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Le Conseil citoyen pour le climat joue les prolongations
Luxembourg 5 min. 18.07.2022 Cet article est archivé
Participation citoyenne

Le Conseil citoyen pour le climat joue les prolongations

La politique climatique est l'un des grands chantiers du Luxembourg.
Participation citoyenne

Le Conseil citoyen pour le climat joue les prolongations

La politique climatique est l'un des grands chantiers du Luxembourg.
Photo: DPA
Luxembourg 5 min. 18.07.2022 Cet article est archivé
Participation citoyenne

Le Conseil citoyen pour le climat joue les prolongations

Marc SCHLAMMES
Marc SCHLAMMES
Le Conseil citoyen pour le climat devait terminer sa tâche au milieu du mois. Les travaux de cet organe composé de 100 personnes se prolongent désormais.

En principe, le Conseil citoyen pour le climat devait terminer ses travaux à la mi-juillet. Mais il n'en sera rien. L'organe de 100 personnes - 60 membres effectifs, 40 membres suppléants - prolonge son travail au-delà des mois d'été. 

Retour en arrière. Après que le Premier ministre Xavier Bettel (DP) a évoqué la mise en place d'un Conseil citoyen pour le climat lors de sa déclaration sur l'état du pays en octobre 2021, l'idée était restée longtemps dans le silence.


Luxembourg's Prime Minister Xavier Bettel addresses media representatives on the first day of a European Union (EU) summit at The European Council Building in Brussels on October 21, 2021, as EU leaders discuss Covid-19, digital transformation, energy prices, migration, trade and external relations. (Photo by POOL / AFP)
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Evoquée par Xavier Bettel lors de son dernier discours sur l'état de la Nation, l'idée de demander à 100 citoyens de se prononcer sur la politique environnementale doit devenir réalité «dans les prochaines semaines», assure mardi le Premier ministre depuis Glasgow.

Mais au début de l'année, les choses se sont accélérées. Le 5 janvier, Xavier Bettel et Carole Dieschbourg (Déi Gréng), alors ministre de l'Environnement, ont présenté l'agenda. Jusqu'au 19 janvier, les citoyens intéressés pouvaient se manifester ou étaient contactés de manière aléatoire par TNS-Ilres. Ensuite, l'institut de sondage a procédé à une sélection parmi les 1.126 personnes intéressées en tenant compte du sexe, de l'âge (à partir de 16 ans), de la profession, du niveau d'études, de la nationalité et des frontaliers. Une réunion d'information a ensuite eu lieu le 29 janvier, notamment dans le but de mettre les élus au même niveau de connaissances en matière de politique énergétique et climatique. Le travail proprement dit devait s'étendre jusqu'au milieu de l'année.

La question de l'influence politique

Cette prolongation fait suite à une demande du Conseil citoyen pour le climat ; comme il ressort d'une prise de position en réponse à une question parlementaire, ses membres auraient souhaité disposer de plus de temps pour donner à leurs réflexions et idées la profondeur nécessaire. Sur recommandation du comité de suivi, le ministère d'Etat aurait alors établi un calendrier alternatif. Le Premier ministre Xavier Bettel et la nouvelle ministre de l'Environnement Joëlle Welfring (Déi Gréng) soulignent que c'est la seule fois où des représentants du ministère d'Etat ont eu un échange direct avec les membres du Conseil.


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Dans leur question, les trois députés CSV Diane Adehm, Paul Galles et Max Hengel s'interrogeaient également sur le travail du Conseil citoyen pour le climat et se référaient à des articles du média Quotidien dans lesquels deux membres se plaignaient entre autres de ce qu'ils considéraient comme une trop grande influence des ministères et des administrations.

Il ressort de la réponse formulée par les deux ministres compétents en concertation avec le comité de suivi et les deux entreprises chargées de l'encadrement du Conseil citoyen pour le climat que le Conseil citoyen pour le climat a jusqu'à présent échangé avec 63 experts nationaux et internationaux. Environ un tiers de ces experts travaille dans un ministère, un cinquième est employé par un organisme paraétatique ou une institution ayant un lien direct avec l'État. Le comité d'accompagnement, composé de dix personnes, tient à souligner que les experts se sont également exprimés de manière critique sur les décisions politiques.

Livraison prévue pour l'automne

De même, la réponse insiste sur le fait que les membres du Conseil citoyen pour le climat ont toujours été pris au sérieux avec leurs opinions et qu'il a toujours été possible d'adapter le déroulement des travaux en coordination avec le comité d'accompagnement. Le fait que deux participants anonymes se soient exprimés de manière critique sur le travail auprès du Quotidien ne correspond pas à l'opinion générale au sein du Conseil citoyen pour le climat et ne reflète que partiellement la réalité factuelle.


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Bettel et Welfring qualifient en outre le Conseil citoyen pour le climat d'expérience démocratique ; les conflits et les critiques feraient partie d'un tel processus. Afin d'accompagner scientifiquement l'expérience et de tirer les enseignements de ce projet, une convention a également été signée avec l'Université du Luxembourg.

Nous devons agir de manière urgente et continue sur la question du climat si nous voulons atteindre nos objectifs.

Xavier Bettel, Premier ministre

L'objectif du Conseil citoyen pour le climat est de déterminer si les efforts luxembourgeois en matière de politique climatique sont suffisants - et si ce n'est pas le cas, dans quels domaines la barre doit être placée plus haut. «Nous devons agir de manière urgente et soutenue sur la question du climat si nous voulons atteindre nos objectifs», a souligné Bettel début janvier, laissant entrevoir aux participants une «période intensive».


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Cette «période intensive» doit maintenant durer jusqu'à la mi-septembre, date à laquelle le Conseil doit présenter ses propositions au public, à la Chambre et au gouvernement. Le gouvernement organisera ensuite un débat consultatif au Parlement et, enfin, les propositions du Conseil citoyen pour le climat seront intégrées dans la nouvelle version du plan national pour le climat et l'énergie prévue pour 2023.

Le Plan national intégré en matière d'énergie et de climat (PNEC) découle de la répartition intra-européenne des charges. Pour le Luxembourg, le plan comprend environ 200 mesures visant à réduire les émissions de CO2 d'au moins 55% d'ici 2030 - ce qui correspond en chiffres absolus à une réduction de 8,18 millions de tonnes à 4,55 millions de tonnes -, à augmenter la part des énergies renouvelables à 25% et à améliorer l'efficacité énergétique de 40 à 44%.

Le Conseil citoyen pour le climat n'est pas la première expérience de politique nationale avec cette forme de participation citoyenne. Dans le cadre de «Luxembourg in Transition» et à l'initiative du ministre de l'Aménagement du territoire Claude Turmes (Déi Gréng), un «Biergerkommitee Lëtzebuerg 2050» composé de 30 personnes s'est penché pendant douze mois sur les aspects territoriaux d'une société neutre en termes de climat. Il en est ressorti quelque 44 recommandations qui seront intégrées dans le nouveau Programme directeur qui remplacera l'ancien document d'aménagement du territoire datant de 2003. 

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