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Le bien-être des enfants comme «priorité absolue»
Luxembourg 5 min. 15.12.2020 Cet article est archivé

Le bien-être des enfants comme «priorité absolue»

Charel Schmit, 48 ans, est pédagogue de formation. Sa principale ambition consiste à gérer les conséquences de la pandémie sur les enfants et les adolescents.

Le bien-être des enfants comme «priorité absolue»

Charel Schmit, 48 ans, est pédagogue de formation. Sa principale ambition consiste à gérer les conséquences de la pandémie sur les enfants et les adolescents.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 5 min. 15.12.2020 Cet article est archivé

Le bien-être des enfants comme «priorité absolue»

Anne-Sophie DE NANTEUIL
Anne-Sophie DE NANTEUIL
Quelques jours après sa nomination au poste de Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (OKaJu), Charel Schmit évoque ses ambitions pour une mission qu'il souhaite mener à bien. Un projet quelque peu bouleversé par la pandémie.

Vous avez été élu Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (OKaJu) avec 75% des voix des députés, début décembre. Comment les avez-vous convaincus ? 

Charel Schmit - «Mon projet consiste à faire des droits de l'enfant une priorité numéro un au Luxembourg. L'objectif est de viser un triple A en la matière, ce qui n'est pas encore le cas à l'heure actuelle. 


Der Staatsanwaltschaft wurden zwischen Mitte März und Mitte Juli 75 Fälle übermittelt, in denen Gewalt gegen ein Kind angewandt wurde.
Les infractions graves contre les enfants se multiplient
La pédopornographie est dans le collimateur de la Justice mais de manière générale, les affaires d'abus sexuels et de maltraitance d'enfants ont donné lieu à l'ouverture de 182 nouveaux dossiers de plus en un an.

Au-delà de la référence à la notation de la Place, qu'est-ce que cela signifie concrètement pour les enfants ?  

«Le but est de faire du Luxembourg, un pays en parfaite conformité avec la convention relative aux droits de l'enfant. Lors de la ratification de cette dernière il y a près de 30 ans, le Grand-Duché avait émis des réserves sur quatre articles. Il est donc impératif de les lever dans les mois à venir. Le chantier est conséquent. 

Par quoi allez-vous donc commencer ? 

«Ma priorité absolue sera certainement liée à l'actualité, à savoir observer les conséquences de la pandémie sanitaire. Cela se fera à deux niveaux. D'une part, il sera nécessaire de se pencher sur le bien-être des enfants. Car la crise, l'école à domicile, mais aussi les activités de loisirs restreintes ont eu un impact majeur sur leur santé, c'est indéniable. D'autre part, une fois la pandémie révolue, il sera important de tout faire pour permettre aux enfants et adolescents de bénéficier de leurs droits aux loisirs. Ce sera ma priorité, car ce sujet n'a épargné personne. Il touche tous les enfants, toutes les classes d'âge, toutes les catégories sociales. 


Junge Menschen sind zwar oft asymptomatisch, leiden aber dennoch an den Folgen der Pandemie.
«L'importance du contact social entre adolescents»
Les conséquences du confinement, les bienfaits du sport ou encore l'importance de maintenir des liens sociaux, le docteur Salima Aarab évoque le mal-être des plus jeunes. «Ce n'est pas parce qu'ils ne présentent généralement aucun symptôme qu'ils ne souffrent pas de la pandémie.»

Votre expérience d'ancien président de Caritas notamment vous a permis de rencontrer de nombreux jeunes en situation précaire. Feront-ils également partie de vos urgences?   

«Bien sûr. D'autant plus que le covid a également eu des conséquences au niveau social et donc sur la pauvreté. A l'heure actuelle, sur les 22.000 bénéficiaires du REVIS, un tiers sont mineurs. Autrement dit, des enfants et adolescents qui vivent dans des ménages considérés comme précaires. Avec la crise, il sera donc primordial de surveiller ce taux. Il ne faut pas oublier que beaucoup de parents ont perdu leur emploi. Les véritables conséquences ne se verront néanmoins pas dans l'immédiat, mais sur le long terme.  

Avec le confinement, les violences domestiques ont également augmenté par rapport à l'année dernière... 

«Il va falloir être vraiment vigilant. L'hiver va être long. La crise a néanmoins permis de développer une relation inédite entre les établissements scolaires et les familles, c'est-à-dire entre les instituteurs, les élèves et leurs parents. Les enfants peuvent donc trouver aisément une oreille en cas de besoin. Il existe aussi de nombreux services et instances à disposition des jeunes qui subissent des violences. Cela dit, il serait peut-être bon d'améliorer encore leur communication pour que les jeunes n'hésitent pas à les contacter en cas de besoin. J'espère que nous développerons cette initiative. 

Les enfants et adolescents ne feront pas partie des personnes prioritaires pour bénéficier du vaccin. Quelle est votre position à ce sujet ? 

«Le conseil national d'éthique a rendu un avis. Je pense qu'effectivement, les enfants ne sont pas la population la plus vulnérable en ce moment. Il y a néanmoins très certainement des groupes d'enfants en situation particulière, par exemple, atteints d'une maladie chronique. Mais je ne me suis pas encore penché sur la question. Il me semble cependant important de miser sur le système de santé, à savoir d'offrir les mêmes possibilités à tous et de faire confiance aux instances qui valident le vaccin. 

Depuis le mois d'avril, l'OKaJu est rattachée à la Chambre des députés. Qu'est-ce que cela signifie concrètement pour l'entité ?

«Mes prédécesseurs ont joué un rôle de pionnier. Depuis cette année, l'OKaJu a enfin reçu la base légale qu'elle mérite, c'est-à-dire une entière indépendance. Cette neutralité et cette indépendance sont primordiales pour notre travail. 

Comment imaginez-vous cette indépendance ? 

«Désormais, nous allons bénéficier de ressources supplémentaires. Grâce au budget alloué par le Parlement et qui devrait être voté très prochainement, nous allons pouvoir travailler librement. En 2021, nous allons également pouvoir recruter quatre personnes pour agrandir l'équipe et développer notre organisation. L'OKaJu doit notamment faire davantage de sensibilisation. 

Cette indépendance nouvelle nous permettra également de rendre des avis concernant l'ensemble des projets de loi qui concernent les enfants. Jusque-là, ce retour était facultatif, uniquement effectué à la demande du gouvernement. Désormais, c'est une obligation. Pour nous, le travail qui nous attend sera donc conséquent, mais c'est là aussi que se trouvera notre plus-value. Nous serons là pour juger de l'impact des potentielles futures lois sur les enfants et si besoin, nous pourrons veiller à améliorer la situation.»

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