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La vie de quartier (re)naît en version 2.0
Luxembourg 3 min. 24.04.2020

La vie de quartier (re)naît en version 2.0

En ces temps de pandémie, Internet brise les barrières entre voisins.

La vie de quartier (re)naît en version 2.0

En ces temps de pandémie, Internet brise les barrières entre voisins.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 24.04.2020

La vie de quartier (re)naît en version 2.0

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Malgré les mesures strictes en vigueur depuis plus d'un mois pour lutter contre la pandémie, les réseaux sociaux font naître de nouvelles relations de voisinage. Un moyen de venir en aide aux plus fragiles face au virus, mais aussi de créer du lien.

Et si les mesures d’éloignement vous rapprochaient de vos voisins? Si le quotidien des résidents a été bouleversé par les mesures de distanciation sociale, les obligeant à adopter de nouvelles habitudes, la vie de quartier virtuelle a elle trouvé son rythme de croisière. Et bat désormais son plein. Car si le confinement oblige les résidents à rester cloîtrés chez eux, certains ont trouvé la parade et utilisent les réseaux sociaux pour faire tomber les murs.  

A défaut de pouvoir se rencontrer, tout se passe donc par écran interposé. Pour aider les plus vulnérables face à la pandémie - qu’il s’agisse de personnes âgées, malades ou isolées - les groupes d’entraide fleurissent sur la toile, notamment sur Facebook. Au Luxembourg, Volunteer help against Corona – LuxembourgCorona-Virus-Hëllef Lëtzebuerg ou encore Luxembourg Expats Coronavirus support group constituent quelques-uns des plus importants. Les internautes y postent ainsi des annonces pour proposer leur aide, échanger des informations ou simplement partager un bon plan. 

Recréer une vie de quartier  

Des initiatives individuelles ou communautaires qu'a souhaité regrouper en un seul site Philippe Gruber, CEO de l'agence de communication Fish and Chips. Baptisée Toussolidaires.lu, cette nouvelle plateforme accueille tous ceux qui souhaitent proposer bénévolement leurs services, mais aussi toutes les demandes des personnes qui recherchent une assistance en ces temps de crise. A ce jour, 125 annonces - dont 117 propositions d'aide - ont d'ores et déjà été mises en ligne. Un site entièrement bénévole, avec un unique objectif, celui de mettre en contact ces personnes.   

Car connaître les habitants de son quartier apparaît comme d'autant plus difficile au vu des importants mouvements migratoires que connaît le pays depuis plusieurs décennies. En 2019, pas moins de 13.000 nouveaux résidents se sont installés au Grand-Duché, soit un peu plus que la population de la commune de Bettembourg, huitième commune la plus peuplée du pays. Autant donc de potentiels nouveaux voisins inconnus.  

«Plus personne ne se connaît», regrette ainsi une résidente de la capitale, fondatrice du groupe Facebook «Gasperich solidaire», créé fin mars. Cette journaliste, qui réside depuis 28 ans dans le quartier de la capitale, se dit ainsi motivée par la volonté de proposer un espace d'échange pour «les bonnes idées et les bonnes volontés». Mais au-delà de ces échanges digitaux, il y a surtout l'envie de «créer des liens» entre les habitants. Alors que la vie sociale est suspendue, le groupe offre ainsi une vie de quartier 2.0, dans une Luxembourg-Ville en pleine mutation.

Et ces dernières semaines, ces groupes privés entre voisins fleurissent un peu partout. «Nous avons créé un groupe Whatsapp pour prendre des nouvelles entre voisins, partager un café virtuel ou juste se donner le moral», explique ainsi une habitante du Rollingergrund qui assure «ne pas connaître tout le monde, mais un apéro en ligne est prévu dans les prochains jours.» Le confinement pourrait donc bien marquer la transition vers de nouveaux modes de vie. Et vu que la fête des voisins, prévue initialement le 29 mai prochain, est supprimée, elle prendra cette année une tout autre forme.   

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