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La technologie financière, un secteur en plein essor
Luxembourg 6 min. 28.06.2022
Des entreprises de plus en plus nombreuses au Luxembourg

La technologie financière, un secteur en plein essor

Actuellement, le LHoFT s'occupe de 172 entreprises membres, dont 86 sont établies dans ses locaux
Des entreprises de plus en plus nombreuses au Luxembourg

La technologie financière, un secteur en plein essor

Actuellement, le LHoFT s'occupe de 172 entreprises membres, dont 86 sont établies dans ses locaux
Photos : Lex Kleren
Luxembourg 6 min. 28.06.2022
Des entreprises de plus en plus nombreuses au Luxembourg

La technologie financière, un secteur en plein essor

Marco MENG
Marco MENG
La Luxembourg House of Financial Technologies offre une base aux jeunes prestataires de services financiers innovants du monde entier.

La Place financière luxembourgeoise offre un écosystème intéressant aux jeunes prestataires de services financiers innovants, appelés fintechs. Ils y trouvent des banques comme partenaires, et à partir de là, ils peuvent proposer leurs services sur l'ensemble du marché européen.


«La digitalisation du business events va s'accentuer»
François Lafont, CEO du Luxembourg Convention Bureau, anticipe d'importants changements pour l'industrie du tourisme d'affaires. Si l'organisation d'événements est aujourd'hui possible, le gros problème reste selon lui «les restrictions imposées aux voyageurs».

La création en 2016 de la Luxembourg House of Financial Technology (LHoFT), une initiative publique-privée qui vise à numériser le secteur financier luxembourgeois et à «mettre en réseau la communauté fintech nationale et internationale», doit y contribuer. La plupart des partenaires de l'organisation sont des prestataires de services financiers et des sociétés de conseil. 

Le nombre de fintechs augmente

Fin 2021, le Luxembourg comptait 220 entreprises de technologie financière, soit 10% de plus que l'année précédente. Les établissements basés au Luxembourg ont bien traversé l'année et ont développé les actifs qu'ils gèrent ainsi que leurs activités, indique Nicolas Mackel, CEO de l'agence Luxembourg for Finance (LFF), qui participe également au LHoFT, dans la dernière brochure «Fintech» de LFF.

Les entreprises fintech sont actives sur différents marchés et proposent des services de plus en plus variés. Depuis longtemps, elles ne se limitent plus au traitement électronique des opérations de paiement ou à la médiation de crédits et de polices d'assurance. Par exemple la Regtech : dans ce segment, les start-up aident les institutions à se conformer aux réglementations de manière plus simple et automatisée. D'autres fintechs, hébergées par le LHoFT, proposent des solutions de conseil en investissement automatisé et de gestion d'actifs numérique.

D'autres encore se consacrent à l'utilisation de l'intelligence artificielle et à l'exploitation des données : les nouvelles technologies telles que l'Internet des objets et l'industrie 4.0 génèrent une quantité croissante de données («Big Data»). Elles ont le potentiel d'améliorer les processus d'entreprise et de les rendre plus efficaces, mais elles restent aujourd'hui encore largement inexploitées. 

Le LhoFT offre l'espace nécessaire aux idées innovantes.
Le LhoFT offre l'espace nécessaire aux idées innovantes.
Photo: Gerry Huberty

Certaines fintechs qui veulent changer cela se trouvent dans le LHoFT et développent par exemple des systèmes logiciels intelligents qui transforment les données en connaissances exploitables et précieuses. De nombreuses start-up financières s'intéressent également à la technologie blockchain. Certaines sont des plateformes d'échange de monnaies virtuelles, d'autres utilisent la technologie de la chaîne de blocs pour effectuer des tâches spécifiques, comme la gestion d'actifs réels, de produits ou de documents par l'utilisation de jumeaux numériques sur des chaînes de blocs.


La blockchain nécessite «des efforts de pédagogie»
Fabrice Croiseaux, président d’Infrachain, fait le point sur la situation de cette technologie et les possibilités qui en sont attendues dans le courant 2021.

D'autres fintechs du LHoFT s'intéressent à la cybersécurité et développent des applications pour les institutions financières. Cela va de la messagerie instantanée sécurisée et des produits pour la banque en ligne sécurisée à la gestion des identités et des accès et aux signatures électroniques. 

Le LHoFT en tant que plateforme d'innovation

Le LHoFT propose aux prestataires de services financiers un diagnostic, une participation à des projets sectoriels, des groupes de travail et des initiatives, une formation et un soutien promotionnel. Le LHoft offre aux investisseurs, aux organismes publics et aux associations l'accès à un vaste écosystème national et international et met en relation les sociétés de capital-risque et autres investisseurs avec les sociétés fintech qu'il accompagne.

En outre, le LHoFT propose des programmes qui mettent en relation les start-up de technologie financière avec des réseaux et les aident sur des sujets tels que l'élaboration d'un plan d'affaires ou la gestion des risques. Ainsi, le LhoFT organise un concours «Kickstarter» dans le cadre duquel cinq fintechs peuvent gagner des subventions de 50.000 euros chacune de la part du ministère luxembourgeois de l'Économie. Actuellement, le LHoFT s'occupe de 172 entreprises membres, dont 86 sont établies dans l'institution.

Nasir Zubairi dirige le LHoFT : "La collaboration avec le secteur bancaire et le secteur financier traditionnel au sens large est la clé de notre mission".
Nasir Zubairi dirige le LHoFT : "La collaboration avec le secteur bancaire et le secteur financier traditionnel au sens large est la clé de notre mission".
Photo: Gerry Huberty

La demande reste élevée, explique Nasir Zubairi, président de la LhoFT, car le secteur des services financiers continue d'évoluer, la numérisation étant l'un des principaux moteurs de cette évolution. «Nous observons également que de plus en plus d'entreprises luxembourgeoises de fintech poussent comme des champignons. Je suis étonné de voir que nous avons quatre anciens CEO d'institutions financières traditionnelles connues qui travaillent maintenant dans des start-up fintech au sein de notre établissement», déclaré Nasir Zubairi.


 

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