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La «route de l'automobile» s'apprête à changer de visage
Luxembourg 6 3 min. 21.07.2020 Cet article est archivé

La «route de l'automobile» s'apprête à changer de visage

Le départ annoncé de la concession Bilia-Emond de la route de Thionville pourrait entraîner, à moyen terme, une refonte de cette partie de la capitale.

La «route de l'automobile» s'apprête à changer de visage

Le départ annoncé de la concession Bilia-Emond de la route de Thionville pourrait entraîner, à moyen terme, une refonte de cette partie de la capitale.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 6 3 min. 21.07.2020 Cet article est archivé

La «route de l'automobile» s'apprête à changer de visage

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Lieu d'implantation privilégié des groupes automobiles depuis des décennies, la route de Thionville connaîtra d'ici 2023 d'importantes transformations. Au point que cet axe de circulation majeur de la capitale deviendra une route dédiée à la mobilité douce.

Passée relativement inaperçue, la pose de la première pierre de la nouvelle concession Bilia-Emond, à Gasperich, amorce un changement au sein de la capitale. Celui de la réorganisation à venir de la route de Thionville. Baptisé la «route de l'automobile» en raison de la concentration sur un périmètre restreint des représentants des groupes Volkswagen, BMW et autre Tesla, l'axe qui relie la gare centrale à Hesperange connaîtra d'importants changements d'ici 2023. 

Si à ce jour pas moins de 10.000 véhicules l'empruntent quotidiennement, le volume du trafic sera amené à connaître une baisse drastique puisque d'axe de transit, la route de Thionville sera amenée à devenir un axe de circulation réservé à la mobilité douce. Piétons, cyclistes et bus devraient ainsi être les principaux acteurs de la mobilité, le trafic automobile étant pour sa part dévié vers la nouvelle N3, cette nouvelle route en cours de construction qui doit entièrement remodeler l'accès au sud de la capitale. 

Une évolution urbanistique qui n'a pas échappé aux acteurs historiques de la route de Thionville. Si Philippe Emond, administrateur-délégué du groupe Bilia-Emond, assure que le déménagement des concessions BMW et Mini vers la rue Christophe Plantin répond «avant tout aux besoins de bénéficier d'un site plus en adéquation avec [s]es besoins», le changement de profil à venir de la «route de l'automobile» n'y est pas non plus étranger. Une réflexion que d'autres groupes automobiles ont ou sont d'ailleurs en train de mener. 

Installé depuis septembre 2016 dans les locaux des anciens Ateliers Nic Georges, Tesla n'a jamais caché son ambition de créer un deuxième point de vente bénéficiant d'une meilleure visibilité - l'idée d'un showroom dans un centre commercial avait un moment été évoquée - et de transformer le site actuel en espace réservé principalement aux réparations. Contactée, la marque américaine botte en touche, indiquant «ne pas avoir d'informations nouvelles à partager sur cette question». 

Même type de réponse de la part du groupe Losch, principal importateur de véhicules au Grand-Duché, qui confirme cependant que «des discussions ont été entamées avec la commune pour voir les options disponibles» pour ses concessions Volkswagen, Audi ou Bentley. Des échanges pour le moment au point mort en raison de la pandémie de covid-19 mais qui pourraient reprendre au cours des prochains mois. En revanche, le groupe Arnold Kontz n'entend pas bouger de son site actuel, considéré comme «idéal» car proche du centre-ville.

Propriétaire du bâtiment occupé jusqu'en juin 2022 par Bilia-Emond, le groupe spécialisé dans la vente d'Aston Martin, Jaguar ou bien encore Land Rover indique en revanche «réfléchir à différentes options» pour le futur de ce site. Comprenez la possibilité de transformer l'actuel bâtiment, créé dans les années 1950 et dont la façade est classée à l'inventaire supplémentaire du patrimoine, en un ensemble mixte, comprenant des commerces, des bureaux et des logements. Interrogé sur la fin estimée des réflexions en cours, Benji Kontz, administrateur délégué d'Arnold Kontz Group, avance la date de 2021.

Selon le PAG de la capitale, la route de Thionville se trouve classée en «zone mixte urbaine», à savoir un espace destiné à accueillir des habitations, des activités de commerce «dont la surface de vente est limitée à 10.000 m 2 par immeuble bâti», des services administratifs ou professionnels ou bien encore des hôtels, selon la définition adoptée dans un règlement grand-ducal de mars 2017. Autrement dit, de modifier le profil de cette partie de la capitale, occupée par les concessionnaires automobiles depuis les années 1950. 


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Wort.FR, Destruction du Batiment CFL, route de Thionville, Trajet du Tram, Multimodale Strecke, Luxtram, Baustelle,  foto: Chris Karaba/Luxembourg Wort
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