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La téléconsultation persiste au Luxembourg
Luxembourg 4 min. 06.12.2022
Santé

La téléconsultation persiste au Luxembourg

Au Luxembourg, ce sont les médecins généralistes et les gynécologues qui sont les plus consultés à distance d'après Alain Fontaine, le CEO de Doctena.
Santé

La téléconsultation persiste au Luxembourg

Au Luxembourg, ce sont les médecins généralistes et les gynécologues qui sont les plus consultés à distance d'après Alain Fontaine, le CEO de Doctena.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 06.12.2022
Santé

La téléconsultation persiste au Luxembourg

Megane KAMBALA
Megane KAMBALA
La téléconsultation s'est rapidement substituée à la simple prise de rendez-vous en ligne au Luxembourg au plus fort de la crise covid. État des lieux avec l'Agence e-Santé et Doctena.

En mars 2020, le monde connaît un tournant aussi surréaliste qu'inattendu puisque la quasi-intégralité de sa population entre en confinement en raison de la pandémie. Les différentes vagues épidémiques et les reprises d'activités entrainent alors leur lot de contaminations et avec elles, la nécessité de recourir à la téléconsultation pour ne pas saturer les salles d'attente et créer d'autres clusters.


Im Gesundheitswesen braucht es viel Zeit, bis neue Technologien zum Standard werden.
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La plateforme de prise de rendez-vous médicaux en ligne n'en finit pas de grandir. La mise en place de la vidéo-consultation depuis le printemps ayant ajouté un atout de plus pour les cabinets comme pour les patients.

Hasard de calendrier, «ce projet d'offre de service était déjà dans les cartons» pour la plateforme médicale Doctena d'après son CEO, Alain Fontaine. «Nous avions déjà cela dans l'idée courant 2018-2019 et on peut dire que la pandémie de covid a accéléré les choses». Ainsi, la première consultation visio en ligne a donc eu lieu le 25 mars 2020. En décembre de la même année, 31.000 consultations vidéo avaient été réalisées.

Si le compteur est depuis monté à 55.917 consultations à distance, Alain Fontaine notifie toutefois qu'avec le retour à la vie normale post-covid et la réouverture des cabinets, «les médecins préfèrent tout de même voir les patients et il y a un engouement moindre pour ce type de rendez-vous».

3.125 praticiens de santé disponibles à distance

Pourtant, le CEO de Doctena en est certain, l'attrait pour la consultation à distance n'est pas près de disparaître, mais tendra plutôt à se faire une place pour des situations bien précises. «Certains médecins plus jeunes offrent des consultations à distance en soirée et à ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Ils ont donc les horaires de cabinet normaux, à savoir de 9h à 18h et deux fois par semaine, ils optent pour des créneaux 19-21h pour la téléconsultation.»

Une sorte de changement de mœurs dans lequel s'inscrivent des médecins d'une nouvelle génération. «Un de nos clients en Allemagne permet à ses patients de le consulter via la téléconsultation si une urgence le justifie lorsqu'il est en vacances.»

L'Agence eSanté confirme la tendance, puisqu'elle peut l'observer, elle aussi, via sa propre plateforme eConsult, mise en place spécialement pendant la crise covid. À ce jour, «la téléconsultation continue d'être utilisée par un certain nombre de professionnels de santé, et au vu de l'intérêt exprimé par divers acteurs du secteur hospitalier et des soins entre autres, la potentielle mutualisation de ce service est en cours d'analyse» par le gouvernement.  Au Luxembourg, ce sont 3.125 praticiens de santé, dont 751 actifs, qui assurent des consultations à distance.

Les deux acteurs ont d'ailleurs établi une synergie, puisqu’un patient peut fixer son rendez-vous sur Doctena avec un professionnel de santé «et la solution – qui est compatible avec la plateforme eConsult - est en mesure de produire le mémoire d'honoraires relatif à la consultation (ainsi qu'une ordonnance et un certificat d'incapacité de travail).»

Une base légale à fixer durablement

Juridiquement parlant en revanche, certains points cruciaux restent à définir sur la question. Actuellement, les téléconsultations sont maintenues et remboursées grâce à une ordonnance de la direction de la Santé publiée en juillet dernier.

Devant à la base perdurer jusqu'à la mi-octobre, mais toujours en vigueur, celle-ci pose donc la base légale pour pouvoir rembourser les actes de téléconsultation et donne aussi quelques recommandations.

Ainsi, il est établi que les consultations à distance doivent «satisfaire aux mêmes exigences de qualité que l'exercice médical en présentiel, sauf pour ce qui concerne l'examen physique, et que le patient doit être connu du professionnel de santé téléconsultant parce qu'une consultation physique a eu lieu au cours des 12 derniers mois précédant la téléconsultation».

Nous sommes très loin d'une uniformisation sur la question à travers l'Europe.

Alain Fontaine, CEO de Doctena

À ce titre, «l'accueil téléphonique des patients pour des questions pratiques et des rendez-vous n'est pas une téléconsultation», de même que «les conseils donnés par téléphone, c'est-à-dire un professionnel de santé donnant des conseils à des patients par téléphone pour une question médicale limitée». Enfin, «une téléconsultation n'entraîne généralement pas de gain de temps pour le professionnel de santé».

Cependant, la disposition ayant initialement une date de fin, on peut imaginer qu'à terme les consultations à distance ne seront plus remboursées à 100%, comme c'est le cas en France depuis le mois de septembre. Alain Fontaine le confirme «nous sommes très loin d'une uniformisation sur la question à travers l'Europe. En Belgique, par exemple, tout est à payer de la poche du patient, sans remboursement possible. En Allemagne, la situation est contrastée et varie selon les Länder, puisque c'est un État fédéral. J'espère que nous tendrons vers un cadre global fixé par l'Union européenne.»

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