Changer d'édition

La télémédecine d’urgence reste trop coûteuse
Luxembourg 2 min. 05.07.2019 Cet article est archivé

La télémédecine d’urgence reste trop coûteuse

La télémédecine d’urgence reste trop coûteuse

Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 2 min. 05.07.2019 Cet article est archivé

La télémédecine d’urgence reste trop coûteuse

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
La consultation médicale à distance a fait ses preuves dans des situations graves. Mais le déploiement de cette solution au Luxembourg impliquerait des dépenses lourdes en termes de déploiement technologique et humain.

La télémédecine au service des secouristes ou pompiers, voilà une idée dans l’air du temps. À défaut de disposer dans chaque ambulance d’un docteur ou des conseils d’un spécialiste, faire appel à ces compétences via une connexion vidéo pourrait être utile dans bien des situations d’urgence. Vital même.

Pour la ministre de l'Intérieur, Taina Bofferding (LSAP), le service ne peut toutefois pas être encore développé au Luxembourg. Compte tenu de l'étendue géographique limitée du pays, l'investissement dans un SAMU réel sur le terrain semble, pour la ministre, «plus raisonnable que d'investir dans un SAMU virtuel».

Pas de cadre légal

La mise en place d'une telle pratique nécessiterait, par exemple, l'existence d'un pool de médecins spécialement formés. Des professionnels qui soient disponibles 24h/24, chaque jour de l’année. Forcément, cette permanence aurait un prix élevé.

Les services de Taina Bofferding ont aussi étudié le coût engendré par la mise en place des installations techniques - informatique et télécommunication – en lien avec la télémédecine. Là encore, la facture s'avère lourde.

Outre les frais de déploiement et de fonctionnement, la ministre Taina Bofferding rappelle qu'il n'existe pas de loi sur les responsabilités liées à l'usage de la télémédecine dans les situations d'urgence médicale.
Outre les frais de déploiement et de fonctionnement, la ministre Taina Bofferding rappelle qu'il n'existe pas de loi sur les responsabilités liées à l'usage de la télémédecine dans les situations d'urgence médicale.
Photo: Guy Jallay

L’absence de cadre légal sur cette problématique, au Luxembourg, constitue un autre obstacle à un déploiement rapide. Le droit actuel ne précise pas les responsabilités des uns et des autres; ce qui n’est pas négligeable quand on traite de questions de vie ou de mort.  

 Ces raisons, notamment, poussent la ministre de l'Intérieur à ne pas précipiter le déploiement de la télémédecine en lien avec les situations d’urgence. 

Aix-la-Chapelle en exemple

Plusieurs villes allemandes ont déjà, elles, adopté le principe de «conseil médical à distance» pour leur SAMU. Un des projets les plus évolués est celui d'Aix-la-Chapelle. Il a permis d'assister 15.000 interventions par le biais de la transmission de données vitales, de sons et d'images en direct.


Seuls quatre hôpitaux du pays accueillent les urgences de nuit
Selon la nouvelle loi hospitalière, les établissements doivent concentrer leurs ressources en un seul endroit pour ce qui est des urgences nocturnes. Ainsi, seuls quatre hôpitaux dans le pays proposent désormais un service d'urgence la nuit.

En Lorraine, on relève l'initiative du Centre hospitalier universitaire de Nancy. Ici, l’usage de la télémédecine a été développé à la seule destination d’une douzaine de maisons seniors et du SAMU local.

L’expérience menée en Meurthe-et-Moselle a permis une meilleure prise en charge des victimes, même en l’absence d’un docteur sur place, mais surtout permis une meilleure redirection des patients âgés vers le service hospitalier le mieux adapté à leur situation (malaise, fracture, arrêt cardiaque, etc…)


Sur le même sujet

Une convention de coopération juridique des opérations de secours a été signée ce mardi par la ministre de l'Intérieur, Taina Bofferding. Désormais, la zone frontalière franco-luxembourgeoise sera couverte par les services des deux pays.
En 2018, 36 personnes ont perdu la vie contre 25 l'année précédente, selon les dernières statistiques présentées ce vendredi par François Bausch, ministre de la Mobilité. Des chiffres qui contrastent avec les bas taux de mortalité enregistrés en 2017.
Trouver le bon conseil médical au bon moment et frapper à la bonne porte quand on a un souci de santé. Pour améliorer l'accès aux soins, le ministère de la Santé a présenté 2 applications gratuites pour smartphones, un info-kit et son concept de «cabinets de groupe» pour trouver un médecin généraliste jusqu'à 19h30 et les samedis matin.
Pour inciter les médecins généralistes à créer des «cabinets de groupe» aussi bien dans les zones rurales qu'en milieu urbain, le ministère de la Santé propose un coup de pouce incitatif de 10.000 euros pour chaque médecin qui se lancera.