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La sécurité alimentaire sous une seule loupe
Luxembourg 4 min. 22.08.2019

La sécurité alimentaire sous une seule loupe

Chaque année, près de 2.000 contrôles sont réalisés dans les cafés, restaurants, supermarchés, grossistes, meuneries, torréfacteurs, embouteilleurs, etc.

La sécurité alimentaire sous une seule loupe

Chaque année, près de 2.000 contrôles sont réalisés dans les cafés, restaurants, supermarchés, grossistes, meuneries, torréfacteurs, embouteilleurs, etc.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 4 min. 22.08.2019

La sécurité alimentaire sous une seule loupe

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Depuis avril, le Commissariat à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire synchronise les différentes administrations qui veillaient jusque-là sur la qualité des fruits, légumes, viandes et autres ingrédients de notre quotidien.

Un nom à rallonge pour une mission basique: veiller à ce que chaque denrée alimentaire et boisson proposée au Luxembourg respecte les normes européennes. Telle est la mission du Commissariat du gouvernement à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire qui fêtera son premier semestre d'existence en septembre 2019.

Mais déjà en cinq mois, l'instance a fait du chemin. Né sous l'impulsion du ministère de la Protection des consommateurs, le Commissariat vise à fédérer un travail qui, jusqu'alors, se répartissait entre de nombreuses administrations. La ministre Paulette Lenert (LSAP) et le programme de gouvernement en avaient fait une priorité.

Focalisée sur une mission

«Le contrôle des denrées alimentaires se répartit entre des services de la Santé, de la Police, des Douanes, de l'Institut viticole, des vétérinaires (pour tout ce qui était viandes, lait, œufs par exemple)», indique Patrick Hau. Le commissariat va coordonner et harmoniser ces contrôles. «A l'avenir, le système fonctionnera mieux car le ministère de la Protection des consommateurs aura mis en place cette administration unique se focalisant sur cette seule mission.»

 


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Un des rôles du commissariat: faire retirer du marché, rapidement, tout produit sitôt le constat fait qu'il entraîne un danger pour la santé. Cela se fait en coordination avec un système d'alerte rapide européen qui informe le grand public comme les professionnels. Un processus dont la source peut également être les contrôles de suivi des agents en charge du contrôle alimentaire dans le pays. 

Toujours plus de rappels

«Depuis début 2019, nous avons vu transiter 2.800 alertes à l'échelle de l'Union», précise le responsable. Une centaine d'entre elles concernaient des produits distribués au Grand-Duché. «Les rappels ont été publiés et effectués à chaque fois.»

Ce chiffre est en recrudescence. Mais, aux yeux du commissaire de gouvernement, «cela témoigne des bonnes pratiques en place dans le pays et en Europe». Car dans la plupart des cas, si tel ou tel aliment se voit retirer des rayons ou des entrepôts, cela est dû à une alerte au niveau de l'Union ou suite à des constatations luxembourgeoises.

Patrick Hau insiste aussi sur le fait que cette augmentation du nombre d'alertes repose sur un nombre de contrôles toujours croissant dans le pays (plus de 1.800 l'an passé) et chez ses voisins, mais aussi grâce aux procédures d'autocontrôle sur l'hygiène et la réglementation imposées aux entreprises alimentaires. «C'est donc bon signe.»

Pour l'instant, afin d'assurer ses missions, le Commissariat peut compter sur 17 agents de la Division de la sécurité alimentaire, mais aussi 7 douaniers, les forces de police, une demi-douzaine de vétérinaires et divers personnels du ministère de l'Agriculture. Ces derniers sont chargés, notamment, de vérifier le respect du cahier des charges des producteurs d'aliments labellisés. «Car il ne faut pas oublier que nous veillons aussi à l'intérêt même du consommateur. Qu'il ne soit pas trompé sur la qualité de ce qu'il va manger ou boire.»

Fraude, le mot apparaît aussi dans l'intitulé du nouveau Commissariat. «La définition intègre trois éléments: le non-respect volontaire des réglementations alimentaires, en dupant l'acheteur dans le but d'obtenir un gain économique», liste Patrick Hau.

Patrick Hau dirige depuis avril dernier le nouveau Commissariat du gouvernement à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire.
Patrick Hau dirige depuis avril dernier le nouveau Commissariat du gouvernement à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire.
Photo: Chris Karaba

Une prochaine loi permettra aux agents contrôleurs de disposer de plus de facilités dans le difficile combat face à des contrevenants toujours plus astucieux. Ainsi, les agents n'auraient plus à s'identifier comme actuellement. Ils pourraient se muer en «consommateurs fantômes», plus discrets. Compris pour le contrôle du commerce en ligne.

Le résultat des contrôles plus visible

Dans les mois à venir, d'autres changements législatifs devraient conforter le rôle du Commissariat et de ses agents. La nouvelle loi de 2018 prévoit de «mettre à l'amende» certains contrevenants aux règles, via des avertissements taxés. Un futur règlement grand-ducal fixera le montant de ces taxes et leurs modalités.

Un autre règlement d'exécution de la loi sur le contrôle alimentaire précisera, lui, les règles de publication pour les résultats des contrôles. Ils devraient apparaître non seulement sur le site internet du Commissariat mais aussi dans les établissements alimentaires recevant du public. «Chacun pourra alors constater les efforts faits, ou pas, par son restaurant, son magasin, et choisir en conséquence d'y consommer.»


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