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Le bien-être des enfants en questions
Luxembourg 3 min. 13.05.2020 Cet article est archivé

Le bien-être des enfants en questions

Les études scientifiques démontrent que «l'isolement social a des conséquences à long terme et peut causer des dommages permanents»

Le bien-être des enfants en questions

Les études scientifiques démontrent que «l'isolement social a des conséquences à long terme et peut causer des dommages permanents»
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 13.05.2020 Cet article est archivé

Le bien-être des enfants en questions

Confinement au domicile, contacts interdits, fermeture des écoles, puis sorties à nouveau autorisées mais dans des conditions très particulières: comment les enfants vivent-ils les mesures sévères de lutte contre la propagation de l'épidémie? L'Université du Luxembourg a lancé une enquête.

(JFC, avec Michèle Gantenbein) - Au Luxembourg comme presque partout sur la planète, des mesures drastiques ont été prises pour tenter d'endiguer la propagation du coronavirus. Fermées depuis la mi-mars, les écoles et les garderies rouvrent progressivement leurs portes tout au long du mois de mai.  Après être restés confinés durant de nombreuses semaines à la maison, parents et enfants sont à nouveau autorisés à sortir, mais avec masque et distanciation sociale. Une situation qui affecte chacun sur le plan émotionnel, et en particulier les enfants, plus vulnérables.

Trois scientifiques de l'Université du Luxembourg ont lancé une enquête sur le bien-être des enfants en période de pandémie. L'experte en éducation Claudine Kirsch, la psychologue Pascale Engel et le sociologue Sascha Neumann sont tous les trois des parents et ont dû, comme tout le monde, trouver un équilibre entre l'enseignement à domicile, le télétravail et la garde des enfants. «Nous étudions dans quelle mesure la distanciation sociale couplée à l'enseignement à domicile produit un effet sur le bien-être des enfants», explique Claudine Kirsch.

65 questions en ligne

«Très peu d'études existent sur ce sujet», constate Claudine Kirsch, mais les rares qui ont été publiées montrent assez clairement que «l'isolement social a des conséquences à long terme et peut causer des dommages permanents.» Elles établissent «une forte probabilité que les enfants développent de l'anxiété et de la dépression» et montrent également que «les enfants qui affichent une propension à un comportement dépressif en ressentent des séquelles plusieurs années plus tard.»

Le bien-être des jeunes âgés de 6 à 16 ans est analysé à travers un questionnaire en ligne auquel les enfants peuvent accéder et répondre jusqu'au 20 juin. Si le consentement des parents est obligatoire, «il est clair que nous voulons vraiment connaître l'opinion des enfants eux-mêmes, et non celle des parents, sur le bien-être des enfants», explique Mme Kirsch. Le questionnaire comporte 65 questions. L'objectif est de savoir comment les enfants se sentent, s'ils sont stressés et si oui, dans quelle mesure ils le sont.

Déjà rien que lors de la confection des questionnaires, les scientifiques ont acquis des expériences préliminaires intéressantes. «Nous avons notamment constaté que les masques de protection font peur aux enfants, souvent parce qu'ils leur rappellent l'hôpital», relate Mme Kirsch. Selon la scientifique, le fait qu'ils puissent utiliser un foulard comme alternative pourrait constituer «une solution pour les enfants plus âgés», tandis que «les jeunes enfants dépendent des expressions faciales de leur homologue pour se sentir en sécurité.»  

Premiers résultats espérés en octobre

Le questionnaire en ligne existe dans cinq langues, car l'objectif ultime est d'interroger autant les mineurs vivant au Luxembourg que dans les pays frontaliers. En outre, le questionnaire a également été envoyé à des universités et à des enseignants en Angleterre, en Suisse, au Portugal, au Brésil et aux États-Unis afin d'établir de potentielles comparaisons. Après le 20 juin, les premières informations seront analysées et filtrées, afin de dégager précisément ce qui a causé des problèmes aux enfants. Dans un second temps, des études ultérieures sur des points spécifiques pourraient aussi être lancées.

Claudine Kirsch espère recueillir les premiers résultats en octobre. Ils seront transmis au ministère de l'Éducation nationale ainsi qu'aux autres acteurs qui jouent un rôle central dans l'éducation des enfants.

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