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«L’anglais devient la ‘lingua franca’ du monde économique»
Luxembourg 2 4 min. 28.11.2017 Cet article est archivé
Lancement de Luxembourg Times

«L’anglais devient la ‘lingua franca’ du monde économique»

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«L’anglais devient la ‘lingua franca’ du monde économique»

Linda CORTEY
Linda CORTEY
Jim Robinson, rédacteur-en-chef de Luxembourg Times, détaille les ambitions de ce nouveau média luxembourgeois. Uniquement en ligne, «LuxTimes» sera dédié aux résidents anglo-saxons à la recherche d’informations complètes sur le Luxembourg et son actualité.


Interview: Linda Cortey

Jim Robinson, rédacteur-en-chef de Luxembourg Times, détaille les ambitions de ce nouveau média luxembourgeois. Uniquement en ligne, «LuxTimes» sera dédié aux résidents anglo-saxons à la recherche d’informations complètes sur le Luxembourg et son actualité.

Qu’est-ce que Luxembourg Times apporte de plus dans le paysage médiatique luxembourgeois ?

Nous nous adressons aux lecteurs anglophones. Jusqu’à présent, il y avait des médias anglophones mais ils n’étaient pas assez bons sur l’information économique et financière ou politique. Si un anglophone cherchait une information sur une réforme fiscale importante ou sur un débat à la Chambre des députés, il devait attendre qu’une traduction soit faite ou qu’un «big four» fasse un dossier sur le sujet. Mais cela n’avait rien de journalistique.

Quelle est votre ambition journalistique ?

Nous publierons surtout des articles longs, de fond. Le genre d’articles grâce auxquels un lecteur sera capable de comprendre complètement l’information, sans forcément avoir de connaissances antérieures. Dans l’idéal, nous intégrerons des vidéos, des datas dans ces articles. Ils auront vocation à rester en ligne longtemps. Nous proposerons aussi des brèves, mais de façon plus limitée.

Vous ne recherchez pas les scoops ?

Nous serons satisfaits si nous avons des exclusivités mais nous produirons surtout des analyses, des articles de fond.

Le Luxembourg a-t-il vraiment besoin d’un média anglophone qualitatif ?

Oui. Ce qui a poussé Saint-Paul Luxembourg (la maison-mère de Luxembourg Times et du Luxemburger Wort, ndlr) à lancer «Lux Times», c’est que la direction a bien perçu le glissement vers l’anglais au cours des dix dernières années. L’anglais devient la «lingua franca» du monde économique, on entend aussi beaucoup parler anglais dans la rue. Le site anglophone du Wort a également connu une croissance régulière. On voit bien qu’il y a une hausse de la demande d’informations en anglais. Aujourd’hui, il y a environ 60.000 anglophones qui vivent au Luxembourg et on estime qu’il y a plus de 100.000 résidents qui lisent aisément l’anglais.

Vous êtes donc confiant sur la réussite d’un tel projet ?

Bien sûr. Depuis le mois de septembre, nous avons déjà réorienté le site internet du Wort en anglais. Nous proposons plus d’articles économiques, des articles de fond. Face au succès de ces premières évolutions, je suis convaincu qu’il y a une vraie demande pour ce que nous allons proposer.

Quel sera le business model d’un tel site d’information?

C’est l’autre originalité de notre projet. Nous fonctionnons avec un abonnement. Une partie de nos articles ne sera consultable que pour les abonnés. Il y a deux sortes d’abonnements possibles. Chaque individu peut s’abonner mais les entreprises peuvent également souscrire un abonnement pour tous leurs salariés. Dans un premier temps, tous les articles seront gratuits, afin que les lecteurs puissent en voir la qualité. Ensuite, à partir de janvier, le «paywall» sera installé.

Les journalistes de Luxembourg Times.
Les journalistes de Luxembourg Times.
Guy Wolff

Votre équipe est composée de journalistes chevronnés mais qui ont surtout travaillé à l’étranger. Comment comptez-vous couvrir l’actualité luxembourgeoise ?

L’une de nos journalistes, Barbara Tasch, est luxembourgeoise. Le reste de l’équipe travaillait auparavant pour différents médias dans le monde entier. C’est le propre du métier de journaliste que de s’intéresser à son environnement. Ce sont tous des journalistes qui ont vécu dans différents pays et qui savent couvrir un environnement nouveau.

Vous-même, vous êtes Américain.

Oui. Je suis originaire d’Idaho, J’ai grandi dans les montagnes américaines, à une heure du Canada. Mais je ne vis plus aux Etats-Unis depuis plus de 20 ans. Lors de mes études, je suis allé une fois avec des amis depuis l’Idaho jusqu’à Mexico. A l’époque, j’étais président d’une association qui envoyait de l’aide humanitaire en Amérique centrale. Grâce à cette association, j’ai pu séjourner chez un journaliste de Mexico. J’ai été très impressionné par son travail. J’ai fini mes études mais je passais mon temps à demander un job au rédacteur-en-chef. Et j’ai finalement eu un job à Mexico. J’ai ensuite travaillé dans plusieurs pays : l’Irlande, l’Espagne puis l’Angleterre. A Londres, j’ai travaillé pour le Financial Times puis pour un magazine spécialisé, Invesment & Pensions Europe.

Venant de Londres, quelle image aviez-vous du Luxembourg ?

Je n’avais que peu d’idées de Luxembourg en tant que pays, en fait. Mais j’aime découvrir de nouveaux pays, apprendre de nouvelles langues. Je me suis installé au Luxembourg avec ma femme et mes enfants. Nous sommes une famille aventureuse. Saint-Paul Luxembourg nous a invités à venir au Luxembourg. Dès ce moment, il était clair que Saint-Paul avait beaucoup d’ambition pour ce projet. J’ai accepté la proposition et nous avons déménagé en six semaines. 

Plus d'information: www.luxtimes.lu


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