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La vie de bureau version digitale «ne va pas de soi»
Luxembourg 4 min. 19.01.2021 Cet article est archivé

La vie de bureau version digitale «ne va pas de soi»

A défaut de pouvoir retrouver ses collègues, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à proposer des «coffee breaks» virtuels.

La vie de bureau version digitale «ne va pas de soi»

A défaut de pouvoir retrouver ses collègues, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à proposer des «coffee breaks» virtuels.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 19.01.2021 Cet article est archivé

La vie de bureau version digitale «ne va pas de soi»

Anne-Sophie DE NANTEUIL
Anne-Sophie DE NANTEUIL
A l'heure où le travail à domicile se généralise, les entreprises tentent de ne pas tomber dans le piège du tandem «boulot, dodo». Et redoublent d'efforts pour mettre en place une nouvelle forme de vie d'entreprise.

Avec le télétravail, fini les pauses café, discussions de couloirs ou déjeuners informels entre collègues. Mais la vie d'entreprise appartient-elle au passé pour autant ? A en croire les responsables des ressources humaines, la vie de bureau digitale serait bel et bien possible, bien que compliquée. Un défi dont les prémices ont néanmoins vu le jour dans les grandes entreprises du pays dès la mise en place du travail à domicile.


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Les fêtes de fin d'année ont également été l'occasion de lancer des «initiatives festives», souligne Karin Scholtes, directrice de la communication de la BIL. Au sein de la banque, un concours digital de pulls de Noël, la création de playlists participatives ou encore des «coffee breaks» virtuels ont ainsi été organisés. 

Si certaines activités extraprofessionnelles sont par nature périodiques, d'autres sont en revanche amenées «à perdurer tout au long de l'année», souligne la porte-parole de la banque. Au sein de PwC, cette nouvelle manière de faire s'est ainsi traduite par des cours de yoga en ligne ou le visionnage de matchs entre collègues. Mais, covid oblige, chacun derrière son écran. L'objectif est ainsi de maintenir «une vie de bureau», souligne Lieven Lambrecht, directeur RH du cabinet d'audit et de conseil qui emploie quelque 2.900 salariés au Luxembourg.  

Une option pour laquelle n'a toutefois pas opté ArcelorMittal, cinquième plus gros employeur du pays. Mais si ce genre d'événements n'est «plus très en vogue», admet Pascal Moisy,  directeur de la communication, pas question de supprimer toute vie d'entreprise pour autant. Certaines équipes, assure-t-il, organisent ainsi des réunions virtuelles «non business». De nouvelles initiatives à la charge des managers visant à inciter les salariés à garder le contact entre collègues autour de sujets divers et variés. Une version 2021 de la pause à la machine à café, en somme.

Mais ce passage du contact personnel aux rencontres virtuelles ne va néanmoins «certainement pas de soi» aux yeux de Laurence Fransen, directrice des ressources humaines de Bâloise. En effet, si les échanges entre collègues se font relativement naturellement dans les couloirs de l'entreprise, la démarche prend une tout autre dimension en ligne. Dans ce cadre, la compagnie d'assurance a donc mis en place des formations visant à apprendre aux responsables à gérer leur équipe à distance, mais propose aussi, à ceux qui le souhaitent, des programmes «de santé et bien-être digitaux».

Revers de la médaille

Pour autant, la vie de bureau reste «un vrai challenge». «La visio ne suffit pas toujours», souligne le porte-parole d'ArcelorMittal. Au sein de l'entreprise de sidérurgie, consigne est donc donnée aux managers de rester «très vigilants» à «l'entretien du lien avec leur équipe». 

Car si les initiatives restent les bienvenues, elles ne sont pas toujours suffisantes. «Le risque de décrochage existe», alerte ainsi Karin Scholtes. «Sur une période prolongée, le travail à distance nous demande de redoubler d'efforts [...] pour maintenir la motivation des collaborateurs et donner du sens à leur travail», précise-t-elle.


(FILES) In this file photo taken on February 11, 2019 French music composer Camille Pepin poses in her studio in Paris. - From Francesca Caccini in the 17th century to Camille Pepin in the 21st: a digital platform has listed the works of more than 700 female composers to showcase artists and works long eclipsed. A long-term research that began in 2006 and which, underlines Claire Bodin, director of the festival "Présences feminines", is not launched "because it is a trendy subject". For the past ten years, she has given lectures regularly on the subject and rare among the public are those who can name, beyond the "top 5" composers, such as Clara Schumann, Fanny Mendelssohn, Lili Boulanger or the contemporaries Betsy Jolas and Kaija Saariaho. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
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Et l'enjeu est de taille puisque le télétravail pourrait bien être amené à perdurer, même après la crise. Pour Lieven Lambrecht, un retour en arrière ne serait en effet «pas envisageable». «Le futur est hybride», souligne-t-il. En d'autres termes, dans un monde idéal, la vie de bureau combinerait de manière optimale le confort du travail à domicile et les bienfaits des échanges et du travail entre collègues.

Les entreprises ont donc encore du chemin à parcourir pour continuer à s'adapter. Des changements qui impacteront sans nul doute l'immobilier de bureau. Reste maintenant à voir si salariés et entreprises y trouveront tous deux leur compte.

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