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La sécurité alimentaire bien dans son assiette
Luxembourg 3 min. 16.01.2020

La sécurité alimentaire bien dans son assiette

Contamination, allergènes, substances chimiques ou corps étrangers indésirables: les motifs de retraits ne manquent pas.

La sécurité alimentaire bien dans son assiette

Contamination, allergènes, substances chimiques ou corps étrangers indésirables: les motifs de retraits ne manquent pas.
Photo : dpa
Luxembourg 3 min. 16.01.2020

La sécurité alimentaire bien dans son assiette

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les alertes de retraits de produits alimentaires ne cessent de progresser au Grand-Duché, pour le bien des consommateurs. L'an passé, 155 publications ont permis aux distributeurs et au grand public de ne pas choisir une nourriture douteuse.

Gobelets en bambou, saucisson aux noix, huîtres, choux rouges aux pommes: c'est peu dire que la variété figure au menu des publications émises par le Commissariat du gouvernement à la qualité, à la fraude et à la sécurité alimentaire. A la tête de cette institution, Patrick Hau a ainsi vu passer, en 2019, pas moins de 4.000 alertes rapides venues de toute l'Europe. «Au final, cela n'a entraîné que 145 retraits de produits importés ou en circulation au Luxembourg.»

Le pays, par sa taille et son marché intérieur, ne constitue certes pas une zone de distribution majeure, mais la vigilance est de rigueur ici comme partout dans l'Union. Et l'an passé d'ailleurs, le nombre d'alertes et d'avertissements aux consommateurs et autres professionnels de la distribution n'a jamais été aussi élevé: 155 publications. En 2018, leur nombre atteignait les 95 messages contre... 5 en 2005. «Cela témoigne vraiment de la volonté des autorités d'être transparentes sur ces questions de sécurité alimentaire», commente Patrick Hau, commissaire du gouvernement.

La progression reflète aussi l'engagement de la filière à ne proposer dans les rayons, sur les étals, dans les frigos que des aliments sains et sans risques. «Car en cas de problème, la responsabilité incombe toujours à l'exploitant qui a procédé à la mise sur le marché du produit.» Aussi, au moindre doute, à la moindre analyse douteuse, les firmes n'hésitent plus à prévenir leurs clients et les Etats des risques potentiels.

Des linguines au saumon en passant par un cola light: tout peut ainsi être retiré de la vente. L'alerte pouvant alors venir du système mis en place par la Commission européenne (146 l'an passé), des contrôles menés par l'administration luxembourgeoise (11 cas) ou directement de la part d'un Etat (3). «La plupart des alertes concernent des contaminations microbiologiques», assure l'expert. Sachant que le top 3 peu ragoutant des publications est complété par les avertissements à la présence d'allergènes non déclarés puis la présence de substances chimiques indésirables.

Les animaux aussi

Ainsi, si possible avant que le consommateur n'en subisse les conséquences et sitôt l'alerte lancée par le Commissariat, doivent donc disparaître des magasins cette boite de navets marinés (dont le colorant est interdit), ces barquettes plastique (aux éléments chimiques venant se fixer sur la nourriture) ou ces récipients en céramique (dont la décoration peinte contient des métaux lourds)... 

Placé désormais sous la tutelle du ministère de la Protection des consommateurs, le Commissariat voit ses effectifs augmenter en parallèle du nombre de cas à traiter. Trois nouveaux postes ont été accordés aux services de contrôle en 2019, et quatre renforts sont attendus cette année. «Il faut aussi dire que notre mission ne se résume pas à la sécurité alimentaire humaine. Nous œuvrons aussi sur de l'alimentation animale.» Et l'an passé, pas moins d'une dizaine d'alertes ont été publiées pour le bien-être des mangeurs à poil ou à plumes. Comme le retrait de ces produits pour chiens dépassant les normes autorisées en vitamines.


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Maintenant que le système de contrôles alimentaires et vétérinaires semble en place au Grand-Duché, le Commissariat entend s'appliquer dans la communication de ces mesures. «Plus la prévention prend, moins on se retrouvera dans des situations critiques. Je cite volontiers l'exemple de 2013 quand de simples jeunes pousses à mettre sur la salade avaient entraîné plusieurs centaines de malades et quelques décès en Europe.»

Aussi, Patrick Hau recommande-t-il à tous les consommateurs de s'inscrire en ligne au système d'alerte et/ou d'avertissement aux allergènes. C'est simple, gratuit et efficace. Déjà 1.600 citoyens ont fait la démarche, et reçoivent ainsi à chaque publication un e-mail de mise en garde. Sachant qu'il existe également une page Facebook du ministère de la Protection des consommateurs qui reprend les alertes et l’appli du ministère de la Santé, Santé.lu, qui les publie aussi.


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