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La violence domestique en baisse au Luxembourg
Luxembourg 4 min. 09.06.2022
Rapport pour 2021

La violence domestique en baisse au Luxembourg

Taina Bofferding (LSAP), la ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a présenté ce mercredi le rapport du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence.
Rapport pour 2021

La violence domestique en baisse au Luxembourg

Taina Bofferding (LSAP), la ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a présenté ce mercredi le rapport du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 09.06.2022
Rapport pour 2021

La violence domestique en baisse au Luxembourg

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Un certain profil-type des victimes ainsi que des auteurs a pu être dégagé dans ce rapport qui note une baisse des interventions policières et des expulsions des auteurs.

Lors de la crise sanitaire, on n’a jamais autant entendu parler du phénomène des violences intrafamiliales. Pourtant, si les chiffres n'ont pas explosé ces dernières années, les confinements successifs ont permis de mettre en lumière ce mal qui concerne de trop nombreuses femmes. Une victime est déjà une victime de trop.


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Taina Bofferding (LSAP), la ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a présenté ce mercredi le rapport du Comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence. Il ressort notamment de celui-ci que l'année 2021 est la deuxième année consécutive où le Luxembourg a pu éviter la flambée redoutée des cas de violence domestique en lien avec la crise sanitaire et la première année depuis 2017 où une baisse des interventions policières et des expulsions des auteurs a pu être enregistrée.

«Poursuivre les efforts»

«Ensemble avec tous les acteurs de terrain, la police et les instances judiciaires, nous devons maintenir nos efforts pour renforcer la prise de conscience de la population par rapport à l’impact de violence domestique, tout en encourageant les victimes à briser le cycle de la violence, pour responsabiliser les auteurs et renforcer leur prise en charge et pour poursuivre notre lutte commune pour confirmer cette évolution positive», explique le ministère dans un communiqué.

Concrètement, en 2021, il y a eu 917 interventions policières ainsi que 249 expulsions. En ce qui concerne les interventions policières, c'est donc moins qu'en 2020, mais toujours plus que les années précédentes. Cela peut toutefois s'expliquer par les différentes initiatives mises en place afin de libérer la parole des victimes sur le sujet. À propos des expulsions des auteurs de violences domestiques, on constate que les données restent plus ou moins stables depuis 2015. Les expulsions étaient d'ailleurs bien plus élevées auparavant (375 expulsions en 2012).  

Le ministère précise que le nombre des victimes répertoriées dans le cadre des interventions policières est stable par rapport à 2020. Alors que ce chiffre était de 1.697 en 2020, les victimes ont augmenté de 15 pour se chiffrer à 1.712 en 2021. 

La question est désormais de savoir qui se cache derrière ces victimes? Un certain profil-type a pu être dégagé dans le rapport. On apprend notamment qu'une majorité des victimes (60,69%) sont des femmes. De plus, 389 victimes sont mineures contre 356 en 2020, ce qui représente une hausse par rapport à 2020. Enfin, les tranches d’âge de 35-40 ans, de 40-45 ans et des personnes âgées de plus de 50 ans sont les plus concernées et représentent à elles seules 39,72% des victimes. Par ailleurs, 16,76% des victimes ont plus de 50 ans.


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Les auteurs sont quant à eux majoritairement des hommes (67,69%). 3,81% des auteurs étaient quant à eux mineurs. Les catégories d’âge les plus représentées parmi les auteurs sont celles âgées de 30 à 45 ans. 19,19% des auteurs ont plus de 50 ans.

Et au niveau pénal? On apprend notamment que le Parquet de Luxembourg ainsi que celui de Diekirch ont été saisis de 1.420 dossiers de violence domestique, alors que, comme expliqué ci-dessus, la police grand-ducale est intervenue 917 fois en 2021. «La différence de 503 dossiers résulte de la prise en compte par le Parquet d’autres infractions au-delà de l’article 409 du Code pénal dans le cadre de ses obligations en matière de statistiques telles que prévues à l’article III de la loi modifiée du 8 septembre 2003 sur la violence domestique», explique le ministère dans son communiqué.

2.000 consultations pour les auteurs

La prise en charge des victimes ainsi que des auteurs a continué de se développer ces dernières années. En 2021, le SAVVD (Service d’assistance aux victimes de violence domestique) a effectué un total de 327 consultations et 3.304 appels téléphoniques pour assister les victimes. 

De son côté, le service Riicht Eraus (Service de consultation pour auteurs de violence domestique) a effectué un total de 2.000 consultations dans le cadre des expulsions et dans le cadre des autres voies d’acheminement. «Les auteurs pris en charge se différencient en effet par leur voie d’accès qui peut être de nature volontaire, sous contrainte judiciaire (dans le cadre d’un sursis probatoire, liberté provisoire, contrôle judiciaire, avertissement, jugement, injonction du tribunal de la jeunesse) ou dans le cadre des 249 expulsions en 2021».


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Cette baisse des chiffres a de quoi satisfaire la ministre Taina Bofferding qui a insisté sur le fait qu'il n'était pas question de relâcher les efforts déjà entrepris. «Les statistiques montrent qu'il y a eu beaucoup de cas enregistrés là où l'offre a été élargie», a lancé la ministre. «Derrière ces chiffres, il y a des personnes  qui subissent de la violence dans leur vie quotidienne. Notre objectif est de prendre soin de chaque victime, en adaptant constamment notre offre aux nouvelles situations et en même temps en travaillant intensivement avec les auteurs pour interrompre leur cycle de violence. La prévention est une composante essentielle au même titre que la sensibilisation. La violence domestique nous concerne tous car il s'agit d'un problème de société global. Fermer les yeux ou ne pas en parler assez est la pire des options.»

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