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La réserve sanitaire cherche un second souffle
Luxembourg 6 min. 02.02.2021 Cet article est archivé

La réserve sanitaire cherche un second souffle

Au printemps dernier, la mise en place des centres de soins avancés s'était largement appuyée sur les volontaires de la réserve sanitaire.

La réserve sanitaire cherche un second souffle

Au printemps dernier, la mise en place des centres de soins avancés s'était largement appuyée sur les volontaires de la réserve sanitaire.
Photo Archives : Pierre Matgé
Luxembourg 6 min. 02.02.2021 Cet article est archivé

La réserve sanitaire cherche un second souffle

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Avec la montée en puissance attendue des centres de vaccination mais aussi pour répondre aux besoins en personnels à l'hôpital, en maisons de santé ou pour assurer le contact tracing, l'Etat espère plus de volontaires encore.

Alors que, depuis novembre, le rythme des infections covid se fait moins pressant au Grand-Duché, Laurent Hansen reste sur le qui-vive. En tant que coordinateur de la Réserve sanitaire du pays, pas le temps de se reposer sur cette accalmie. «Pour nous, il faut essayer de gonfler les rangs au plus vite, car du personnel (formé aux soins plus spécialement), nous allons encore en avoir besoin». 


700 réservistes volontaires pour combattre le covid-19 sont toujours mobilisés.
L'inscription des réservistes facilitée
Créée pour faire face à la crise sanitaire, la réserve nationale dispose désormais d'un nouvel outil en ligne.

En quoi consiste la Réserve sanitaire? 

Laurent Hansen : «Déjà, il s'agit d'une nouveauté pour le Luxembourg. Ce type d'organisation n'a été mise en place qu'en mars dernier par le ministère de la Santé. Cela consiste en fait à établir un fichier de contacts prêts à être mobilisés pour une urgence sanitaire. En mars, alors que l'épidémie explosait, nous avons dû précipitamment recenser tous les volontaires qui pourraient aider le gouvernement à monter l'organisation pour faire face au virus et ses conséquences. 

Dans cette première phase, la Réserve a vu venir à elle bon nombre de professionnels de santé (médecins libéraux, infirmières, mais aussi docteurs spécialisés en activité ou nouvellement retraités). Il y avait aussi de simples citoyens prêts à donner de leur temps -tous moyennant contrat- pour organiser notre réponse sanitaire à la crise. Entre personnes de bonne volonté mais aussi professionnels à la recherche d'un job ou étudiants disponibles alors qu'approchait la fin de leur année universitaire, nos listes étaient longues. 

A quoi a servi ce premier réservoir ?

«En plus des dizaines de personnes qui ont été affectées à des rôles logistiques ou administratifs, la première vague a pu compter sur l'inscription de 716 professionnels de santé à la Réserve. Ils et elles pouvant servir aussi bien en centres de soins avancés ou en renfort des effectifs défaillants pour cause de maladie, congé pour raison familiale et autres motifs dans les maisons de soins, les centres pour personnes âgées (CIPAS) ou dans les hôpitaux.

Au fil des mois, les besoins ont évolué. Il nous a fallu, par exemple, alimenter les effectifs dédiés au contact tracing, puis assurer la tenue des centres de consultations covid. Au début de l'été, la mobilisation a été au plus bas (suivant là la courbe des infections). Maintenant, il faut se préparer à rendre opérationnels les cinq centres de vaccination annoncés.

Sauf qu'aujourd'hui, la Réserve a plus de difficultés à recruter...

«C'est vrai mais cela s'explique. Au printemps dernier, la Réserve sanitaire s'est ouverte dans un contexte de lockdown généralisé. Bon nombre de ceux qui se sont rapprochés de nous n'avaient pas d'autres activités professionnelles ou personnelles qui les occupaient. Nous avions atteint les 3.000 candidatures sans trop battre le rappel. 

Cette fois, la semi-normalité dans laquelle nous vivons a remis beaucoup de salariés à leur poste; les disponibilités (et donc le volontariat) est donc moindre. Pas simple de convaincre un médecin de quitter son cabinet pour nous rejoindre, mais ils sont tout de même nombreux à se rendre disponibles. 

Pour autant les besoins sont bien là. Même si leur activité a heureusement régressé, il faut toujours du monde dans les centres de consultation et pour le contact tracing. Mais surtout se profile un énorme besoin pour vacciner contre le covid; autant de personnels que lors de la montée en puissance des CSA mais là nous nous appuierons surtout sur des profils ayant une autorisation d'exercer la médecine ou les soins.

Quel est le manque actuel pour assurer au mieux cette organisation?

"Des profils infirmiers. Quand les vaccins arriveront en nombre et que les cinq centres seront activés en plus des équipes mobiles, le ministère de la Santé comptera sur énormément de monde en plus qu'aujourd'hui. Contrairement au fonctionnement du Large Scale testing qui a été confié au privé, là les recrues disposeront toutes et tous d'un contrat à durée déterminée basé sur la grille des salaires de l'Etat. 


visite du Centre de soins avancés (CSA) à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette  - Xavier Bettel - Paulette Lenert - - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Mobilisation générale pour la réserve sanitaire
L'Etat a lancé une invitation au volontariat parmi les fonctionnaires pour venir étoffer le stock de personnels potentiellement utiles pour aider les services de santé sous pression.

Mais si l'on prend l'exemple du Hall Victor-Hugo dans la capitale, il faut disposer pour une journée d'ouverture de deux infirmières et deux médecins par ligne de vaccination. Et dans cet exemple, nous disposons de 16 lignes à assurer, 60 heures par semaine... Sans compter les autres sites dont l'ouverture arrivera lorsque la campagne d'injection pourra s'intensifier (Ettelbruck, Esch-sur-Alzette, Mondorf-les-Bains. 

Vous voyez que le besoin est important pour un pays comme le nôtre qui peine déjà à recruter suffisamment de personnels médicaux en temps normal. Donc que les gens formés et dévoués n'hésitent pas à nous rejoindre.» 

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