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La vente directe prend de plus en plus racine
Luxembourg 5 2 min. 18.05.2020

La vente directe prend de plus en plus racine

Pour l'heure, le bilan global des conséquences de la pandémie est difficile à établir, estime Vincent Glaesener, directeur de la Chambre d'agriculture.

La vente directe prend de plus en plus racine

Pour l'heure, le bilan global des conséquences de la pandémie est difficile à établir, estime Vincent Glaesener, directeur de la Chambre d'agriculture.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 5 2 min. 18.05.2020

La vente directe prend de plus en plus racine

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Alors que la pandémie a forcé le pays à l'arrêt, le Luxembourg tente peu à peu de retrouver un rythme normal. Sauf que certaines habitudes sont susceptibles d'évoluer, notamment en ce qui concerne l'alimentation, estime Vincent Glaesener, directeur de la Chambre d'agriculture.

Comment se sont adaptées les entreprises du secteur maraîcher face aux mesures de confinement ?

Vincent Glaesener, directeur de la Chambre d'agriculture - «Pour les entreprises qui exploitaient auparavant des boutiques en ligne, les commandes via ce canal de vente ont considérablement augmenté. Idem en ce qui concerne les ventes à la ferme car les consommateurs se rendent davantage chez les producteurs. Pour le reste, les entreprises n’ont pas de grande capacité de réorientation et tentent simplement d’ajuster leur production à la demande attendue.

Ces nouveaux réseaux de vente ont-ils changé la manière de s'approvisionner des consommateurs ? 

«Pour l’instant, la demande de produits régionaux et saisonniers pour la consommation domestique a augmenté par rapport à l’année passée, mais cela s'explique notamment en raison des difficultés d’approvisionnement de l’étranger. 

Ces adaptations pourraient-elles modifier durablement les habitudes des consommateurs ? 

«Il y a une conscience croissante des consommateurs vis-à-vis des fruits et légumes produits par les producteurs locaux, en particulier si ceux-ci sont dans le voisinage et facile d’accès. Néanmoins, il est peu probable que la crise modifie sur le long terme les habitudes de consommation. Si des changements de pratiques d’achat et de vente ont eu lieu, on ne peut parler de révolution, mais plutôt d’une adaptation et diversification des modes commerciaux. 

Certains réseaux de distribution ont certes été affectés, mais il y a de fortes chances qu’ils reviennent à la normale une fois la crise passée. Il est également difficile de prédire dans quelle mesure ces changements seront pérennes une fois que les marchandises bon marché en provenance des pays du sud seront de retour dans les rayons. En revanche, la situation a probablement permis à certains exploitants de se faire connaître sur le volet de la vente directe et locale. Ce type de commercialisation pourrait en ressortir renforcé.

Au vu de ces éléments, pensez-vous que la pandémie puisse avoir des conséquences positives pour certains maraîchers du pays?

«Les conséquences s’affichent, a priori, comme globalement très négatives en raison de la perte des consommateurs frontaliers et du réseau Horesca, même si certains auront probablement la capacité de limiter les dégâts. Parler de gagnants serait déplacé dans le cadre actuel car je ne pense pas que quelque entreprise du secteur agricole, viticole et horticole sorte de cette crise sans dégâts plus ou moins importants. 


Bio-Gemüse,Foto:Gerry Huberty
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Par ailleurs, les problèmes fondamentaux du secteur restent malheureusement tout à fait réels, tels que l’accès à l’eau d’irrigation ou l’autorisation d’établir des serres, et ce, en dépit de l’engagement du gouvernement à promouvoir l’horticulture et le maraîchage.»

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