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La Rockhal cherche désormais à «se réinventer»
Luxembourg 4 min. 17.11.2020

La Rockhal cherche désormais à «se réinventer»

Pour Olivier Toth, réorganiser un concert à l'heure actuelle n'est «pas envisageable», tant pour des questions d'ambiance que de finances.

La Rockhal cherche désormais à «se réinventer»

Pour Olivier Toth, réorganiser un concert à l'heure actuelle n'est «pas envisageable», tant pour des questions d'ambiance que de finances.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 17.11.2020

La Rockhal cherche désormais à «se réinventer»

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Alors que son activité est à l'arrêt depuis huit mois, la salle de concert fait part d'un bien sombre bilan. Mais la crise sanitaire ne saurait arrêter ses équipes qui développent de nouveaux projets visant à «soutenir la création et maintenir le lien entre le public et les musiciens».

(ASdN avec Thierry Hick) - Si la musique fait habituellement vibrer ses murs, la Rockhal se trouve désormais bien silencieuse. Voilà huit mois maintenant que la salle de concert d'Esch-sur-Alzette est désertée par les artistes et le public. Ce mardi, après de longs mois de silence radio, le président, Luc Henzig, et le directeur, Olivier Toth, sont remontés sur les planches du club pour revenir sur la situation de l'ancien site industriel. 

«Notre maison a été l'une des toutes premières à fermer ses portes dès le 16 mars», rappelle quelque peu dépité Luc Henzig. Si la salle de concert accueillait encore quelque 50.000 spectateurs en début d'année, le site a rapidement été transformé en centre de soins avancés jusqu'en milieu d'année. Depuis mars, les activités de la Rockhal sont donc au point mort et la date d'une éventuelle reprise reste toujours aussi incertaine. 

Face à cette incertitude, Luc Henzig et Olivier Toth ont bien tenté de se retourner. «Nous avons présenté un concept pour nos concerts, nous avons fait plusieurs propositions.», révèle le président avant d'ajouter que toutes leurs alternatives avaient été refusées par le ministère de la Santé. 

Olivier Toth (à droite) et Luc Henzig (à gauche) espèrent pouvoir organiser des concerts en décembre, mais restent prudents quant à cette éventualité.
Olivier Toth (à droite) et Luc Henzig (à gauche) espèrent pouvoir organiser des concerts en décembre, mais restent prudents quant à cette éventualité.
Photo: Anouk Antony/Luxemburger Wort

Coup de théâtre, alors que les deux compères dressent le tableau de la situation, voilà un email du ministère de la Santé qui arrive. Les mesures d'hygiène, assure l'expéditeur du message, seraient ainsi «conformes aux mesures en vigueur». «Cela pourrait nous permettre d'organiser certains concerts prévus en décembre», se réjouit le directeur néanmoins avec prudence. «Tout cela reste sous réserve». 

Le Conseil de gouvernement, réuni ce mardi matin, a en effet décidé de nouvelles mesures qui devraient également toucher les institutions culturelles. Mais il faudra encore un peu de patience à la direction de la Rockhal avant de se réjouir. Car si un nouveau cadre légal a été proposé par les ministres, celui-ci est pour l'heure mis en salle d'attente. Comme les autres restrictions annoncées, les nouvelles mesures dépendront de l'évolution future de la pandémie

Des difficultés en série

Si la réponse à la question devrait être connue en début de semaine prochaine, une autre interrogation plane au-dessus de Belval : le public sera-il prêt à revenir? Impossible pour l'heure de le savoir, mais «sa crainte est tout à fait légitime», note Luc Henzig.

A cela vient s'ajouter une difficulté supplémentaire, et non des moindres. Le «music business est à l'arrêt complet», souligne ainsi Olivier Toth. Concrètement, cela signifie qu'il faut gérer les reports et annulations. Quant aux artistes, «ils ne partent plus en tournée». Pour le directeur, la situation n'est donc pas jouable. «Au-delà de l'absence totale d'ambiance, financièrement de tels concerts ne sont pas envisageables», argumente-t-il.

Nouveaux projets à venir

Questions finances, la situation de l'établissement public apparaît fragile. Si elle est soutenue à hauteur de 60% par le ministère de la Culture - la dotation de l'Etat pour 2020 s'élève à 2.821.000 euros - les 40% restants de son budget annuel proviennent de leurs recettes propres. Autrement dit, si la pandémie devait perdurer, le soutien financier de l'Etat devra être revu à la hausse. «Il en va de notre survie», lance Luc Henzig.

Mais ces derniers mois, les équipes de la Rockhal n'ont pas chômé pour autant. La salle de concert entend ainsi «continuer à se réinventer». Quelques nouveautés ont ainsi été peaufinées durant le confinement. A commencer par une nouvelle identité sonore développée - à la suite d'un appel à projet - par le jeune auteur-compositeur-interprète français Florian Sundas, qui vit et travaille au Luxembourg depuis 2014.


Wi  , Rives de Clausen , Probleme Gastätten / Diskotheken , Foto:Guy Jallay /Luxemburger Wort
Les discothèques au bord du gouffre
Forcée à l'arrêt depuis huit mois, la vie nocturne est très fortement touchée par la crise sanitaire. Les gérants d'établissements de nuit doivent faire face à des pertes de 100% des revenus et des frais qui s'accumulent. Mais sans aides de l'Etat, difficile de survivre.

A défaut de pouvoir réanimer ses couloirs, la Rockhal entend également miser sur le streaming. Différents projets ont ainsi été élaborés, tels que des «Rocklab Pop-Up Sessions», autrement dit, des concerts-showcases enregistrés dans des lieux inédits et diffusés sur différents canaux. «C'est l'énergie du concert que nous essayons de faire revivre», souligne Olivier Toth. 

Et l'équipe ne s'arrête pas là et lancera prochainement son premier concours de hip hop, rap et slam. Baptisé «Qwest-Challenge», le défi s'adressera aux 12-25 ans. Car, virus ou pas, la mission de la Rockhal reste inchangée et vise à «soutenir la création et maintenir le lien entre le public et les musiciens», assurent en chœur Luc Henzig et Olivier Toth. 

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