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La Ville s'offre un voyage dans le temps
Luxembourg 3 3 min. 04.12.2019

La Ville s'offre un voyage dans le temps

Le site atlas.lu est accessible depuis la fin du mois de novembre.

La Ville s'offre un voyage dans le temps

Le site atlas.lu est accessible depuis la fin du mois de novembre.
Capture d'écran
Luxembourg 3 3 min. 04.12.2019

La Ville s'offre un voyage dans le temps

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
A l'heure des grands travaux ancrés dans le XIXe siècle, la capitale se tourne vers son passé au travers d’un atlas historique, en version numérique bien entendu. De la ville forteresse étriquée à la métropole internationale, luxatlas.lu nous transporte de 1820 à nos jours.

S'immerger dans le passé et suivre les évolutions de la ville de Luxembourg d'un simple clic, c'est désormais possible. Et ce, grâce au site luxatlas.lu qui est accessible depuis le 28 novembre. Ce projet de l'Université de Luxembourg, dénommé VILLUX, est cofinancé par la Ville. L'outil numérique interactif retrace les évolutions de la capitale au cours des deux derniers siècles. Rencontre avec Steve Kass, le géographe informaticien qui conduit le projet.

 Steve Kass, quelle est l’origine du projet luxatlas.lu?

«C'est un projet initié en 2016. L'idée de base était de raconter le développement de la Ville, du XIXe siècle à nos jours. Le projet Luxatlas.lu, digital et interactif, répond à notre objectif qui était de tracer et d'analyser les conditions préalables et les caractéristiques du développement de la capitale. Cette idée est venue en consultant des atlas traditionnels avec la volonté de moderniser le concept.

 Cet atlas digital s'adresse au grand public, mais pas seulement

A qui est destiné cet atlas des temps modernes?

Au grand public, mais pas seulement. Cet outil s'adresse aussi à des chercheurs,  en histoire ou en géographie. A des étudiants aussi. Pour ce qui est de la recherche, tous les textes qui apparaissent sont issus de spécialistes reconnus et toutes les sources sont citées. D'autre part, certains services de la Ville peuvent s'en servir comme outil de planification. Nous pouvons aussi imaginer que l'Education nationale s'en serve comme support de cours.

A ce jour, le projet est-il arrivé à terme?

Non, pas vraiment. Notre contrat, je dis "nous" parce que je travaille avec une équipe, notamment un collègue (Martin Uhrmacher), a été prolongé de deux ans. Cette période va nous permettre d'enrichir cet atlas numérique et notamment d'y implanter de nouvelles informations, par exemple au niveau de l'habitat. Chacun peut désormais naviguer de 1820 à nos jours et découvrir comment ont évolué les maisons, comment le tissu urbain s'est constitué. A chaque fois que nous découvrons de nouveaux éléments, nous les implantons. Je pense notamment aux dernières photos aériennes datant de la Première Guerre mondiale que nous avons trouvées et que nous allons incorporer.

Envisagez-vous de remonter encore le temps et nous permettre de naviguer avant 1820?

Oui, c'est une volonté, mais le problème est que les cartes d'avant le XIXe siècle sont moins détaillées et que nous ne pouvons pas nous appuyer sur le cadastre.

Quelle a été votre méthodologie sans entrer trop dans les détails techniques?

Le premier aspect était de voir quels étaient les plans qui étaient à disposition, quelles étaient les échelles de ces plans pour ensuite identifier les maisons. Après la collecte, nous avons dû digitaliser toute cette matière, avant de la replacer dans un espace de référence géographique pour bien respecter toutes les couches. Imaginez-vous un oignon et ses couches superposées, c'est la même chose. Le chevauchement des couches de cartes de différentes références temporelles offre la possibilité de visualiser et de réaliser des analyses précises.

Côté technique, pour faire court, nous avons digitalisé toutes nos données puis nous les avons géoréférencées et implantées dans un système de bases de données géographiques. Cette base de données a ensuite été connectée avec une autre base de données qui contenait tout ce qui était historique.

L'atlas digital dédié à la capitale permet à chacun de découvrir les évolutions urbaines au fil de deux siècles. En attendant de remonter encore le temps.
L'atlas digital dédié à la capitale permet à chacun de découvrir les évolutions urbaines au fil de deux siècles. En attendant de remonter encore le temps.
Photo: Lex Kleren

Quelle est l'origine des illustrations que l'on retrouve dans votre atlas numérique?

En premier lieu, la photothèque de la Ville, mais nous nous sommes rendu compte que les particuliers disposaient de quelques beaux trésors chez eux. Nous sommes en contact avec certains pour les convaincre de contribuer au projet. Cet atlas est destiné à s'enrichir au fur et à mesure.

Avec de la vidéo par exemple?

C'est effectivement une idée. Notamment avec l'arrivée de la 5G qui nous permettra de gagner en fluidité.