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Le 21 mai, la Rockhal ne ressemblera pas à ça
Luxembourg 4 min. 08.05.2021

Le 21 mai, la Rockhal ne ressemblera pas à ça

Le responsable de la Rockhal, Olivier Toth, échange un maximum d'informations avec les autres organisateurs de concerts en Europe. But : démontrer qu'un show n'est pas un cluster "quand il est bien guidé".

Le 21 mai, la Rockhal ne ressemblera pas à ça

Le responsable de la Rockhal, Olivier Toth, échange un maximum d'informations avec les autres organisateurs de concerts en Europe. But : démontrer qu'un show n'est pas un cluster "quand il est bien guidé".
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 08.05.2021

Le 21 mai, la Rockhal ne ressemblera pas à ça

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pour sa réouverture, la salle de concert se contentera de 1.000 spectateurs. Tous assis, masqués et testés! Mais pour le directeur Olivier Toth , il est d'abord question de "redémarrer la magie".

C'est bon, c'est fait : les salles de spectacle du Luxembourg vont pouvoir rouvrir en grand. Dès le 16 mai avec la vague d'autres assouplissements. Oh pas totalement, mais en grand. Pas comme avant, mais en grand. Et à peine l'annonce tombée que la Rockhal levait le doigt pour organiser le premier «concert-pilote». Avec un Luxembourgeois à l'affiche: Serge Tonnar. Mais avant de rebrancher projecteurs et micros, petit tour de salle avec le directeur Olivier Toth. 

Quel est le sentiment qui domine à l'approche de ce premier grand concert depuis... des mois? 

Olivier Toth : «Je dirais d'abord dans l'enthousiasme de redonner une pulsation nouvelle. Mais pour cela je sais qu'il y a encore du travail à faire pour ce concert mais aussi tous ceux qui vont suivre. Pour la date du 21 mai, en l'état, nous allons devoir imaginer comment organiser au mieux un spectacle qui donne de bonnes vibrations à tous les participants, artistes, techniciens, spectateurs. En fait, le virus est devenu un élément de plus dans une équation avec plein d'inconnues qui, au final, doivent donner comme résultat : un super live. 

Pour cette soirée, nous partirons sur une jauge maximale de 1.000 personnes, en mode assis, avec distanciation de deux mètres à respecter mais avec une possibilité de regrouper des groupes de quatre personnes maximum. C'est pas l'idéal, j'en conviens. Mais il faut se souvenir que quand nous avons repris les premiers live, mi-février, il fallait se contenter de 100 spectateurs. Là, c'est déjà dix fois plus!»

Quels sont justement les retours d'expérience de ces soirées Because music matters

«Très positifs. Les musiciens ont été ravis, les techniciens ont retrouvé le plaisir de travailler et surtout le public a été super réceptif. Militant en venant, responsable en se présentant au testing à l'entrée et encourageant pour organiser de futurs événements. Dans un sondage que nous avons fait, 70% des spectateurs ont dit qu'ils avaient pris leur billet pour nous encourager, et 90% ont dit qu'ils étaient prêts à revenir dans ces conditions. En organisant ces quatre concerts d'affilée, nous voulions aussi démontrer que les salles de concert, bien gérées, ne se transformaient pas en cluster. Et cela a été le cas : aucune infection n'a été signalée à la suite des concerts et cela alors même que nous avons eu confirmation par la suite que certains spectateurs étaient porteurs de légères charges virales le soir du concert.

Voilà qui a dû rassurer le ministère de la Santé...

«Oui, et celui de la Culture aussi. Les deux vont de pair sur le chemin que nous découvrons désormais. Pour la soirée du 21 mai prochain, le dispositif sanitaire sera allégé. Pas levé. Il faudra toujours présenter un test négatif ou passer un test rapide sur place. Par contre, fini le test PCR contrairement aux soirées de février.

Indochine devrait être la tête d'affiche d'un concert-test donné à Paris le 29 mai prochain. 5.000 fans pourront y assister dans l'enceinte de Bercy.
Indochine devrait être la tête d'affiche d'un concert-test donné à Paris le 29 mai prochain. 5.000 fans pourront y assister dans l'enceinte de Bercy.
Photo : Serge Waldibilig

Mais ce que nous observons ici est aussi important pour toute l'activité du spectacle. Au Grand-Duché, comme pour les prochaines Francofolies, mais aussi pour que toute cette branche artistique et économique reprenne. Bien sûr que nous avons suivi attentivement les concerts debout organisés à Liverpool ou Barcelone et ailleurs. Et entre partenaires européens d'Arena Resilience, nous avons décidé de mettre toutes nos données en commun. Tambouriner à la porte des ministres et réclamer aux autorités de réouvrir pour de bon ne sert à rien en cette période où la peur règne encore. Il faut avoir des chiffres, des preuves et convaincre. Presque scientifiquement, je dirais.

Et comment la Rockhal envisage-t-elle les prochaines dates?

"Nous y travaillons intensément déjà. Pour l'instant, il est encore très difficile de décrocher de grosses têtes d'affiche. Les tourneurs hésitent à réserver des séries de dates à travers l'Europe alors qu'ils ne sont pas certains des conditions imposées d'un pays à l'autre, les règles de quarantaine en place, les jauges légales des différentes salles, la possibilité de voir se fermer telle frontière du jour au lendemain, de voir un personnel du roadcrew ou un artiste être contaminé, les complications en termes d'assurance...


Les Francofolies d'Esch, enfin
La première édition n'a pu avoir lieu (covid oblige), la seconde est annoncée du 11 au 13 juin. Mais avant qu'Yseult, Camélia Jordana, Philippe Katerine ou Feu! Chatterton ne se produisent, il va encore falloir causer du virus.

Par contre, nous nous rapprochons aussi d'artistes ou de groupes qui seraient tentés par des formules one shot : une date ici, une date là et pas forcément une tournée avec trente dates gravées dans le marbre. Qui sait, la Rockhal va peut-être multiplier les concerts Because music matters encore quelque temps. Mais à chaque fois, ce qui rendra la soirée magique et inoubliable, c'est le confetti de génie qui sera déposé dans la musique. Le virus ne doit pas venir gâcher cette fête.»




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