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Le CGDIS ne se transformera pas en casse
Luxembourg 3 3 min. 03.12.2021
Secours

Le CGDIS ne se transformera pas en casse

Utile de disposer de carcasses pour les exercices grandeur nature.
Secours

Le CGDIS ne se transformera pas en casse

Utile de disposer de carcasses pour les exercices grandeur nature.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 3 3 min. 03.12.2021
Secours

Le CGDIS ne se transformera pas en casse

Chaque année, les pompiers du Luxembourg démontent, cisaillent, noient sous la mousse près de 180 véhicules pour leurs formations. Trouver des "carcasses" pour se faire la main constitue donc un impératif.

(pj avec Steve REMESH) Non, le CGDIS n'a pas vocation à se muer en revendeur de pièces d'occasion pour automobiles. Pourtant, à l'arrière du nouveau centre d'intervention des services de secours (boulevard de Kockelscheuer  à Luxembourg), plus d'une centaine d'épaves de véhicules ont fait leur apparition. Autant de carcasses automobiles qui jusque-là en fait étaient conservées dans un hangar à Dudelange que les pompiers ont dû quitter. 


Plan díurgence aÈrodrome ñ simulation díaccident ‡ líaÈroport du Findel, avec les Pompiers, le SAMU, le 11 Octobre 2016. Photo: Chris Karaba
Une caserne pour les pompiers du Findel d'ici 2023
Afin d'accueillir le matériel spécifique et les effectifs d'intervention propres aux installations de l'aéroport, les sapeurs n'ont plus qu'à patienter encore treize mois, dixit la ministre de l'Intérieur Taina Bofferding.

Mais pas question pour les ''soldats du feu'' de se débarrasser de ces engins cabossés. Tous auront en effet, un jour ou l'autre, une utilité pour assurer une formation au secours routier. A charge même pour Pierre Lux, chef du département logistique de l'Institut national de formation des sapeurs-pompiers (INFS) de veiller à toujours disposer de suffisamment de modèles en stock au fil des mois. «En principe, jusqu'à trois véhicules sont démontés par stage», précise-t-il. Et à raison d'une soixantaine d'initiations par an, il en faudra des ''bagnoles".

Et si ces voitures n'ont plus guère de valeur, elles restent précieuses aux yeux d'Yves Marx, chef du département technique de l'INFS. C'est grâce à elles que les jeunes recrues ou les personnels plus expérimentés vont se faire la main avant d'intervenir ''pour de vrai'' sur des accidents de la route. Et les connaissances à découvrir (ou à rafraîchir) ne manquent pas : «Comment aborder un véhicule dans lequel se trouvent des blessés? Quels sont les dangers potentiels? Où couper la carrosserie? Comment se protéger des airbags actifs? Comment s'y prendre pour arracher pédales ou volants qui peuvent gêner pour le brancardage?» Autant de questions qui trouvent réponses au fil des formations, de l'expérience.

Pour bien apprendre, un protocole précis a été mis en place. Avec d'abord la découverte des ''bons gestes'' sur des véhicules encore sur leurs quatre roues, et ensuite mis en situation plus délicate (en équilibre ou grandement déformés). Comme dans la vraie vie...

Si auparavant chaque centre assurait plus ou moins bien ce type d'initiation ou de perfectionnement, il est certain que la centralisation née de la création du CGDIS a eu un effet bénéfique. «Déjà parce que cela permet au centre de ne pas avoir à mobiliser des engins ou du matériel qui pourraient être indispensables pour une urgence», notent les deux voix de l'Institut national de formation. Ensuite, cela libère les responsables locaux des contraintes organisationnelles de ce type de formation.


Le 112 s'est trouvé un nouveau toit
Le centre d'appels d'urgence luxembourgeois fonctionne désormais depuis Gasperich.

«Maintenant, les gens viennent à leur cours ici et tout a été préparé pour eux. Du pansement pour le cours de premiers secours à la voiture prête à être découpée. Et le soir, ils rentrent chez eux et quelqu'un nettoie tout!» En plus, désormais, plus de modèles peuvent servir à l'apprentissage. De la berline classique au gris SUV en passant par le modèle customisé style Fast & Furious ou encore la camionnette accidentée ou le poids lourd.

Et que deviennent ensuite les engins démontés, abîmés, torturés par les cisailles des pompiers? «Ils partent dans une filière de recyclage agréée, et le CGDIS ne fait aucun bénéfice avec ces véhicules», souligne Pierre Lux. «Que les gens se rassurent : ce n'est pas un nouveau secteur d'activité pour les services de secours». 

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