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«Le confinement sur le pas de la porte»
Luxembourg 5 2 min. 02.06.2020

«Le confinement sur le pas de la porte»

Etienne Grimée s'est lui aussi laissé prendre au jeu... avec son appareil photo à la main.

«Le confinement sur le pas de la porte»

Etienne Grimée s'est lui aussi laissé prendre au jeu... avec son appareil photo à la main.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 5 2 min. 02.06.2020

«Le confinement sur le pas de la porte»

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Pendant plusieurs semaines, les résidents se sont retrouvés cloîtrés chez eux. Si la vie a déserté les rues, elle a repris de plus belle entre quatre murs. Un nouveau quotidien caché que le photographe amateur Etienne Grimée a souhaité montrer.

(ASdN avec Marc Thill) - A quoi ressemblait le quotidien des résidents pendant la quarantaine ? Voilà la question à laquelle a souhaité répondre Etienne Grimée. Car si la vie continue, elle est soudainement «cachée entre quatre murs», souligne ce professeur de mathématiques à l'école Fieldgen. Celui-ci a ainsi voulu mettre en lumière la vie quotidienne d'hommes et de femmes de la capitale en prenant des photos sur le pas de la porte de couples, familles ou enfants. Avec chacun un objet marquant son nouveau quotidien, tel que des livres et instruments de musique ou outils de jardinage. 

Ces photos montrent avant tout des gens heureux. «Je voulais transmettre une image positive de cette époque», explique Etienne Grimée. Un nouveau regard sur la crise sanitaire, bien que le photographe se dise conscient que ses photos ne montrent qu'un aspect de la quarantaine. 

Et l'homme de 53 ans n'a pas eu beaucoup de mal à convaincre. Après quelques semaines, «tout le monde a fini par s'adapter et s'est senti libre d'en parler», précise ce résident de la capitale, dont le quartier s'est organisé en ligne pour garder contact. 

C'est d'ailleurs sur internet qu'Etienne Grimée a lancé son premier appel. «Je n'ai pas eu besoin de frapper aux portes, ça s'est fait tout seul». Les volontaires, voisins connus comme inconnus, ont alors eu la liberté de choisir comment se présenter. La seule condition était qu'il devait être à la porte d'entrée. 

Au total, 60 portraits ont été réalisés. Si la prise de vue était rapide, le photographe restait ensuite discuter. «Avec le déclencheur de l'appareil photo, c'était comme si j'avais aussi appuyé sur un bouton pour faire parler les gens». Des discussions de la vie quotidienne et anecdotes. «A la fin, les gens m'ont remercié de les avoir laissés parler», explique-t-il, touché.

Découverte de la lecture, premier pas d'un enfant, demande en mariage... Le confinement aura finalement été un moment spécial pour de nombreux résidents, comme a pu le constater Etienne Grimée. Et s'il était «parfois difficile de se retrouver», la crise sanitaire aura toutefois permis à certaines familles de se redécouvrir et partager un moment.

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