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Le confinement, générateur de stress
Luxembourg 2 min. 07.07.2020

Le confinement, générateur de stress

S'ils se sentent bien soutenus par le gouvernement, les résidents luxembourgeois affirment également se sentir seuls.

Le confinement, générateur de stress

S'ils se sentent bien soutenus par le gouvernement, les résidents luxembourgeois affirment également se sentir seuls.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 07.07.2020

Le confinement, générateur de stress

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Selon les chercheurs de l'Uni, les habitants du Grand-Duché seraient davantage préoccupés par la santé de leurs proches que par une éventuelle contamination au covid-19. Mais l'étude publiée lundi souligne aussi que les mesures restrictives prises par le gouvernement ont affecté leur moral.

La crise sanitaire laissera-t-elle des séquelles psychologiques? C'est à cette question qu'ont souhaité répondre les chercheurs du groupe de travail «Autorégulation et santé» de l'Université du Luxembourg. Au cours des six dernières semaines, l'équipe dirigée par les Pr Conchita d’Ambrosio et Claus Vögele a passé au crible pensées, inquiétudes et comportements des Luxembourgeois, mais pas seulement. Français, Allemands, Italiens, Espagnols et Suédois ont aussi été l'objet de cette étude menée aussi en mode international. Et il en retourne que, pour tous, le confinement a multiplié les facteurs de stress.

Parmi les principales sources d'inquiétude de la population étudiée se trouvent les finances, les projets d'avenir et la peur de tomber malade du covid-19. Les chercheurs notent toutefois des disparités. Ainsi, les Italiens et Espagnols sont davantage préoccupés par la perte de leur emploi. Au Luxembourg, si le taux de chômage a augmenté de plus de 33% en un an, les résidents se soucient surtout de la santé de leurs proches.


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La crainte de perte d'emploi gagne du terrain
Près d'un quart des résidents ont le sentiment que la crise covid-19 les précarise sur le marché du travail. Une crainte plus vive pour la génération des 35-54 ans, indique la dernière étude du Statec.

Si l'entourage est au cœur de leurs préoccupations, les résidents se disent en revanche moins inquiets à l'idée d'être contaminés par le covid-19 que les Espagnols (28.388 morts depuis le début de la crise sanitaire pourtant), les Italiens (29.920 morts) ou les Français (34.869 morts).

Une différence que les chercheurs expliquent notamment par la confiance des Luxembourgeois en leur gouvernement et dans les services de santé mis en place pour faire face à la pandémie. Cependant, malgré cette confiance, les résidents du Grand-Duché affirment se sentir seuls. Pour les chercheurs, cela montre qu'il est possible de ressentir une solitude, «même si l'on est bien soutenu par son réseau social». 

Pas de troubles mentaux, mais...

Selon l'Uni, les Luxembourgeois sont d'ailleurs plus nombreux à se dire  stressés. Loin devant leurs voisins français et allemands. Des résultats que les chercheurs observent également au niveau de la «santé mentale positive» des résidents. Autrement dit, la capacité à répondre à ses besoins, plutôt que la simple absence de problèmes de santé mentale, tels que l'angoisse, la dépression ou encore l'anorexie.

Le moral des résidents apparaît donc affecté, constat que fait également le Statec. L'institut national des statistiques, dans une étude publiée jeudi, affirmait en effet qu'un tiers des résidents considèrent que le confinement a eu des effets négatifs sur leur santé mentale. 

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