Changer d'édition

La violence domestique n'en finit plus de progresser
Luxembourg 2 min. 27.05.2020 Cet article est archivé

La violence domestique n'en finit plus de progresser

Dans 68% des cas, les auteurs d'une agression sont de sexe masculin.

La violence domestique n'en finit plus de progresser

Dans 68% des cas, les auteurs d'une agression sont de sexe masculin.
Photo: dpa
Luxembourg 2 min. 27.05.2020 Cet article est archivé

La violence domestique n'en finit plus de progresser

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
Le port d'un bracelet électronique pour l'auteur, la poursuite de la hotline ou la réforme de la loi, la ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes planche sur différentes mesures pour tenter d'éradiquer ce phénomène en hausse, selon les chiffres 2019 dévoilés mercredi.

1.692 dossiers de violence domestique ont été répertoriés durant l'année 2019 a annoncé, mercredi, Taina Bofferding (LSAP), ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes, devant les députés. Le dernier rapport du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence évoque notamment l'intervention de la police à 849 reprises.

Par rapport à l'année 2018, il s'agit d'une augmentation de 110 cas. La tendance est identique pour le nombre des expulsions autorisées par le parquet (+34) et les victimes répertoriées dans le cadre des interventions policières (+248). En moyenne, la police est intervenue 70,5 fois et a procédé à 22 expulsions par mois. 

Sans surprise, dans plus de six cas sur dix, les victimes sont des femmes et dans près de sept cas sur dix, l'auteur de l'agression est un homme. Des chiffres interpellants qui ont poussé les députés à se renseigner sur une adaptation de la législation nationale concernant la violence domestique. 


Féminicide au Luxembourg - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Les féminicides s'invitent sur les murs de la capitale
Des messages anonymes affichés dans la capitale rappellent que dans le domaine des violences faites aux femmes, la honte est souvent du côté des victimes. En pleine Orange Week, le message interpelle.

Si Taina Bofferding a souligné que le Luxembourg était doté «d'une loi très sévère en la matière», elle a ajouté qu'un groupe interministériel mais aussi des représentants du parquet et de la police «analysent quels éléments pourraient être améliorés, voire réformés».

Quant à la hotline mise en place durant le confinement, la ministre a précisé qu'une évaluation était prévue, elle n'a pas écarté l'idée que ce service soit maintenu à long terme. Par contre la mise sur pied de l'Observatoire de la violence, qui doit permettre de récolter de manière plus professionnelle les statistiques, prendra encore un peu de temps. La ministre a reconnu qu'il avait pris du retard à cause de la crise sanitaire du covid-19.  

Enfin, la demande de Françoise Hetto-Gaasch (CSV) d'instaurer dans les meilleurs délais le bracelet électronique comme moyen de protection des victimes a été accueillie favorablement notamment par Sam Tanson (Déi Gréng).  La ministre de la Justice a d'ailleurs rappelé que ce système est déjà utilisé dans le cadre du contrôle judiciaire et de la libération anticipée. 

Un groupe de travail va donc plancher sur les possibilités de mettre en place un bracelet électronique pour les auteurs de violences domestiques. L'idée de mettre en place un outil d'autoévaluation (violentomètre) permettant d'évaluer la toxicité d'une relation et ainsi prévenir les violences domestiques a été évoquée.    


Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Les violences domestiques restent dans le viseur
Outre les conséquences psychologiques, la crainte d'une augmentation des violences au sein des foyers reste au cœur des préoccupations. Et notamment de celles de la ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Mardi, Tania Boefferding a ainsi annoncé renforcer les mesures mises en place durant le confinement.
Les violences domestiques en légère hausse
Par rapport à l'année précédente, il y a eu plus de cas de violence domestique au Luxembourg en 2019. Cependant, l'augmentation tant redoutée pendant le confinement ne s'est pas produite.
La violence domestique a su se faire discrète
Mise en place dès le début du confinement, la helpline dédiée aux violences domestiques n'a pas explosé sous les appels. Mais du côté des professionnels, pas question d'estimer que ce calme relatif signifie que coups, injures et brimades n'ont pas perduré.
Aggressive parent. Father's shadow yelling on a small child. Child is in distress.
A la recherche de réponses aux violences domestiques
Les pistes exposées, mercredi à la Chambre, d'une application mobile pour les personnes exposées aux violences et d'un bracelet électronique pour leurs auteurs ont été accueillies positivement par les ministres de la Justice et de l'Egalité entre les femmes et les hommes.
Les récentes mobilisations contre les violences faites aux femmes ont appelé le gouvernement à innover en matière de protection des victimes.
Vers l'adoption du bracelet électronique
Adopté en Espagne et bientôt en France, le bracelet anti-rapprochement est évoqué par le gouvernement pour compléter l’éventail de mesures destinées à combattre le fléau des violences conjugales.
La loi a été adoptée au mois d'octobre. Le bracelet anti-rapprochement sera en service en France au début de l'année 2020 pour lutter plus efficacement contre les violences domestiques.