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Le commentaire: Faute avouée à moitié pardonnée…
Luxembourg 20.04.2016 Cet article est archivé

Le commentaire: Faute avouée à moitié pardonnée…

Xavier Bettel s'est expliqué en long et en large sur sa rencontre avec l'ancien agent du SREL André Kemmer. S'il ne doit plus craindre des conséquences politiques, son image en a pris un sérieux coup.

Le commentaire: Faute avouée à moitié pardonnée…

Xavier Bettel s'est expliqué en long et en large sur sa rencontre avec l'ancien agent du SREL André Kemmer. S'il ne doit plus craindre des conséquences politiques, son image en a pris un sérieux coup.
Chris Karaba
Luxembourg 20.04.2016 Cet article est archivé

Le commentaire: Faute avouée à moitié pardonnée…

Marc VANACKER
Marc VANACKER
Xavier Bettel a avoué mardi lors du débat d’actualité à la Chambre des députés avoir commis une faute. Alors faut-il lui pardonner ou plutôt insister sur son erreur d’appréciation ?

Par Marc Vanacker

L’affaire Bettel-Kemmer n’en a finalement pas été une. Du moins, c’est ce que l’on peut penser après les deux heures de débat mardi après-midi à la Chambre des députés. Ni l’ADR, ni le CSV n’ont voulu tirer de conclusions de cette affaire et ont refusé d’exiger que Xavier Bettel tire les conséquences politiques de son erreur. Aucune motion, ni même résolution n’a été déposée et le débat s’est clôturé de manière peu spectaculaire, avec un retour à l’ordre du jour classique, un peu comme si les accusations qui pesaient durant plus d’une semaine sur le Premier ministre du Luxembourg n’avaient jamais eu lieu.

Pourtant les accusations étaient graves : le CSV et l’ADR ont ni plus ni moins insinué que Xavier Bettel avait instrumentalisé la commission parlementaire d’enquête du SREL en 2013 dans l’unique but de faire tomber le Premier ministre de l’époque, Jean-Claude Juncker.

Xavier Bettel aura réussi à désamorcer toute l’affaire en avouant avoir commis une faute, une faute qui consistait à ne pas informer les membres de la commission parlementaire de sa rencontre avec André Kemmer. Et une faute avouée est à moitié pardonnée et cela, même l’opposition a dû l’accepter.

Reste que l’image de Xavier Bettel a été écorchée, comme l’a si bien souligné Claude Wiseler en fin du débat. Le gouvernement Bettel/Schneider/Braz avait comme ambition de tout faire mieux que le gouvernement précédent, de mieux communiquer, de jouer la transparence bref de redorer le blason de la politique en général. Cette ambition a pris un sérieux coup dans l’aile, mais comme l’a rappelé le ministre de la Justice, Félix Braz, mardi : «Xavier Bettel n’est pas un surhomme et chacun peut faire des erreurs ».

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