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La vidéo qui remet en cause le gardiennage à la gare
Luxembourg 3 min. 06.09.2021 Cet article est archivé
Sécurité

La vidéo qui remet en cause le gardiennage à la gare

Plusieurs témoins ont assisté à la scène, certains portant assistance à la personne saisie par le chien de surveillance.
Sécurité

La vidéo qui remet en cause le gardiennage à la gare

Plusieurs témoins ont assisté à la scène, certains portant assistance à la personne saisie par le chien de surveillance.
Photo: Screenshots Video
Luxembourg 3 min. 06.09.2021 Cet article est archivé
Sécurité

La vidéo qui remet en cause le gardiennage à la gare

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Un agent de sécurité incapable de maîtriser son chien, l'animal muselière baissée ne lâchant pas un passant : l'incident qui s'est déroulé samedi soir aux alentours de la gare centrale de la capitale n'a pas fini de faire parler.

Un chien qui ne lâche pas le pantalon pris dans sa mâchoire; un maître-chien visiblement incapable de maîtriser son animal; des passants criant «lâchez-le, lâchez-le». Les images de cet incident survenu, samedi soir (22h20) à hauteur du 40, avenue de la Gare, au centre de Luxembourg-ville, ne cessent de tourner sur les réseaux sociaux. Elles choquent autant qu'elles interpellent.


Lokales,Bushaltestellen an der Rocade de Bonnevoie.Bahnhof Luxemburg,öffentlicher Transport,Passerelle Bonneweg-Gare. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Surveillance privée prolongée autour de la gare
Constatant (encore) le manque de policiers déployés dans la capitale, la bourgmestre a annoncé avoir signé un nouveau contrat de six mois pour maintenir les patrouilles autour de la gare centrale, à Bonnevoie et en Ville-Haute.

En effet, l'altercation survenue devant un bar n'a pas fini de faire parler d'elle. Entre les soutiens de la bourgmestre qui a fait appel à une société de gardiennage pour veiller à la tranquillité du quartier Gare et ceux qui réclamaient que cette mission ne soit confiée qu'aux agents assermentés de la police grand-ducale. Dans le cas présent, la personne assaillie par le chien a été prise en charge avec des morsures à la jambe, justifiant son envoi à l'hôpital.  

Il s'avère qu'une fois entre les mains des infirmiers la victime a fait preuve d'une attitude hors norme. Vociférant, se déchaînant et crachant même sur les personnels prenant soin de ses blessures. Résultat cette fois, les policiers ont dû l'interpeller pour une détention provisoire; le procureur général étant aussitôt alerté des faits.

Reste que la réaction politique ne s'est pas fait attendre puisque Nathalie Oberweis, députée Déi Lenk, n'a pas hésité à reposter la vidéo sur Facebook. L'ancien député du même parti et conseiller communal d'opposition à la Ville, David Wagner, réclamant que le contrat entre la capitale et la société en charge de la surveillance du quartier (G4S) soit immédiatement suspendu par le ministère de la Sécurité intérieure.

De leur côté, les conseillers communaux Christa Brömmel et François Benoy (Déi Gréng) ont adressé un courrier au conseil des échevins l'interpellant sur la question du recours à des patrouilles canines comme «moyen adapté et maîtrisable pour répondre au sentiment d'insécurité» qui peut régner dans certains quartiers.

Le député Marc Goergen (Pirate) a quant à lui tenu à rappeler que «peu importe comment vous vous comportez, dans un espace public aucune entreprise privée n'a le droit de vous blesser». Rejetant la faute sur le choix des élus communaux DP/CSV, le parlementaire a demandé une réunion d'urgence à la Chambre sur cette question de la sécurisation des rues de la capitale par des agents privés.

Depuis fin 2020, la question de ces patrouilles relève du bras de fer entre Lydie Polfer (DP) et le ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox (Déi Gréng). Nul doute que l'incident va animer les débats locaux et à l'échelle nationale pour cette rentrée politique. La bourgmestre de Luxembourg qui, en février dernier, se disait lassée par la «polémique stérile» sur ce dossier va devoir se positionner à nouveau. Elle a prévu un point presse sur la situation, ce lundi à 17h.

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