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Le conflit Ukraine-Russie s'invite à la Chambre
Luxembourg 5 min. 08.02.2022 Cet article est archivé
Diplomatie

Le conflit Ukraine-Russie s'invite à la Chambre

Le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn voit dans les échanges actuels des signaux positifs pour éviter la guerre.
Diplomatie

Le conflit Ukraine-Russie s'invite à la Chambre

Le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn voit dans les échanges actuels des signaux positifs pour éviter la guerre.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 5 min. 08.02.2022 Cet article est archivé
Diplomatie

Le conflit Ukraine-Russie s'invite à la Chambre

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
Les députés se sont penchés ce mardi pendant l'heure d'actualité sur les tensions actuelles à la frontière ukrainienne. La majorité des partis a insisté sur l'importance du dialogue.

«Il faut que l'OTAN soit plus fort, c'est ce que montre la crise autour des tensions Ukraine-Russie», a souligné le député Gusty Graas (DP) à la Chambre ce mardi après-midi. Le député avait fait la demande pour aborder le conflit actuel à la frontière ukrainienne pendant l'heure d'actualité. Il estime qu'il ne faut «pas paniquer, mais prendre les choses sérieusement».


IPO , Aussenpolitische Ansprache Jean Asselborn , Abgeordnetenkammer , Declaration Politique Affaires Etrangeres , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Le regard sombre d'Asselborn sur le monde
Le ministre luxembourgeois a dressé, devant la Chambre, un sombre tableau de l'état de la situation internationale.

Si la rencontre entre les présidents français Emmanuel Macron et russe Vladimir Poutine a permis «certaines positions d'ouverture», Gusty Graas appelle encore à la prudence et s'interroge sur le rôle de l'OTAN qui reste selon lui un garant pour éviter la guerre: «Quel lien doit-il y avoir entre l'Union européenne et l'OTAN ? Quels financements et moyens doivent être accordés?»

Pour le député Jean-Marie Halsdorf (CSV), l'OTAN traverse actuellement une «crise identitaire et doit placer les intérêts des citoyens au centre du débat». L'ancien ministre de la Défense a également insisté sur le fait que la diplomatie doit être «l'alpha et l'oméga pour éviter une guerre».

Approfondir le système de défense européen  

Une position partagée par l'ensemble des partis à la Chambre. De son côté, la députée Lydia Mutsch (LSAP) a rappelé que l'Ukraine était un partenaire de l'OTAN, mais pas un membre de l'Alliance. Le système de défense collective ne se déclencherait donc pas comme le prévoit l'article 5 si le pays était attaqué, a souligné la socialiste. Elle a indiqué que le LSAP était pour un approfondissement du système de défense européen. La députée écologiste Djuna Bernard a aussi appelé les Européens à «travailler plus étroitement ensemble en matière de défense» pour pouvoir agir en cas d'incapacité de l'OTAN. Elle a salué l'action de la ministre des Affaires étrangères allemande Annalena Baerbock qui a misé sur le dialogue et est restée ferme sur la souveraineté de l'Ukraine. 

«Vladimir Poutine est en train de saucissonner l'Ukraine»

Pour Nathalie Oberweis (Déi Lénk), les Européens doivent aussi agir de manière «proactive» et «ne pas réagir que quand la maison brûle». Le député Sven Clement (Pirate Partei) a lui estimé qu'il était temps d'imposer des limites à Vladimir Poutine qui est «en train de saucissonner l'Ukraine en s'en prenant à la Crimée, puis à la région du Dombass». L'élu a rappelé que «l'Ukraine ne fait pas partie de la Russie et que cela ne changera pas» et que les pays européens ont le droit de lui apporter un soutien matériel, dont des armes.

L'OTAN traverse actuellement une crise identitaire."

Jean-Marie Halsdorf, député CSV

Contrairement à ses collègues, le président du groupe parlementaire de l'ADR Fernand Kartheiser s'est montré plus conciliant avec la Russie. Le député a rappelé les liens d'amitié entre les Luxembourgeois et les Russes dans le passé qu'il souhaite renforcer. Il a également estimé que la Russie ne devait pas être encerclée, mais être davantage traité comme un partenaire dont l'identité européenne devait être reconnue: «Il faut arrêter d'humilier la Russie et reconnaître le rôle qui est le sien, notamment au G8. Les sanctions imposées à la Russie ne sont pas seulement négatives pour eux et pour nous, mais aussi pour le développement de la démocratie.»

Une sortie du tunnel possible pour éviter la guerre

Devant les députés, le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn (LSAP) a souligné que l'OTAN était une «alliance défensive». Selon le ministre, l'organisation ne représenterait donc «pas une menace pour quiconque, y compris pour la Russie». Jean Asselborn a aussi considéré qu'il était inacceptable que la Russie interdise à l'Ukraine de rejoindre l'OTAN: «Chaque pays a le droit de choisir ses alliés». 

Le ministre socialiste a affirmé que les visites d'Emmanuel Macron, qui assure actuellement la présidence française du Conseil européen, à Moscou et à Kiev, se faisait en coordination avec les Européens. «Je ne suis ni naïf ni optimiste, mais avec ces différentes rencontres, il y a des signes pour sortir du tunnel et pour qu'il n'y ait pas de guerre», a commenté le ministre luxembourgeois. Il a regretté néanmoins que le matériel russe présent à la frontière ukrainienne soit davantage «prévu pour attaquer que pour se défendre».

Entretien téléphonique avec le président Macron

 Il a également donné raison au chef de l'Etat français en reprenant sa formule: «S'il n'y a pas de sécurité en Europe, il n'y a pas de sécurité en Russie». Jean Asselborn a ainsi estimé qu'un travail était nécessaire pour mettre en place une nouvelle architecture de sécurité des deux côtés, tout en rappelant la souveraineté des Etats.

Sur les ondes de 100,7 ce mercredi, le Premier ministre Xavier Bettel (DP) a annoncé s'entretenir dans la journée avec le président français Emmanuel Macron au sujet du conflit ukrainien. L'occasion de faire le point sur ses échanges avec les présidents russe et ukrainien, a précisé le chef du gouvernement. Il a rappelé la ligne du Luxembourg basée sur le «dialogue, la diplomatie et la désescalade». Xavier Bettel a également salué que d'autres pays se tournent désormais vers la Russie pour mettre en place un dialogue. Pour le Premier ministre, il est important «de maintenir la pression au niveau international, mais de rester solidaire et de trouver des solutions en gardant tous les canaux ouverts au dialogue».

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