Changer d'édition

Le CHEM prêt à revoir la destruction de ses déchets
Luxembourg 3 min. 10.03.2020 Cet article est archivé

Le CHEM prêt à revoir la destruction de ses déchets

Le pays ne peut actuellement pas éliminer sur son territoire ses 600 tonnes de déchets médicaux.

Le CHEM prêt à revoir la destruction de ses déchets

Le pays ne peut actuellement pas éliminer sur son territoire ses 600 tonnes de déchets médicaux.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 10.03.2020 Cet article est archivé

Le CHEM prêt à revoir la destruction de ses déchets

Le Luxembourg ne dispose toujours pas d'unité de traitement pour les détritus issus des soins. Mais le Centre Emile Mayrisch et un partenaire privé vont, localement, expérimenter une nouvelle technologie d'ici la fin de l'année.

(pj avec Thomas Klein) Une part considérable des déchets produits dans les hôpitaux doit être éliminée en dehors du traitement «classique». Traitements chimiques, médicaments ou produits biologiques pouvant contenir des agents pathogènes : rien ne doit échapper à la filière. «Si, par exemple, un patient est atteint d'une maladie infectieuse, tous les matériaux et produits médicaux entrés en contact avec lui doivent être spécialement traités», explique ainsi Marcel Klesen, responsable des infrastructures et de la logistique au Centre hospitalier Emile Mayrisch (CHEM). 

Par la loi, les hôpitaux sont donc tenus d'éliminer correctement l'ensemble des substances potentiellement nocives issues de leurs services. Seulement, à l'heure actuelle, il n'existe aucune installation d'élimination des déchets médicinaux au Luxembourg qui puisse le faire. 


La Santé agit pour réduire son empreinte carbone
Le secteur des soins de santé ne fait pas exception, il impacte aussi le climat. Afin de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, le ministère de l'Environnement préconise la mise en place de concepts techniques de dernière génération.

Pour Marcel Klesen, ce manque s'explique simplement : «Le Luxembourg ne produit pas suffisamment de déchets médicaux pour atteindre la masse critique au-dessus de laquelle la construction d'une telle usine d'incinération de déchets dangereux vaudrait la peine». 

Aujourd'hui, le Grand-Duché générerait pourtant près de 600 tonnes de déchets médicaux par an. Une quantité prise en charge la plupart du temps par la société Lamesch chargée de collecte de ces déchets spécifiques et devant les diriger vers une usine d'incinération à 300 km du Grand-Duché, aux Pays-Bas.

Régulièrement des campagnes viennent rappeler combien il ne faut pas jeter ses médicaments aux ordures ou dans le réseau des eaux usées.
Régulièrement des campagnes viennent rappeler combien il ne faut pas jeter ses médicaments aux ordures ou dans le réseau des eaux usées.

Pareille solution n'est ni écologique, ni bon marché pour les hôpitaux. «En plus, la réglementation européenne stipule que chaque pays doit éliminer lui-même ses déchets dangereux. Le fait qu'elle soit autorisée à exporter est une exception absolue», plaide Daniel Tesch.

L'homme souhaite donc s'impliquer dans la réalisation du premier site de traitement spécifique aux déchets de soins du Luxembourg. Son business-plan s'appuie sur la technologie de «décomposition thermomagnétique». Les substances nocives se trouvent détruites via un champ magnétique extrêmement puissant combiné à une incinération à 500 degrés. 

«Cela rend le processus efficace sur le plan énergétique et aussi économique pour les petits volumes», explique Daniel Tesch, représentant la société brésilienne Oxys Soluçoes. En fin de processus ne resterait plus qu'une cendre inoffensive. Un matériau inerte pouvant même entrer dans la composition des revêtements routiers.

Trouver un site

Premier à faire confiance à cette technologie : le Centre Emile Mayrisch qui souhaite s'appuyer sur un site-test luxembourgeois pour juger de la qualité de cette filière. Les deux partenaires se sont donné six mois d'évaluation dans un premier temps. A charge également pour l'Institut luxembourgeois des sciences et technologies de veiller sur le processus pour sa conformité avec les normes environnementales locales.

Pour l'heure, le CHEM et Oxys Soluçoes ont officialisé leur partenariat. Mais dans les prochaines semaines, le représentant de la firme devra trouver le site qui accueillera son installation sur le ban national. Puis viendra la phase des procédures administratives distribuant les autorisations pour ce type de site industriel. Aussi, Daniel Tesch prévoit-il que sa centrale soit prête à entrer en fonction dans six mois, au plus tôt.

Oxys-Lux, filiale luxembourgeoise de la société brésilienne, ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Elle vise d'ores et déjà d'autres marchés voisins. «Le grand avantage de cette technologie est que le processus de décomposition nécessite beaucoup moins d'énergie externe. Cela le rend intéressant dans tous les endroits où l'énergie est rare ou coûteuse, c'est-à-dire loin des grandes agglomérations, dans les marchés émergents ou sur les îles», explique ainsi Daniel Tesch.


Sur le même sujet

Le directeur médical du Chem claque la porte
Claude Birgen numéro deux du Centre hospitalier Emile Mayrisch (CHEM) a annoncé avec fracas son départ lors d'une réunion du conseil d'administration lundi 10 février. La raison de cette démission serait un désaccord avec le directeur général au sujet de la planification du «Südspidol».
CHEM - Centre Hospitalier Emil Mayrisch - Hôpital Princesse Marie-Astrid - Niederkorn -  - 08/01/2019 - photo: claude piscitelli
Déjà du retard pour le Südspidol
Le nouvel hôpital du Sud n'ouvrira pas ses portes avant 2026. L'annonce en a été faite par le ministre de la Santé, vendredi. Les premiers appels d'offres pour ce projet de 541 millions d'euros seront lancés en septembre prochain.
Lagaplan Südspidol