ces pays ont réussi à le faire, pas de raison que l'on n'y arrive pas ici!» 

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