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«La troisième vague de la pandémie sera mentale»
Luxembourg 3 min. 27.01.2021

«La troisième vague de la pandémie sera mentale»

Pour Nora Back, présidente de la Chambre des salariés, «la situation actuelle génère beaucoup de stress et une hausse de l'insécurité».

«La troisième vague de la pandémie sera mentale»

Pour Nora Back, présidente de la Chambre des salariés, «la situation actuelle génère beaucoup de stress et une hausse de l'insécurité».
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 27.01.2021

«La troisième vague de la pandémie sera mentale»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Traditionnel indicateur de la situation dans les entreprises, le «Quality of work index» de la Chambre des salariés, publié mercredi, fait état d'une «dégradation considérable» de la situation au Luxembourg en 2020. Conséquence directe de la pandémie et de ses effets collatéraux.

A année exceptionnelle, résultats exceptionnels. Les conclusions de la huitième édition du «Quality of work index» de la Chambre des salariés (CSL) sur le bien-être en entreprise ne laissent guère de doute sur l'impact de la crise sanitaire dans les esprits. Faisant état d'une «dégradation considérable» de la perception générale de la situation, l'étude réalisée depuis 2014 en collaboration avec l'Uni confirme un constat de plus en plus mis en avant ces dernières semaines. Celui des conséquences psychologiques de la pandémie.


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«La situation actuelle génère beaucoup de stress et une hausse de l'insécurité», résume Nora Back, présidente de la CSL. Selon les conclusions de cette étude, près d'un tiers des salariés (32%) présentent désormais un risque de dépression et un sur dix «des signes très forts de dépression». Un phénomène qui touche non seulement différentes classes d'âge, mais aussi les personnes vivant seules et les familles monoparentales. 

Sur l'échantillon représentatif de 2.364 salariés interrogés, les jeunes actifs apparaissent, au même titre que les plus de 55 ans, comme particulièrement impactés par les conséquences de la pandémie dans leur travail puisqu'ils sont plus d'un quart (28%) à présenter des risques de dépression. Un chiffre qui tombe à 12% pour les salariés les plus âgés. Un parent isolé sur dix, lui, affiche des risques faibles ou élevés de dépression. Des phénomènes qui trouveraient une partie de leurs origines dans le mélange des genres de plus en plus marqué entre vie professionnelle et vie privée consécutif du développement du télétravail. 

«La situation actuelle génère de l'agitation, de la colère, de l'ennui, mais aussi de la lassitude et de l'incertitude», détaille David Buechel, psychologue du travail à la CSL. Autant d'ingrédients qui «alimentent la peur du complot, suscitent la paranoïa et favorisent l'aggravation des addictions de toutes sortes», précise le spécialiste qui estime que «la troisième vague de la pandémie sera mentale». Un constat qui le pousse à recommander le renforcement du dépistage et de la surveillance dédiés «aux troubles psychologiques, à la toxicomanie», sans oublier «le renforcement des services d'aide psychologique mis en place pendant la crise», référence notamment aux différentes hotlines en service.

Pour mémoire, dans son allocution du 5 janvier dernier, Xavier Bettel (DP) assurait que les effets de la crise sur le moral des résidents étaient «évidents» et qu'il entendait «surveiller de près» la situation. A ce jour, aucune annonce spécifique sur ce thème n'a été réalisée. Interrogée sur la possibilité de transmettre cette étude au gouvernement, Nora Back indique mercredi que «ces données sont publiques et accessibles à tous, mais qu'elles pourraient effectivement aider le gouvernement dans ses réflexions».

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