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La sécurité des trains frontaliers au cœur d'une polémique

  • Un délai raccourci
  • Une dérogation refusée par le Luxembourg
  • Jeu de ping-pong entre France et Grand-Duché
  • Un ras-le-bol des voyageurs
  • Un délai raccourci 1/4
  • Une dérogation refusée par le Luxembourg 2/4
  • Jeu de ping-pong entre France et Grand-Duché 3/4
  • Un ras-le-bol des voyageurs 4/4

La sécurité des trains frontaliers au cœur d'une polémique

La sécurité des trains frontaliers au cœur d'une polémique

La sécurité des trains frontaliers au cœur d'une polémique


par Sophie WIESSLER/ 29.05.2019

Photo: Sophie Wiessler

Alors que le Luxembourg n'autoriserait plus les TER français non homologués au système de sécurité européen à circuler sur son territoire en 2020, les voyageurs français se retrouvent à nouveau dans une situation délicate.

L'annonce a eu l'effet d'une bombe en cette fin du mois de mai: la moitié des trains reliant la France au Luxembourg ne pourrait pas franchir la frontière à compter du 1er janvier 2020. Terminus Thionville, tout le monde descend !

Une nouvelle «prévisible» selon l'association des voyageurs du TER Metz-Luxembourg, mais qui vient surtout marquer un peu plus encore les relations tendues entre les deux pays. Explications.

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Un délai raccourci
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C'est au début des années 2000 que l'implémentation d'un nouveau système de contrôle automatisé de la vitesse des trains à l'échelle de l'Union européenne est évoqué. Très vite, le Luxembourg débute sa mise en conformité et l'achève en 2018. La France, en revanche, est à la traîne.

Ce n'est que début 2016, au lendemain de la fusion des régions, que le Grand Est accepte de prendre en charge le financement de l'équipement des rames avec le système de sécurité ERTMS. Pas le choix, il faut que les 25 TER français quotidiens continuent de circuler sur le réseau ferré luxembourgeois.

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Le programme d'équipement initial, prévu de mars 2016 à juin 2021, suivait son cours dans le respect du délai initial établi avec le Luxembourg. Mais l'accident ferroviaire mortel survenu à Dudelange en février 2017 change la donne. Le Grand-Duché décide d'avancer sa date limite et fixe ainsi un nouveau délai à la France: le 31 décembre 2019.

Malheureusement, la région Grand Est peine à suivre la cadence. La SNCF immobilise actuellement quatre rames en permanence pour permettre de les équiper avec ce nouveau système et 30 jours sont nécessaires pour effectuer les changements. Deux premières rames équipées de l'ERTMS vont d'ailleurs circuler sur cette ligne à compter de début juillet.

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Une dérogation refusée par le Luxembourg
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Chris Karaba

Ne pouvant immobiliser davantage de trains, la modification des 23 rames restantes nécessite encore 15 mois de travaux. Ainsi, douze rames seront disponibles au 1er janvier 2020, 14 fin janvier, 16 en février... pour un rendu final des 25 rames début avril, si tout va bien.

Afin d'éviter une «rupture de charge», c'est-à-dire, de devoir laisser les frontaliers à la frontière descendre de leur train pour en emprunter un nouveau aux normes, les autorités françaises ont sollicité une dérogation au Luxembourg, afin de permettre la circulation des rames actuelles quatre mois supplémentaires.

Dérogation qui s'est vue refusée la semaine passée par l'ACF, l'administration des chemins de fer. Seulement, aucun des protagonistes n'a appris la nouvelle de manière officielle.

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Jeu de ping-pong entre France et Grand-Duché
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«Nous avons appris la nouvelle en lisant la presse. La direction de la SNCF n'a reçu à ce jour aucun courrier à ce sujet et nous sommes toujours dans l'attente du ministère luxembourgeois», explique ainsi Sophie Huraux, en charge de la communication de la SNCF.

Même son de cloche du côté de la présidence de la région. Jean Rottner a ainsi confirmé ne pas avoir été informé officiellement de cette décision. Le président de la région a également confié à nos confrères du 5 Minutes que la cadence de modification des trains ne pouvait être accélérée: «On ne peut pas faire plus, nous sommes déjà au maximum».

François Bausch (Déi Gréng), ministre de la Mobilité, était quant à lui présent à une réunion du syndicat du sillon lorrain, vendredi 24 mai et s'est dit prêt à «accompagner la SNCF» en faisant venir des trains jusqu'à Thionville.

Tout en piquant ses homologues français en rappelant que «le Luxembourg a été confronté (en 2017, ndlr) à des grèves pendant plusieurs mois parce que les agents de la SNCF revendiquaient plus de sécurité sur le réseau luxembourgeois».

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Un ras-le-bol des voyageurs
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Sophie Wiessler

Au milieu de ces remarques de part et d'autre des deux pays, 12.000 frontaliers quotidiens. Et une grande lassitude.

«Le Luxembourg n'a prévenu personne de cette décision. Nous avons appris par la presse ce qui allait se passer. C'est inadmissible, un vrai manque de respect. C'est la vie de 12.000 personnes qui est touchée», fustige le secrétaire général de l'association des voyageurs de la ligne Metz-Luxembourg, Henry Delescaut.

Pour lui, cette nouvelle n'est autre que le résultat de l'«aveuglement du phénomène frontalier des deux pays, depuis douze ans».

«Cette histoire devrait être réglée depuis longtemps. L'arrêt des trains à Thionville va ajouter encore 20-30 minutes de route aux frontaliers. Et où François Bausch va-t-il trouver des rames supplémentaires? Le matériel n'est pas disponible, ou alors cela va impacter d'autres lignes luxembourgeoises, c'est une équation impossible», explique-t-il.

Seule solution pour l'homme de 53 ans: que le Luxembourg accepte la dérogation demandée par la France.

«Nous comprenons que c'est compliqué. Si un accident survient, qui en aura la responsabilité? Mais nous roulons déjà depuis des années à risque, avec un système de sécurité reconnu ouvertement comme problématique... Il faut que les deux pays améliorent absolument leurs relations, leur communication. Ce n'est plus possible».

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